Damas/Washington,(SANA) décision des États-Unis de retirer la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme a levé l’un des principaux obstacles dressés devant la réintégration de l’économie syrienne dans le système financier international.
Cette décision intervient à un moment crucial, coïncidant avec la Foire internationale de Damas, qui réunit des entreprises, des investisseurs et des détenteurs de capitaux syriens et étrangers.
Un retour progressif au système financier mondial
La levée de cette désignation marque un tournant dans les relations de la Syrie avec le système financier international. Son inscription sur la liste des États soutenant le terrorisme avait fortement influencé les politiques de conformité des institutions financières internationales et compliqué les relations entre les banques syriennes et leurs banques correspondantes à l’étranger.
De multiples canaux financiers
Dans une déclaration à l’agence SANA, le vice-président du Conseil des entreprises syro-américaines, Abdul Hamid Al-Aqel, a indiqué que cette évolution améliore les perspectives et ouvre la voie au rétablissement de la confiance avec le système financier international. Elle permet également de réévaluer et de restructurer les relations bancaires sur des bases plus transparentes et plus claires.
Selon M. Al-Aqel, ce retour progressif s’effectue par différents canaux financiers, notamment les transferts de fonds personnels via des sociétés de transfert d’argent agréées, ainsi que par l’ouverture de lignes de financement du commerce, l’émission de lettres de crédit et la mise en place de garanties de paiement. Ces mécanismes devraient contribuer à la relance des échanges commerciaux avec les marchés régionaux et internationaux.
Des réformes qui ont ouvert la voie à l’ouverture
La libéralisation financière s’inscrit dans le cadre des réformes économiques entreprises par la Syrie après sa libération. Ces réformes visent à rétablir la confiance dans les institutions financières et à préparer le pays à son intégration au système financier international.
Dans une évaluation publiée début août, à la suite d’une visite de sa mission à Damas, le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé la poursuite du redressement de l’économie syrienne, prévoyant une croissance supérieure à 10 % en 2026 et une performance toujours solide en 2027.
Le FMI continue également d’apporter une assistance technique au gouvernement syrien dans les domaines des finances publiques, de la fiscalité, des douanes, de la gestion de la dette publique, de la réforme du secteur financier, de la supervision bancaire et de la politique monétaire.
De la levée des obstacles à l’attraction des investisseurs
La décision américaine offre aux investisseurs étrangers une plus grande marge de manœuvre pour réévaluer le marché syrien, notamment en raison de la diminution de l’un des principaux facteurs de risque associés aux transactions financières avec la Syrie.
Dans une déclaration à l’agence SANA, Issam Zuhair Al-Gharwati, président du Conseil d’affaires syro-américain, a indiqué que le renforcement de la confiance des investisseurs étrangers passe par l’élaboration d’un cadre législatif protégeant les investissements et garantissant le rapatriement des bénéfices, ainsi que par une plus grande transparence des opérations de la Banque centrale et la modernisation de l’infrastructure technologique du secteur bancaire.
Al-Gharwati a affirmé que cette évolution représente un tournant décisif, faisant passer les relations syro-américaines d’une phase du rétablissement de la confiance à une phase de développement de partenariats économiques à long terme.
Foire internationale de Damas : Rencontre du capital avec les opportunités d’investissement
Cette décision revêt une importance particulière puisqu’elle intervient à l’occasion de la Foire internationale de Damas, qui offre une plateforme directe permettant de mettre en relation les capitaux et les opportunités d’investissement en Syrie.
Ce contexte permet aux investisseurs de mieux évaluer le marché syrien et de prendre des mesures concrètes en vue de la mise en œuvre des projets, notamment grâce à l’amélioration des conditions de paiement et de transfert de fonds ainsi qu’à l’élargissement des instruments de financement disponibles.
Prochaines étapes
L’attention se porte désormais sur les prochaines étapes visant à achever la levée des restrictions restantes qui entravent la pleine réintégration de la Syrie dans le système financier international. Cette démarche devra être menée parallèlement à la modernisation en cours du secteur bancaire ainsi qu’au développement des systèmes de conformité et de paiement.
rkh/rb