Damas, (SANA) Des fils tissés par les mains des femmes de Palmyre aux produits portant l’empreinte et le patrimoine de la ville et qui se retrouvent sur le marché.
L’artisanat est présent à la 63e Foire internationale de Damas comme bien plus qu’un simple patrimoine culturel; il se transforme progressivement en une opportunité économique qui permet aux femmes de travailler et de gagner un revenu, et ouvre de nouveaux horizons pour la commercialisation des produits de Palmyre.
Des femmes de la ville de Palmyre participent au pavillon des artisans avec une gamme de produits faits main qui reflètent l’artisanat traditionnel et le patrimoine palmyrénien, alliant la préservation du patrimoine culturel à la promotion de l’activité économique, à travers le macramé, le crochet, le tissage et la fabrication de tapis, en plus de l’utilisation de fils de chanvre, de palme et de feuilles de palmier.
Transformer les savoir-faire traditionnels
Maram Rahim explique que le pavillon accueille des femmes de Palmyre travaillant dans divers domaines de l’artisanat, ce qui indique que le projet vise à transformer les savoir-faire traditionnels en produits commerciaux, offrant ainsi aux femmes une opportunité de travail et une source de revenus, parallèlement à la renaissance d’artisanats qui ont commencé à disparaître, notamment le tissage.

Rahim souligne que le travail se concentre sur la production de sacs, de châles et d’autres articles faits main à partir de fils naturels, ainsi que de tapis, de tentes et de produits inspirés des animaux du désert, et de produits textiles fabriqués sur le métier à tisser, ce qui permet une diversification des produits et un accès à différents segments de consommateurs.
Selon Rahim, la participation à la Foire internationale de Damas ne se limite pas à la présentation de produits, mais représente également une opportunité de promouvoir les produits de Palmyre et de les faire connaître à un public plus large, ce qui contribue à élargir la clientèle, à ouvrir de nouveaux canaux de commercialisation et à renforcer la présence de Palmyre en tant qu’identité économique, patrimoniale, touristique et culturelle.
Une source de travail et de revenus.
Parmi les femmes qui œuvrent dans ce domaine, Manar Nadawi, originaire de Palmyre, pratique le tissage au crochet. Elle explique que le projet, lancé il y a environ un an, a permis aux femmes de Palmyre de se lancer dans l’artisanat et de transformer leurs compétences en produits commercialisables, sources de travail et de revenus.
Nadwi a expliqué que le métier à tisser palmyrénien était l’un des artisanats pratiqués par les femmes de Palmyre dans l’Antiquité, et que le projet actuel vise à le faire revivre et à développer les produits fabriqués grâce à cet artisanat, en fonction des besoins du marché et des exigences du consommateur moderne.
Les produits exposés acquièrent une dimension économique supplémentaire grâce à leur lien avec l’identité locale. Ils puisent leur inspiration dans le patrimoine palmyrénien,

L’exposition comprend également des coussins crochetés, des objets inspirés du patrimoine et des symboles de Palmyre, tels que des tentes, des chameaux et des moutons, ainsi que des « al-barjad », un assemblage de plusieurs morceaux de tissu cousus ensemble, considéré comme une tradition folklorique bien connue de la ville.
Le pavillon présente également des produits en macramé de coton, destinés à la décoration d’hôtels et de salons, ainsi que des tapis et des paniers conçus pour le stockage et la présentation des fruits et légumes, reflétant la diversité des utilisations finales de ces produits et leur potentiel de commercialisation dans plusieurs secteurs.
100 artisanats de Palmyre
Selon Ndawi, le nombre de femmes travaillant dans le cadre du projet est d’environ 100, un chiffre qui reflète l’élargissement du cercle de la participation des femmes au projet et indique la capacité de l’artisanat à créer des opportunités d’emploi locales, en particulier pour les femmes, et à transformer les compétences héritées des générations précédentes en une activité économique durable et extensible.
L’expérience du tissage palmyrénien constitue un modèle exemplaire de la possibilité d’allier économie et patrimoine.
Cet artisanat, intimement lié à la vie des habitants de Palmyre, notamment des femmes, et utilisé pour la fabrication de tissus, de tapis et d’articles ménagers, est aujourd’hui menacé de disparition.
Des projets artisanaux visent à le réintégrer dans le cycle de production et de commercialisation en développant ses motifs et en les adaptant aux besoins du marché.
Entre la préservation de l’identité de Palmyre et la production d’un bien commercialisable, les fils tissés au métier à tisser se transforment, passant d’un simple outil de transmission de la mémoire collective à un moyen de créer des emplois et des revenus.
Le principal défi de ces projets demeure la transition d’une participation à des expositions et d’une commercialisation limitée à des marchés plus vastes et des circuits de distribution plus durables, garantissant ainsi la pérennité de l’artisanat et améliorant les revenus des femmes qui le pratiquent.
La 63e Foire internationale de Damas se poursuit jusqu’au 4 septembre, avec la participation d’environ 1 000 entités représentant près de 60 pays.
L.Arfi