Damas, (SANA) Le partenariat entre la Syrie et la Banque mondiale (BM) entre dans une nouvelle phase, grâce aux dons accordés par la BM à l’économie syrienne et qui ont passé du soutien aux secteurs des services essentiels au financement de réformes structurelles visant à moderniser les institutions, ainsi que les infrastructures financières et bancaires, avec pour objectif la mise en place d’un système de paiement numérique plus efficace et plus sûr.
La plus récente de ces aides est un don de 100 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA), approuvé le 6 août en cours par le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale et destiné au projet de modernisation du secteur financier syrien.
Selon le ministre des Finances, Mohammad Yesser Berniyeh, ce nouveau financement porte à 491 millions de dollars le montant total des dons approuvés par la Banque mondiale en faveur de la Syrie.
Des dons successifs pour l’électricité, les finances publiques, l’eau et la santé
Le cycle actuel des dons de la Banque mondiale à la Syrie a débuté avec un financement de 146 millions de dollars consacré à la réhabilitation du réseau de transport d’électricité. Approuvé en juin 2025, ce don vise à améliorer l’approvisionnement en électricité et à soutenir la reprise économique.
Il a été suivi d’un don de 20 millions de dollars destiné au renforcement de la gestion des finances publiques, dans le cadre d’une démarche visant à améliorer la gestion des ressources publiques et à consolider les capacités institutionnelles et financières de l’État.
En avril dernier, le ministre Berniyeh avait indiqué que les deux projets dont le financement avait été approuvé par la Banque mondiale constituaient les troisième et quatrième projets d’une liste en comprenant onze, après ceux consacrés à l’électricité et à la gestion des finances publiques.
Les dons suivants ont concerné le secteur de l’eau, à hauteur de 150 millions de dollars, et celui de la santé, pour 75 millions de dollars, soit un total de 225 millions de dollars pour ces deux secteurs.
Le don consacré à l’eau vise à améliorer l’accès à l’eau potable et à réhabiliter les réseaux de l’eau usée, tandis que celui destiné au secteur de la santé se concentre sur l’amélioration des soins de santé primaires dans plusieurs dispensaires.
Le 7 août en cours, le ministre des Finances a assuré que le don de 100 millions de dollars destiné à la modernisation du secteur financier était le cinquième approuvé par la Banque mondiale en faveur de la Syrie. Dans une publication sur sa page Facebook, il a précisé que le montant total des dons approuvés atteignait ainsi 491 millions de dollars.
100 millions de dollars pour reconstruire les infrastructures bancaires et financières
Le don destiné à la modernisation du secteur financier constitue la plus récente et l’une des principales étapes de ce processus. La Banque mondiale a annoncé à Washington que son Conseil des administrateurs avait approuvé l’octroi de 100 millions de dollars par l’intermédiaire de l’Association internationale de développement afin d’aider la Syrie à jeter les bases d’un secteur financier moderne, sûr et reposant sur les technologies numériques.
Selon la Banque, le projet vise à moderniser les infrastructures financières essentielles, à réhabiliter le secteur bancaire et à renforcer la supervision, la stabilité et l’intégrité financières.
Il doit également accroître les capacités opérationnelles de la Banque centrale de Syrie et financer les infrastructures nécessaires aux paiements et aux marchés financiers, ainsi que l’environnement technologique, notamment les infrastructures de crédit indispensables à des flux financiers sûrs, efficaces et transparents.
Paiement électronique : une infrastructure au service des transferts et de l’économie numérique
L’importance de la modernisation du secteur financier ne se limite pas au développement des banques et des institutions financières. Elle concerne directement la vie quotidienne des particuliers et des entreprises, notamment en matière de transferts d’argent et de paiements électroniques.
L’objectif fixé par la Banque mondiale revêt à cet égard une importance particulière. Au cours de la période de mise en œuvre, le projet doit permettre d’activer des systèmes essentiels au fonctionnement du secteur financier et de réaliser au moins 15 millions d’opérations de paiement électronique par an pour les particuliers.
Il prévoit également d’aider au moins 500 000 particuliers et entreprises, dont 150 000 femmes, à utiliser efficacement les paiements numériques grâce aux systèmes soutenus par le projet.
Reslan : une étape importante pour le développement du secteur bancaire
À la suite de l’annonce de ce don, le gouverneur de la Banque centrale de Syrie, Mohammad Safwat Reslan, a souligné sur la plateforme « X » que l’approbation du financement de 100 millions de dollars par la Banque mondiale constituait une « étape importante » dans le développement des infrastructures financières et bancaires et une avancée essentielle vers la construction d’un secteur financier moderne répondant aux meilleures normes et pratiques internationales.
Reslan a précisé que le projet contribuerait à moderniser les systèmes de paiement, à renforcer les infrastructures numériques, à améliorer l’efficacité du secteur bancaire ainsi que la supervision et l’intégrité financières.
Ces mesures devraient contribuer à la stabilité financière, améliorer l’environnement d’investissement et permettre de proposer aux citoyens et aux entreprises des services financiers plus efficaces et plus sûrs.
Berniyeh : « Les dons ne sont pas des prêts »
Le 7 août en cours, à l’occasion de l’approbation du nouveau don de la Banque mondiale, le ministre des Finances Mohammad Yesser Berniyeh a réaffirmé, dans une publication sur Facebook, l’engagement de son ministère à assurer une gestion efficace et efficiente des financements accordés.
L’objectif est de garantir la réalisation de leurs objectifs, de maximiser leur impact sur le développement et d’accroître les possibilités pour la Syrie de bénéficier à l’avenir de nouveaux programmes de soutien et de financement du développement.
Berniyeh a indiqué que les financements accordés par la Banque mondiale « ne sont pas remboursables et ne sont pas des prêts », ajoutant que l’engagement de la Syrie consiste à assurer leur bonne mise en œuvre et une gestion financière rigoureuse.
Le succès des réformes financières ouvre la voie à des dons plus importants
L’approbation du don destiné au secteur bancaire intervient quelques jours après l’annonce par le ministre des Finances d’une évolution importante dans les relations entre la Syrie et l’Association internationale de développement.
Le 2 août, Berniyeh avait annoncé que la Banque mondiale avait achevé l’examen des mesures de performance et des politiques concernant la Syrie pour l’exercice 2026, dans le cadre de la Politique de financement du développement durable de l’Association internationale de développement.
La Banque mondiale a ainsi reconnu la réussite des réformes menées par la Syrie en 2026 et décidé d’augmenter les allocations de dons pour 2027.
Selon le ministre, l’examen a confirmé la mise en œuvre satisfaisante des mesures convenues dans les domaines de la soutenabilité et de la gestion de la dette publique ainsi que de la transparence, ce qu’il a qualifié de « nouvelle étape » dans le processus de réforme économique syrien.
Grâce à ces résultats, la Syrie bénéficiera de l’incitation prévue pour l’exercice 2027 dans le cadre de la Politique de financement du développement durable, ce qui entraînera une augmentation des dons qui lui seront alloués par l’Association internationale de développement au cours du prochain exercice financier.
Ainsi, depuis le don de 146 millions de dollars consacré à l’électricité en juin 2025, en passant par les financements destinés à la gestion des finances publiques, à l’eau et à la santé, jusqu’aux 100 millions de dollars accordés en août 2026 pour la modernisation du secteur financier, les dons de la Banque mondiale à la Syrie dessinent un volet progressif, passant du soutien aux services essentiels à la reconstruction des fondements de l’économie et des institutions.
André Chatta