Damas, (SANA) – En présence du président de la République arabe syrienne, Ahmad al-Charaa, et de son épouse, Madame Latifa al-Droubi, la nouvelle monnaie syrienne a été lancée aujourd’hui lors d’une cérémonie officielle au Palais des congrès de Damas.
Le président al-Charaa et le gouverneur de la Banque centrale de Syrie, Abdelkader Al‑Husriyah, ont dévoilé la nouvelle monnaie.
Dans une allocution qu’il a prononcée lors d’une séance de dialogue pendant la cérémonie de lancement, le président al-Charaa a indiqué que le changement de monnaie est un symbole de la fin d’une époque révolue, une époque qui n’est pas regrettée, et le début d’une nouvelle ère que le peuple syrien et les peuples de la région espèrent pour la Syrie moderne.
Il a souligné que ce processus a nécessité de longues discussions et qu’il existe plusieurs expériences de remplacement de monnaie et de suppression de zéros. Au niveau mondial, il y a eu six expériences, dont la moitié a réussi et l’autre moitié a échoué. Ce processus est très délicat en ce qui concerne la transformation de la situation monétaire.
Le président al-Charaa a précisé que l’édition de la monnaie, avec la suppression de deux zéros de l’ancienne monnaie et son remplacement par la nouvelle, ne signifie pas une amélioration de l’économie, mais plutôt une simplification des transactions monétaires. Améliorer l’économie repose sur l’augmentation des taux de production et la réduction du chômage en Syrie.
Il a souligné que l’un des fondements de la croissance économique est l’amélioration du secteur bancaire, car les banques sont comme des artères pour l’économie.
« La phase de transition est sensible et que le facteur le plus important est d’éviter toute panique parmi la population, pour que les gens ne se précipitent pas pour échanger les anciennes monnaies contre les nouvelles. Tous ceux qui détiennent de l’ancienne monnaie pourront la remplacer par la nouvelle, a-t-il ajouté, précisant qu’il n’est pas nécessaire d’insister sur cet échange, car cela pourrait nuire au taux de change de la livre syrienne.
Il a indiqué que la transition doit se faire dans un climat de calme et que la Banque centrale a précisé que ce processus se déroulerait selon un calendrier précis.
Il a indiqué que la confiance du citoyen dans la livre syrienne fait partie de la confiance dans l’économie syrienne, qui a souffert de dommages au cours des dernières années, notamment en raison de l’effondrement de plusieurs secteurs, dont le secteur bancaire.
« L’envolée du taux de change a également entraîné une perte de confiance dans la livre syrienne, poussant les gens à stocker de l’argent à domicile plutôt que de le déposer dans les banques », a-t-il dit.
Le président a affirmé que le design de la nouvelle monnaie est une expression de la nouvelle identité nationale et qu’il marque un éloignement de la glorification des individus. « Nous avons opté pour des symboles liés à la réalité syrienne, car les personnes vont et viennent », a-t-il précisé.
Il a souligné que la nouvelle monnaie facilitera les opérations commerciales et réduira la dépendance au dollar, renforçant ainsi la confiance dans l’économie à long terme.
Il a ajouté qu’il est nécessaire d’avoir une nouvelle culture lors du processus de remplacement de la monnaie, en interdisant les pratiques de spéculation fictive par les profiteurs et en fournissant la liquidité de manière progressive, sans affecter l’inflation.
Le président a précisé que dans la conception de la monnaie syrienne actuelle, nous avons restauré la mémoire historique ancienne des biens qui sont fondamentalement disponibles en Syrie.
Et de poursuivre : « L’économie syrienne progresse actuellement avec des étapes ciblées qui ont été mises en place au cours de l’année passée et qu’il reste encore du travail à faire », faisant savoir que les fruits de cette base se manifesteront progressivement.
Il a affirmé que la confiance dans l’économie syrienne est extrêmement forte, ce qui est dû à l’importance géopolitique de la Syrie et à l’intérêt croissant manifesté par les pays régionaux et mondiaux à son égard.
De son côté, le conseiller Abdullah al-Chamaa a souligné qu’une équipe de conseillers et d’experts syriens a collaboré avec la Banque centrale de Syrie pour élaborer une stratégie de remplacement sur la base de principes scientifiques et de critères mondiaux, afin de faire de la banque un pilier de stabilité et un leader de la transformation économique.
Il a ajouté que la vision repose sur cinq piliers : la politique monétaire et la stabilité des prix, un marché de change équilibré et transparent, un secteur bancaire solide, des paiements numériques sécurisés et l’intégration financière internationale avec une inclusion financière durable.




A.Ch.