Damas, (SANA) La participation allemande à la 63e édition de la Foire internationale de Damas va au-delà de la simple présence commerciale de 13 exposants.
Elle ouvre une perspective plus large de coopération économique, visant à reconnecter le marché syrien aux capitaux, aux compétences et aux technologies européennes, via le portail allemand, bénéficiant d’un poids industriel et technologique important, au service de la reprise et de la reconstruction.
Dans une déclaration qu’il a faite ce vendredi à SANA, l’expert économique et homme d’affaires, Fayçal Otteri a estimé que la présence allemande pouvait constituer « un artère vital » reliant le marché syrien à l’économie européenne.
Énergie et infrastructures, secteurs prioritaires pour les investissements
Les secteurs de l’énergie, des infrastructures et des transports figurent en tête des domaines offrant des opportunités de coopération, aux côtés de l’industrie, des technologies médicales et de l’aviation civile. L’expertise technique et industrielle des entreprises allemandes pourrait contribuer à améliorer l’efficacité des secteurs productifs et des services.
Selon Otteri, l’enjeu ne se limite pas à attirer des investissements, mais concerne également le transfert de connaissances et de technologies ainsi que le renforcement des compétences locales.
Il a souligné que la transformation de ces opportunités en contrats et en investissements concrets nécessitait un environnement législatif et bancaire plus attractif, ainsi que des études de faisabilité susceptibles d’être financées et des garanties claires pour les capitaux.
Des réformes structurelles nécessaires pour attirer les capitaux
Dans ce contexte, Otteri a fait savoir que rassurer les investisseurs et transformer l’ouverture politique en investissements réels nécessitaient la mise en œuvre urgente de réformes structurelles articulées autour de deux axes principaux : législatif et monétaire.
Sur le plan législatif, il est nécessaire d’accélérer la modernisation des lois sur l’investissement afin d’offrir des garanties claires pour la protection des investisseurs et des droits de propriété, tout en empêchant les confiscations ou nationalisations en dehors du cadre légal et sans procédures judiciaires équitables et indépendantes garantissant les droits de toutes les parties.
Otteri a également souligné l’importance de mécanismes d’arbitrage international indépendants, tels que ceux de la Chambre de commerce internationale (CCI), ainsi que de l’amélioration de la gouvernance judiciaire afin de lutter contre la corruption et d’accélérer le règlement des conflits commerciaux.
Il a également préconisé l’adoption de normes comptables internationales, une plus grande transparence concernant la dette et les garanties liées aux projets de partenariat public-privé (PPP), ainsi que la modernisation des infrastructures de paiement et de cybersécurité.
Sur le plan monétaire, Otteri a identifié plusieurs priorités stratégiques, notamment la poursuite des mesures visant à renforcer l’indépendance de la Banque centrale de Syrie, l’engagement à ne pas financer le déficit, la restructuration du secteur bancaire conformément aux normes de Bâle III et le renforcement des dispositifs de lutte contre le blanchiment d’argent.
Selon lui, ces mesures préluderaient à la reconnexion du système financier syrien aux réseaux internationaux, ainsi qu’à unifier le taux de change et à lever les restrictions sur le transfert des bénéfices et des capitaux.
Réintégrer les chaînes de valeur mondiales
Selon l’expert, le respect des normes et standards passe notamment par l’adoption de normes allemandes et européennes telles que DIN et ISO dans les chaînes de production syriennes. Cette démarche permettrait d’améliorer la qualité des produits, de réduire les obstacles techniques au commerce (OTC) et de permettre aux fournisseurs syriens de mieux s’intégrer aux chaînes d’approvisionnement européennes en tant que partenaires fiables.
La fabrication conjointe et la production de proximité pourraient, quant à elles, renforcer la position de la Syrie en tant que destination industrielle proche géographiquement des marchés européens.
Lever les obstacles et moderniser les infrastructures
La levée des obstacles logistiques et douaniers passe, selon Otteri, par l’activation du Conseil d’affaires syro-allemand, la mise à profit du nouvel accord sur le transport aérien, ainsi que l’achèvement des conditions requises pour le système REX et des règles d’origine nécessaires à la reprise des exportations dans le cadre du Système généralisé de préférences (SGP).
Otteri a souligné que la réussite de cette démarche dépendait de la capacité à faire des entreprises allemandes et internationales des acheteurs majeurs et des partenaires techniques contribuant à la modernisation des infrastructures syriennes, afin de faire de la Syrie une plateforme logistique régionale au service des marchés européens, asiatiques et mondiaux.
Les activités de la 63e édition de la Foire internationale de Damas, lancées mercredi dernier, se poursuivront jusqu’au 4 septembre. Cette édition est marquée par une large participation internationale et vise à renforcer la présence économique et commerciale de la Foire.
Treize entreprises allemandes participent à cette manifestation dans les secteurs des services consultatifs et logistiques, ainsi que de la santé, de l’énergie, des expositions et de la gestion des activités en vue de faire connaissance du marché syrien et rechercher des opportunités de partenariat et de coopération, à la lumière du grand intérêt des sociétés allemandes d’accéder sur les marches syriennes.
a.h. / A.Ch.