Washington, (SANA) – Les prix du pétrole ont atteint des niveaux records hier, à la suite des déclarations du président américain affirmant que la guerre contre l’Iran se poursuivrait jusqu’à sa reddition totale, au milieu des inquiétudes des investisseurs quant à une possible interruption des approvisionnements pétroliers en provenance du Moyen‑Orient.
Le prix du Brent, la référence internationale, avait dépassé 92 dollars le baril, atteignant son plus haut niveau depuis 2023, a indiqué l’Agence France Presse.
Le prix du West Texas Intermediate (WTI), a atteint 90,48 dollars le baril, enregistrant une hausse de plus de 11%.
Les autorités du Kurdistan irakien avaient annoncé l’arrêt d’un champ pétrolier après une « attaque terroriste », tandis que le trafic dans le détroit d’Ormuz reste suspendu.
le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, s’est élevé à 88,86 dollars, soit une hausse de 4,04%, le niveau le plus haut depuis avril 2024.
Quant au baril de WTI pour livraison en avril, il s’est établi à 85,48 dollars, en hausse de 5,52%.
Depuis le début de la guerre, l’Iran a ciblé plusieurs installations pétrolières, tandis que la fermeture du détroit d’Ormuz par lequel transite 20% du pétrole mondial, a perturbé l’approvisionnement des marches mondiaux.
Les capacités de stockage étant limitées, « si la situation ne se résout pas rapidement, nous assisterons bientôt à une rationalisation de la production de pétrole brut et à une nouvelle réduction de l’activité des raffineries, en particulier en Asie et au Moyen-Orient », prévient Homayoun Falakshahi, analyste chez Kpler.
« L’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis sont en mesure de contourner partiellement le Détroit, mais « même avec ces options de contournement, environ 8,7 millions de barils par jour resteront bloqués », a explique Falakshahi.
Pour éviter toute pénurie potentielle, la Chine a demandé à ses grandes raffineries de suspendre leurs exportations de diesel et d’essence, selon l’agence Bloomberg.
Le gouvernement américain a également autorisé jeudi, pour une durée d’un mois, « la livraison de pétrole brut et de produits pétroliers d’origine russe », soumis aux sanctions, à destination de l’Inde, étant donné que la guerre au Moyen Orient affecte directement les approvisionnements de New Delhi.
« Les produits raffinés, tels que le diesel et le kérosène, ont connu une augmentation de prix bien plus importante que le brut jusqu’à présent », souligne, en outre, Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
Le ministre de l’Energie du Qatar, Saad Sherida al-Kaabi, avait mis en garde contre un arrêt des exportations d’énergie du Golfe dans les prochaines semaines si les escalades militaires au Moyen Orient se poursuivent.
al-Kaabi a déclaré au journal britannique Financial Times que la poursuite de la situation sécuritaire actuelle pourrait entraîner l’effondrement des économies mondiales, estimant que tous les pays exportateurs d’énergie du Golfe pourraient être contraints d’arrêter leur production dans les semaines à venir, ce qui pourrait faire grimper les prix du pétrole à 150 dollars le baril.
Al Kaabi a indiqué que le Qatar aurait besoin de plusieurs semaines à quelques mois pour rétablir ses livraisons normales de GNL, même si la guerre cessait immédiatement, après l’attaque de drone iranienne contre l’une de ses principales installations de production.
Ib.I./R.B.