Damas, (SANA) L’économie syrienne est entrée, le 24 août, dans une nouvelle phase avec la suppression officielle de la désignation de la Syrie comme État soutenant le terrorisme, après l’expiration du délai légal accordé au Congrès américain pour examiner la décision, sans qu’aucune objection n’ait été formulée.
Cette décision intervient après plusieurs décennies durant lesquelles la Syrie figurait sur cette liste. Elle constitue une évolution importante dans le processus de réintégration du pays à l’économie mondiale et ouvre la voie à une nouvelle étape en matière d’investissements, de reconstruction ainsi que de coopération économique et financière.
Un portail ouvert au secteur privé
Le 24 août, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a officiellement annoncé la levée de la désignation de la Syrie comme État soutenant le terrorisme, affirmant que cette décision « supprime les derniers obstacles majeurs devant les investissements du secteur privé en Syrie ».
Le même jour, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a affirmé que le retrait de la Syrie de cette liste contribuerait à stimuler les investissements dans le pays et à soutenir sa stabilité politique et économique.
Le secteur privé revêt une importance majeure pour le soutien à l’économie nationale et la reconstruction. La Syrie a déjà pris d’importantes mesures dans ce domaine.
À l’issue de la première Conférence nationale sur le dialogue avec le secteur privé, organisée à Damas le 3 juin dernier, le ministre des Finances, Mohammad Yisr Barnieh, avait affirmé que les efforts se poursuivaient afin de bâtir un secteur privé dynamique et efficace, qui soit « un partenaire essentiel du développement, de la reconstruction et du soutien à l’économie nationale ».
Le président al-Charaa : La voie vers le développement, la reconstruction et l’édification
La décision de retirer la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme revêt une importance particulière pour la reconstruction du pays.
Le président Ahmad al-Charaa l’a souligné dans une allocution adressée aux Syriens, en évoquant la nouvelle phase ouverte par la levée des restrictions.
Il a déclaré que la Syrie se débarrasse de la charge d’une page de son passé pour s’élancer vers l’espace du développement, de la reconstruction et de l’édification.
« Grand peuple de Syrie, vous l’avez fait une nouvelle fois. Les sanctions qui pesaient sur vous ont été levées et les restrictions ont été supprimées », a-t-il dit, tout en remerciant le président américain Donald Trump ainsi que les pays amis et ceux qui soutiennent la Syrie.
Capitaux et technologies au service de la reconstruction
Le retrait de la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme devrait ouvrir la voie à une nouvelle phase d’ouverture financière et bancaire, notamment grâce à l’élargissement des relations entre les banques, à la facilitation des virement, à un accès accru au crédit commercial ainsi qu’à une réduction de certains coûts de transaction.
Cette évolution pourrait également contribuer à multiplier les possibilités de commerce et d’investissement et à renforcer la capacité de l’économie syrienne à attirer les financements nécessaires à la reconstruction, favorisant ainsi l’intégration progressive de la Syrie dans le système financier et économique international.
Dans ce contexte, le ministre des Finances, Mohammad Yisr Barnieh, a déclaré à l’agence SANA que l’annulation de cette désignation constituait « une étape charnière » mettant fin à plusieurs décennies d’isolement international. Il a souligné que cette décision ouvre la voie à la réintégration de la Syrie et de ses institutions dans le système économique et financier mondial.
Barnieh a expliqué que cette mesure favorisait l’afflux d’investissements étrangers, l’implantation de technologies modernes ainsi que le développement durable et inclusif.
Il avait déjà affirmé la veille que le retrait de la Syrie de la liste ouvrait une importante perspective pour renforcer ses liens avec le système économique et financier mondial, attirer des investissements et des technologies modernes et soutenir le développement.
Le système financier entre dans une nouvelle phase
Dans une déclaration, le gouverneur de la Banque centrale de Syrie, Safwat Reslan, a affirmé que le retrait de la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme représentait « une étape historique et le début d’une nouvelle phase » pour l’économie et le secteur financier.
Reslan a indiqué que la Banque centrale de Syrie travaillait à la mise en place d’un système financier moderne, ouvert et fiable.
Il a souligné que la suppression de cette désignation offrait à la Syrie l’occasion de retrouver sa place normale dans le système économique et financier mondial.
Le commerce se tourne vers les marchés régionaux
La suppression du nom de la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme ne concerne pas uniquement les flux financiers et les investissements. Elle devrait également faciliter la circulation des marchandises et le transit.
Le président de l’Autorité générale des postes-frontières et des douanes, Qutaiba Badawi, a affirmé que cette décision ouvrait de nouvelles perspectives pour le retour des investissements, la relance des échanges commerciaux et le renforcement de l’intégration de l’économie syrienne dans son environnement régional et international.
Badawi a précisé que l’Autorité poursuivrait le développement des postes-frontières, la simplification des procédures douanières et la facilitation du transport des marchandises et du transit.
L’aviation et le tourisme face à de nouvelles possibilités d’investissement
Le président de l’Autorité générale de l’aviation civile et du transport aérien, Omar al-Hosari, a affirmé que la suppression de cette désignation ouvrait la voie à un élargissement des relations avec les compagnies aériennes, les constructeurs, les sociétés de location ainsi que les compagnies d’assurance et de financement.
Al-Hosari a évoqué les possibilités de rétablir les liaisons aériennes, de stimuler les investissements et d’introduire des technologies modernes, parallèlement au développement des aéroports et à l’élargissement du réseau de destinations.
Le même jour, le ministre du Tourisme, Mazen al-Salhani, a affirmé que le retrait de la Syrie de cette liste représentait « une confiance renouvelée », susceptible de s’incarner par une augmentation du nombre de visiteurs, des investissements et des partenariats, ainsi que par une plus grande ouverture sur les marchés mondiaux.
La décision devrait également avoir un impact important sur le secteur universitaire. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Marwan al-Halabi, a précisé que la suppression de cette désignation ouvrait à la Syrie de plus larges perspectives de partenariats universitaires et scientifiques, ainsi que de nouvelles possibilités pour attirer des compétences, des bourses et des technologies modernes.
L’envoyé spécial du président américain pour la Syrie et l’Irak, Thomas Barrack, avait pour sa part qualifié cette décision comme « une pierre angulaire » de la nouvelle relation entre les États-Unis et la Syrie, fondée sur les intérêts communs et une prospérité partagée.
L’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du département américain du Trésor avait publié lundi une mise à jour officielle de ses règlements relatifs aux sanctions, annonçant le retrait de la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme, après l’achèvement des procédures juridiques liées à l’examen du Congrès sans qu’aucune objection n’ait été formulée.
La décision américaine a suscité un large accueil favorable dans le monde arabe et à l’échelle internationale, compte tenu de son rôle important dans le soutien aux efforts de reprise économique de la Syrie, la création de conditions propices à la reconstruction ainsi que le renforcement de la stabilité et de la sécurité dans le pays et dans la région.
André Chatta