Damas, (SANA) La première Conférence nationale pour le dialogue du secteur privé en Syrie pour 2026, organisée par le ministère de l’Économie et de l’Industrie, en coopération avec le Programme des Nations Unies pour le développement en Syrie et en partenariat avec le gouvernement du Japon, a été lancée aujourd’hui, lundi, à Damas.
La conférence vise à permettre au secteur privé syrien de contribuer efficacement et systématiquement à la formulation d’une vision commune de l’avenir de l’économie syrienne, et de participer à la définition des priorités en matière de rétablissement économique et de voies concrètes pour la construction d’une économie compétitive, productive et durable, fondée sur un partenariat entre les secteurs public et privé.
La conférence offre une plateforme pour examiner les défis opérationnels et juridiques liés aux activités commerciales en Syrie, et des solutions et des incitations nécessaires pour promouvoir l’investissement privé et instaurer la confiance entre les différentes parties et les partenaires.
Le ministre de l’Économie et de l’Industrie, Mohammed Nidal Al-Chaar, a déclaré à l’ouverture de la conférence que la Syrie traverse une phase historique au cours de laquelle experts et investisseurs s’interrogent sur la nature du modèle économique à suivre par le nouvel État syrien après la libération, et chaque pays a son propre modèle en fonction de sa situation et de sa nature.
« La conférence d’aujourd’hui vise à participer à la réflexion sur un nouvel avenir économique, et non pas seulement à discuter de dossiers économiques ou d’opportunités d’investissement », a-t-il précié, soulignant que la Syrie s’oriente vers la construction d’un nouveau modèle économique alliant réalisme, ambition et ouverture, et qu’elle observe avec intérêt les pays qui ont mis en place des modèles performants.
Le ministre a expliqué que la Syrie étudie avec intérêt les modèles qui ont réalisé des progrès considérables en peu de temps, dans le but d’éduquer, d’adapter et de construire un modèle syrien spécifique fondé sur les atouts de notre pays, sa situation stratégique, l’énergie de sa population et l’expérience de ses fils, tant à l’étranger qu’au pays.
Il a déclaré : « Nous pensons que l’économie moderne ne se mesure plus uniquement à la taille du produit intérieur brut ou à l’ampleur des dépenses d’investissement, mais à sa capacité à bâtir une économie productive et diversifiée, capable de s’intégrer aux chaînes de valeur régionales et internationales et de transformer sa situation géographique et ses ressources humaines en avantages concurrentiels. »
Chaar d’ajouter: « Nous cherchons à construire une économie qui offre des opportunités d’initiative, de créativité et de production dans le cadre d’une vision nationale claire, et une économie prospère».
Il a souligné que l’adoption d’une approche de libre marché ne signifie ni la disparition de l’État, ni l’abandon des mécanismes de régulation du marché.
« Des expériences réussies ont démontré que ces approches reposent sur un modèle équilibré entre la liberté d’initiative et le rôle stratégique de l’État », a-t-il précisé.
Il a expliqué que l’économique moderne ne se fonde pas sur des slogans, mais sur l’efficacité, la discipline, la stabilité, de véritables partenariats et une économie qui favorise l’initiative, la créativité et la production, dans le cadre d’une vision nationale claire qui préserve l’équilibre social et sert les intérêts de l’ensemble de la société.
Le ministre a souligné que l’autonomisation économique, éducative et professionnelle des femmes, ainsi que l’accroissement de leur participation aux petites et moyennes entreprises et aux secteurs productifs et de services, constituent un pilier fondamental de la construction d’une économie plus juste, dynamique et durable.
Il a expliqué que le rôle économique de l’État ne se résume pas à un débat entre propriété publique et privatisation, mais que la privatisation ne saurait être perçue comme une accusation, une option hypothétique ou une solution miracle aux défis économiques. « L’expérience internationale a démontré que l’essentiel n’est pas la propriété des actifs, mais leur capacité à générer de la valeur économique et à assurer un développement efficace et durable », a-t-il assuré.
Pour sa part, l’ambassadeur du Japon en Syrie, a affirmé que le Japon soutenait le dialogue avec le secteur privé.
« Le Japon respecte le droit de la Syrie à mener son propre processus de redressement et s’engage à travailler avec ses partenaires syriens pour créer des emplois et parvenir à la stabilité et au redressement du pays. », a-t-il a déclaré.
L’ambassadeur du Japon a indiqué qu’un secteur privé fort est essentiel pour créer des emplois, relancer l’activité économique et soutenir les communautés à travers la Syrie.
D’autre part, le représentant résidant par intérim du Programme des Nations Unies pour le développement, Rouhi Al-Afghani a déclaré : « Damas a été un centre de commerce et de civilisation entre les nations et aspire à une nouvelle ère de développement durable et de redressement ».
Le responsable afghan a ajouté : « La tenue de cette conférence à Damas envoie un message clair : nous entrons dans une nouvelle phase où le gouvernement s’efforce de bâtir une Syrie moderne. »
Il a souligné que « la croissance économique en Syrie exige la reconstruction des routes commerciales, la mise en œuvre des accords commerciaux et la modernisation des politiques afin d’améliorer la compétitivité et d’ouvrir de nouveaux marchés à l’étranger. »
Il a expliqué que la phase actuelle exige la formulation d’un nouveau contrat socio-économique entre les secteurs public et privé qui prenne en compte les contraintes environnementales et sociales ainsi que le développement des compétences.
Al-Afghani a poursuivi : « La Syrie possède des atouts exceptionnels, notamment un secteur privé capable de se redresser et de s’accroître, des jeunes hommes et femmes ambitieux désireux d’impulser une nouvelle ère économique, et des réseaux d’investissement susceptibles de se développer.
« L’intégration régionale est un pilier fondamental pour bâtir une économie forte, stable et prospère, et le Programme des Nations Unies pour le développement est déterminé à soutenir la Syrie », a-t-il conclu.
w.h. / L.a.