Damas,(SANA) L’exposition de l’artiste Dima Nashawi, intitulée « Le commencement… la terre est à nous », a été inaugurée dimanche soir à Damas.
L’exposition, qui est la première en Syrie, réunit 30 tableaux abordant le lien de l’être humain à la terre, les questions relatives aux femmes et des traits de villes syriennes.
Récits de déplacement et de maternité
À travers quatre tableaux de la série « L’amour, c’est », Nashawi documente les souffrances des habitants de la Ghouta durant la guerre, ainsi que les déplacements et l’exil forcé qui l’ont accompagnée.

Le tableau « La tombe de ma fille » évoque une mère qui porte en elle l’image de la tombe de sa fille durant son déplacement, tandis qu’une autre œuvre montre une mère racontant une histoire à son enfant effrayé afin de détourner son attention des sons des obus.
La femme et son rôle
L’artiste a consacré un espace à la femme, comprenant le tableau « Des rêves dans la cuisine », réalisé en collaboration avec un magazine polonais. Cette œuvre traite des ambitions et des rêves des femmes au cours de leur travail quotidien.

Dans « Un superpouvoir », elle aborde les multiples rôles de la femme, travailleuse, éducatrice et mère.
Le tableau « La révolution embrasse ses filles » est consacré aux femmes syriennes durant la révolution. L’artiste y a intégré des propos de Syriennes, dont : « Nous tirons notre force et notre détermination de l’avidité des gens qui gouvernent la Syrie », en référence au régime déchu.
Villes syriennes et espaces d’espoir
D’autres tableaux rappellent les traits de la plupart des gouvernorats syriennes.
« La tendre Idleb » représente l’accueil réservé par la ville aux Syriens qui s’y sont déplacés durant la révolution et qui sont devenus partie intégrante de son tissu social, tandis que « Hama» fait revivre les norias et les maisons anciennes de la ville.
Les tableaux « Mourir debout » et « Un amour qui demeure » rendent hommage aux martyrs des équipes médicales de l’organisation SAMS, tandis que « Nous en sommes capables » dessine une carte de la Syrie réunissant toutes ses composantes sous les rayons du soleil de demain.
La phrase de l’artiste disparue May Skaf, « C’est la grande Syrie », figure dans un tableau illustrant le relèvement du pays après le séisme dévastateur grâce à la solidarité de ses habitants.
Dans « Affranchissement », Nashawi propose également un traitement visuel des défis et recommandations liés à l’Institution indépendante chargée de la question des personnes disparues en Syrie.
Dans une déclaration à SANA, Nashawi a indiqué que le titre de l’exposition exprime le lien entre l’être humain, la terre et la patrie. Ses œuvres retracent cette relation depuis le début de la révolution syrienne, en passant par la guerre, le déplacement et le séisme, jusqu’à la chute de l’ancien régime.
Elle s’est dite heureuse de tenir sa première exposition individuelle en Syrie, après avoir participé à des expositions collectives à Londres et au Liban.
Elle a souligné le dynamisme culturel et artistique que connaît Damas avec la participation des jeunes, espérant qu’il s’étende vers l’ensemble des villes syriennes.
Dima Nashawi compte parmi les artistes syriennes engagées dans le soutien aux enfants.
Elle a présenté des œuvres artistiques et interactives à Beyrouth et fondé l’initiative « Mémoire de la culture syrienne », consacrée à la documentation de la mémoire culturelle et visuelle des Syriens durant les années de la révolution.



rs/l.a