Damas, (SANA) La Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse, célébrée le 17 juin, intervient dans un contexte marqué par la multiplication des mises en garde internationales concernant l’aggravation des effets du changement climatique, la diminution des ressources en eau et la dégradation des terres agricoles. Ces défis menacent désormais la sécurité alimentaire, hydrique et économique dans de nombreux pays du monde.
La Syrie constitue un exemple frappant de ces défis. Au cours des dernières années, le pays a subi l’une des plus graves sécheresses de son histoire récente, affectant directement la production agricole et les ressources en eau. Cependant, les indices hydriques enregistrent cette année une amélioration notable, offrant au secteur agricole une réelle opportunité de redressement.
Désertification et sécheresse : une crise mondiale en expansion
Selon les rapports de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de la Banque mondiale, les épisodes de sécheresse deviennent plus fréquents et plus sévères sous l’effet du changement climatique, menaçant la production alimentaire et accentuant la vulnérabilité des zones arides et semi-arides, notamment au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
Ces rapports soulignent également que la dégradation des terres agricoles et la perte du couvert végétal ont des répercussions directes sur la sécurité alimentaire et augmentent les risques de pauvreté, de déplacement des populations et de migration.
FAO : la Syrie a connu la pire sécheresse depuis quatre décennies
Dans un rapport publié en septembre dernier, la FAO a indiqué que la Syrie avait connu l’une des pires sécheresses des quarante dernières années, entraînant une chute historique de la production de blé, estimée entre 900 000 et 1,1 million de tonnes.
L’organisation a également met en garde contre le fait que le nombre de personnes menacées par l’insécurité alimentaire pourrait dépasser 14 millions.
Dans son rapport d’alerte précoce sur la sécheresse publié l’an dernier, la FAO a précisé que l’échec des pluies de la saison 2024-2025 avait provoqué d’importantes pertes agricoles. Le bulletin d’information agricole du 18 août 2025 a révélé que la production céréalière n’avait atteint qu’environ 1,2 million de tonnes, soit plus de 60 % en dessous de la moyenne, en raison d’une baisse des précipitations supérieure à 50 %.
Banque mondiale : une grave crise de l’eau et des défis agricoles croissants

Dans un rapport publié le 23 avril 2026, la Banque mondiale a indiqué que plus de la moitié des infrastructures d’approvisionnement en eau en Syrie avaient subi des dommages importants. Les ressources en eau ont diminué d’environ 40 % par rapport à la période précédant la crise, tandis que la disponibilité annuelle par habitant est tombée sous les 700 mètres cubes, un niveau inférieur au seuil international de pénurie hydrique.
La Banque mondiale a également souligné que plus de la moitié de la population n’a pas accès à des services adéquats d’eau potable et d’eau usée.
Dans son évaluation économique de 2025, l’institution a indiqué que le PIB syrien s’était contracté de plus de 50 % par rapport à 2010 et que près des deux tiers des Syriens vivaient sous le seuil de pauvreté, à l’ombre de pression persistante sur le secteur agricole due à la sécheresse et à la diminution des ressources en eau.
Toutefois, la mise à jour économique de 2026 montre que le secteur agricole commence à bénéficier d’une amélioration des précipitations par rapport à 2025, année qualifiée de période de sécheresse sévère.
Amélioration notable des niveaux d’eau et des barrages
L’année en cours a enregistré des indices positifs concernant la situation hydrique en Syrie. Cette amélioration résulte d’une bonne saison des pluies ayant permis une hausse des niveaux de stockage dans plusieurs barrages et lacs, ce que les autorités concernées considèrent comme un signe important d’amélioration par rapport aux années précédentes marquées par une forte diminution des réserves.
L’importance de l’augmentation des réserves d’eau pour l’agriculture et l’eau potable
La hausse des niveaux d’eau représente une opportunité stratégique pour le secteur agricole, car elle permet de disposer de davantage d’eau pour l’irrigation des cultures estivales et stratégiques et offre aux agriculteurs une meilleure capacité de planification pour les saisons à venir.
Elle contribue également à renforcer la stabilité des réseaux d’approvisionnement en eau potable et à réduire les pressions subies par de nombreuses régions au cours des années de sécheresse.
Les rapports de la FAO et de la Banque mondiale soulignent enfin que l’amélioration de la gestion des ressources hydriques et le développement de systèmes d’irrigation modernes figurent parmi les outils les plus importants pour lutter contre les effets de la désertification et de la sécheresse et garantir une sécurité alimentaire durable.
André Chatta