Damas, (SANA) La chanteuse Assala Nasri a fait revivre, lors du concert hier jeudi, à travers sa voix, les souvenirs d’une ville demeurée présente dans son âme et dans son œuvre musicale tout au long de ses années d’exil.
Un voyage patrimonial au cœur de la mémoire syrienne
Après avoir interprété « Irfaa Rassak foq », devenue une véritable icône de la Journée de la Libération et profondément ancrée dans la mémoire collective, Assala a proposé une sélection de titres issus de son nouvel album, « L’Album syrien », qui réunit 14 chansons puisant dans le patrimoine des différents gouvernorats syriens et dans la diversité de leurs traditions musicales.
« Un rêve devenu réalité »
Au cours de deux heures de spectacle en direct, Assala a livré un répertoire mêlant les titres de ses débuts à ses nouvelles productions. S’adressant au public syrien, elle a confié que se tenir parmi eux ce soir était « comme un rêve devenu réalité ».
Cette soirée a été marquée par une forte interaction du public, qui a accompagné la chanteuse dans ses chansons, donnant lieu à un moment profondément émouvant et renouant le lien étroit qui l’unit à son public de Damas.
16 ans entre absence et retour
Cette soirée intervient 16 ans après le dernier concert officiel d’Assala en Syrie, donné en février 2010 sur la scène de l’Opéra de Damas. Elle retrouve ainsi la ville où sa carrière artistique avait débuté il y a 43 ans, forte d’un long parcours jalonné de succès dans le monde arabe et d’un attachement particulier à la Syrie, allant jusqu’à donner à sa fille le prénom Sham, en hommage à cette terre.
La Syrie est restée présente dans l’univers artistique d’Assala durant ses années d’absence, à travers des œuvres empreintes de nostalgie et d’attachement, ainsi que des chansons qui ont accompagné les années de la révolution et la période postérieure à la Libération.
Assala Nasri compte parmi les grandes voix de la chanson arabe. Elle a commencé sa carrière artistique très jeune et a interprété, au fil des décennies, un vaste répertoire dans différents dialectes arabes, consolidant sa présence sur la scène musicale arabe. Née à Damas en 1969, elle est la fille du défunt artiste Mustafa Nasri.
Un album qui revisite le patrimoine des gouvernorats avec Inana
Dans une déclaration à SANA, le fondateur et directeur de la troupe Inana, Jihad Mofleh, a indiqué que la troupe avait accompagné Assala en présentant les 14 chansons de son nouvel album syrien, sorti il y a deux semaines après d’intenses préparatifs.
La troupe a ainsi conçu des tableaux chorégraphiques inspirés du patrimoine des différents gouvernorats syriens, faisant dialoguer musique, danse et traditions populaires.
Une mise en scène adaptée à la singularité du retour
Les éléments scéniques ont été développés afin d’accompagner la singularité du retour d’Assala à Damas et de donner à cette soirée une dimension artistique à la hauteur de l’événement.
Le retour des artistes, un besoin pour les Syriens
Plusieurs artistes ont exprimé leur joie de voir Assala revenir en Syrie, estimant que la présence des artistes dans leur pays constitue un besoin important pour les Syriens et que le retour des voix artistiques dans leur cadre naturel revêt une importance particulière.
Ils ont appelé les Syriens à renforcer les valeurs d’amour, d’entente et de cohésion entre eux.
L’émotion du retour et l’identité patrimoniale
Le ministre de la Culture, Mohammad Yassine al-Saleh, a rendu hommage à Assala au cours du concert et lui a souhaité la bienvenue sur scène. Il a déclaré que son retour représentait « le retour de la Syrie et de tout être humain libre ».
Le concert s’est déroulé en présence de plusieurs ministres, de personnalités politiques et officielles, ainsi que de nombreux artistes et d’un large public syrien.




am

