Washington, (SANA) Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé jeudi un don de 100 millions de dollars, alloué par l’Association internationale de développement (IDA), afin d’aider la Syrie à jeter les bases d’un secteur financier moderne, sûr et fondé sur le numérique.
Dans un communiqué publié sur son site officiel, la Banque mondiale indique que le « Projet de modernisation du secteur financier en Syrie » vise à soutenir des investissements destinés à rendre les transactions financières plus sûres, plus rapides et plus transparentes, tout en créant les conditions nécessaires à un meilleur accès aux services financiers.
La Banque souligne que le secteur financier syrien demeure confronté à plusieurs défis, notamment une forte dépendance aux monnaies fiduciaires, un faible niveau d’intermédiation financière et des infrastructures de paiement numérique vieillissantes.
Cette situation entraîne des coûts de transaction élevés, limite l’accès au financement et freine la liaison de la Syrie aux canaux financiers internationaux indispensables au commerce et à l’investissement.
Modernisation des infrastructures financières et renforcement du secteur bancaire
Selon la Banque mondiale, un système financier performant constitue un élément essentiel de la reprise économique. Il permet notamment d’assurer le versement des salaires, des pensions de retraite et des virements, de faciliter les transactions commerciales, de faciliter le commerce et l’investissement, de garantir l’acheminement sûr et transparent de l’aide humanitaire et du développement, ainsi que d’améliorer le recouvrement des recettes publiques et les paiements de l’État.
L’institution indique que le projet de modernisation du secteur financier en Syrie soutiendra la modernisation des infrastructures financières essentielles, la réhabilitation du secteur bancaire ainsi que les efforts visant à renforcer la supervision, la stabilité financière et l’intégrité du système financier.
La Banque mondiale précise également que le projet contribuera à renforcer les capacités opérationnelles de la Banque centrale de Syrie et financera les infrastructures liées aux systèmes de paiement, aux marchés financiers et à l’écosystème technologique, notamment les infrastructures de crédit, nécessaires à des flux financiers sûrs, efficaces et transparents dans l’ensemble de l’économie.
Elle estime qu’un système financier moderne est indispensable au redressement économique de la Syrie et à son développement futur. Elle considère que ce projet permettra de sécuriser et d’améliorer l’efficacité des paiements, de renforcer l’intégrité financière et de créer les fondements d’un secteur financier plus efficace au bénéfice des ménages et des entreprises.
Développement des systèmes numériques et extension des paiements électroniques
Selon la Banque mondiale, le projet vise, durant sa mise en œuvre, à opérationnaliser les principaux systèmes du secteur financier, à permettre la réalisation d’au moins 15 millions d’opérations d’e-paiement par an et à favoriser l’adoption effective des E-paiements par au moins 500 000 particuliers et entreprises, dont 150 000 femmes, grâce aux dispositifs soutenus par le projet.
La Banque souligne que les investissements et les réformes prévus renforceront la capacité du secteur financier à soutenir l’activité économique, le commerce et l’investissement, tout en facilitant l’accès au financement et en favorisant l’inclusion financière.
Jeudi, le directeur de la coopération internationale au ministère des Affaires étrangères et des Expatriés, Qutaiba Qadich, a reçu la nouvelle directrice du département Moyen-Orient de la Banque mondiale, Dahlia Khalifa, afin d’examiner les projets de l’institution en Syrie et les perspectives de développement de la coopération en faveur des institutions publiques et des secteurs des services.
Le 2 août, le ministre des Finances, Mohammad Yesser Berniyeh, avait annoncé une nouvelle étape dans le processus de réforme économique en Syrie, à la suite de l’approbation par la Banque mondiale des réformes économiques engagées par la Syrie pour l’année 2026 et de l’augmentation des allocations de subventions prévues pour 2027.
À noter que la Banque mondiale avait déjà approuvé, en juin 2025, une subvention de 146 millions de dollars destinée à améliorer l’approvisionnement en électricité et à soutenir la reprise économique en Syrie.
a.h. / A.Ch.