Damas (SANA) Le premier Festival international de poésie de Damas était bien plus qu’une simple série de lectures poétiques. Il s’agissait d’un événement culturel visant à redonner à Damas la place qui lui revient en tant que berceau de la culture arabe, en réunissant des poètes et des intellectuels venus de plusieurs pays arabes sous le slogan : « La poésie naît à Damas ».
Organisé par le ministère de la Culture et tenu du 2 au 7 août à l’Opéra de Damas, ce premier Festival international de poésie a accueilli des poètes, des écrivains et des critiques venus de Syrie et de quatorze autres pays arabes. Le programme comprenait de la poésie classique et nabatéenne, ainsi que des conférences et des séminaires consacrés à la poésie, au dialogue, à la musique, aux arts et au patrimoine.
Damas : berceau de la poésie et de la culture arabes
Le choix de Damas comme nom et lieu du festival revêt une signification qui dépasse le simple cadre d’un événement littéraire. Il constitue une réaffirmation de la présence de la ville sur la scène culturelle arabe. Le slogan « La poésie commence à Damas » n’était pas seulement un intitulé à caractère festif, mais traduisait également la conception du festival, qui considère le poème comme une mémoire des lieux et des générations.
Le ministère de la Culture a présenté le festival comme une célébration de la poésie en tant qu’art vivant, qui incarne la mémoire du passé, aborde les questions du présent et se projette vers l’avenir, en s’appuyant sur l’histoire de Damas, une ville intimement liée aux mots et à la poésie au fil des générations.
Un rassemblement arabe qui renoue les liens
L’un des aspects les plus marquants de cette première édition a été le retour des échanges directs entre les poètes arabes à Damas. Cette initiative ouvre la voie à un rôle culturel qui dépasse le cadre strictement littéraire pour favoriser les liens, la communication et le dialogue entre les différentes expériences arabes.
Dans ce contexte, le directeur du festival, le poète Anas al-Dughaim, a déclaré dimanche à l’agence SANA que Damas mérite d’accueillir ce rassemblement et que l’événement permet aux poètes arabes de se rencontrer dans un espace propice au partage des expériences, redonnant ainsi à la poésie arabe toute sa place.
La participation des poètes de divers horizons du monde arabe témoigne du potentiel du festival à devenir un espace de diplomatie culturelle, où la poésie favorise les échanges et le dialogue et où le poème devient un langage commun permettant de découvrir la diversité au sein de l’unité de la culture arabe.
De nouveaux prix
La première édition du festival a été marquée par l’annonce du Prix de l’Épée de Damas pour la poésie arabe et du Prix du Manteau damascène pour l’éloge du Prophète, ouvrant ainsi la voie à un festival qui ne se contente plus d’accueillir et d’honorer les poètes, mais qui entend également soutenir et encourager la création poétique.
L’importance de ces prix réside dans leur capacité à attirer de nouveaux talents et à stimuler la production poétique arabe, à condition qu’ils soient maintenus, développés et pérennisés lors des prochaines éditions.
Le lieu syrien : de la poésie à la mémoire culturelle
Le festival s’est étendu au-delà des salles de l’Opéra, à travers des visites dans la vieille ville de Damas et plusieurs sites historiques, notamment Maaloula, Saydnaya et Daraa, comme le programme de l’événement.
Le lieu est ainsi devenu une composante essentielle de l’expérience culturelle. Les poètes sont venus à Damas non seulement pour réciter leurs poèmes, mais aussi pour découvrir une ville profondément marquée par l’histoire et la civilisation. Cette dimension a permis à la culture et à la littérature de contribuer à faire redécouvrir le patrimoine syrien au public arabe sous un regard nouveau.
Ainsi, le slogan « La poésie naît à Damas » dépasse sa simple dimension géographique pour exprimer le lieu historique de Damas comme l’un des grands centres de la culture arabe, une ville qui, pendant des siècles, a accueilli la poésie, la littérature et la pensée.
Le festival vise à renouer les liens entre les poètes arabes et cette ville, à créer un espace de dialogue et d’échange autour de la poésie et à contribuer ainsi à restaurer le rôle de Damas en tant que berceau des activités culturelles arabes.


Rkh/rb