Damas, (SANA) Le « Rapport de performance trimestriel – premier trimestre 2026 » publié par le Fonds Syrien de Développement (SYDF) fait état de progrès dans la phase de mise en place stratégique, avec l’enregistrement de 83 millions de dollars américains de dons et d’engagements financiers, et des encaissements effectifs dépassant 41 millions de dollars au 31 mars dernier, soit un taux de réalisation des engagements de 46 %. Ce chiffre témoigne du passage du fonds de la phase de construction des bases à celle de la disponibilité opérationnelle.
Le rapport indique que le premier trimestre 2026 a été marqué par la mise en place des fondations institutionnelles, le développement des cadres opérationnels et la constitution d’un portefeuille initial de programmes de développement.
Il mentionne également la conclusion de partenariats stratégiques préparant la mise en œuvre de plus de 45 initiatives de développement, renforçant ainsi le rôle du fonds en tant que plateforme nationale de mobilisation et d’orientation des ressources selon les priorités établies.
Le rapport souligne que le fonds opère à l’ombre de développement complexe : environ 15 millions de personnes ont besoin d’aide pour couvrir leurs besoins essentiels, tandis que les pertes économiques cumulées sont estimées à 800 milliards de dollars. Plus de 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, avec un taux de chômage dépassant 50 % et un chômage des jeunes supérieur à 60 %.
Dans le secteur de la santé, plus de la moitié des hôpitaux fonctionnent à capacité réduite ou sont hors service. Plus de deux millions d’enfants sont exclus du système éducatif. En outre, plus de 20 % des logements ont été endommagés ou détruits, la moitié des réseaux d’eau sont hors service, 12 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire, tandis que le pays compte 6 millions de réfugiés et 7 millions de déplacés internes.
Philosophie d’action
Concernant sa philosophie d’action, le rapport explique qu’elle repose sur le principe de priorité nationale et des besoins réels, à travers l’écoute directe des communautés ainsi qu’un engagement envers la transparence et les mécanismes de recours.
Le rapport met en avant plusieurs réalisations, notamment la construction du cadre institutionnel et opérationnel, l’adoption des politiques financières et administratives, le développement d’un portefeuille de programmes multisectoriels et le renforcement de la préparation opérationnelle pour lancer le premier cycle d’attribution de financements. Les secteurs prioritaires identifiés sont la santé, l’éducation, l’autonomisation économique et les infrastructures.
Le rapport indique également la signature d’un accord de coopération avec le Conseil d’affaires saoudo-syrien afin d’activer des initiatives dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’autonomisation économique, du transfert de connaissances et du renforcement des capacités. Plus de 45 initiatives ont été identifiées en partenariat avec des organismes gouvernementaux saoudiens et des ministères syriens. Le calendrier du deuxième trimestre 2026 prévoit l’annonce officielle, la signature des accords et le lancement des projets au mois de juin.
Plan financier
Sur le plan financier, le total des engagements et dons enregistrés via la plateforme officielle du fonds depuis le 4 septembre 2025 atteint environ 83 millions de dollars. Les montants effectivement collectés comprennent 36,4 millions de dollars américains, environ 53,2 milliards de livres syriennes anciennes, 4 526 euros, 1 275 livres turques et 500 riyals saoudiens.
Parmi les principales contributions versées au cours du premier trimestre 2026 figurent celles de la famille Al-Khayyat, avec 3,5 millions de dollars pour un total déjà versé de 21 millions, de la famille Al-Ashrafi avec 700 000 dollars, de la société Loyal avec 400 000 dollars et de Mohammad Hassan Al-Salloum avec 290 000 dollars.
Le rapport fait également état d’engagements financiers non encore réglés, notamment 20 millions de dollars issus de la vente aux enchères des véhicules du régime déchu, 10 millions de dollars promis par Wafiq Saïd, ainsi qu’un million de dollars promis par chacun des groupes White Room, Ahmad et Omar Hamsho et la tribu Al-Mahamid.
Selon le rapport, les indices de performance reflètent la confiance des donateurs, tout en révélant une concentration relative du financement entre les mains des grands contributeurs, ce qui nécessite une diversification de la base des donateurs afin de garantir la durabilité.
Développement du système de gouvernance
Dans le domaine de la gouvernance, le rapport mentionne le développement du système de gouvernance, la modernisation de la structure institutionnelle et des politiques financières.
Il souligne également plusieurs défis, parmi lesquels les variations dans le rythme de réalisation des engagements, la complexité de l’environnement opérationnel, le manque de données, l’instabilité du taux de change et les difficultés juridiques, ainsi que la poursuite de la mise en place de la structure organisationnelle des ressources humaines.
Le rapport évoque aussi le développement du site internet et du système de gestion des ressources de l’entreprise, ainsi que le lancement d’une campagne médiatique intitulée « Parce qu’elle le mérite ».
Une coordination a également été engagée avec plusieurs organismes internationaux, dont la Société financière internationale de la Banque mondiale, le Programme des Nations unies pour le développement, ONU-Habitat, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, le Fonds saoudien de développement, l’agence allemande GIZ et l’organisation ACSAD.
Enfin, le rapport confirme que les orientations futures du fonds visent à passer concrètement à la phase d’exécution, à travers le lancement du premier cycle d’attribution de financements, l’amélioration du recouvrement des engagements et l’élargissement des partenariats stratégiques, afin de produire un impact durable soutenant le processus de relèvement et de stabilité en Syrie.
Le Fonds de développement syrien avait été lancé officiellement lors d’une cérémonie organisée à la Citadelle de Damas le 4 septembre dernier. Ses ressources financières proviennent de dons individuels en provenance de Syrie et de l’étranger, de contributions régulières via le programme de donateur permanent permettant des abonnements mensuels fixes, ainsi que des aides, subventions et dons acceptés conformément aux lois et règlements en vigueur.
R.S./A.Ch.