Damas,(SANA) Le quartier damascène de Sarouja conserve encore sa beauté historique et son âme populaire, malgré les transformations urbaines qu’il a connues au fil des décennies.
Il demeure ainsi un témoin vivant de l’histoire sociale et culturelle de Damas, et une destination qui démontre les détails de la vie chamie d’autrefois, avec toute son authenticité et son originalité

Ce quartier est considéré comme l’un des plus anciens quartiers de Damas hors des remparts, il a longtemps été un centre urbain et culturel majeur, abritant maisons damascènes, souks, khans et monuments qui témoignent encore une partie essentielles de la mémoire de la ville.
La petite Istanbul
Dans ce cadre, le spécialiste du patrimoine populaire et de l’histoire, Muhiddine Qurunfla, a indiqué à SANA que le souk Sarouja jouit d’une importance architecturale et culturelle majeure, ce qui lui a valu autrefois le surnom de Petite Istanbul, en raison de son essor et de l’installation de familles damascènes fortunées et de notables à l’époque ottoman.
Qurunfla a expliqué que le quartier est créé à l’époque mamelouke et son nom est lié à l’émir Sarem Addîne Sarouja.

« Ce quartier constitua la première extension urbaine importante en dehors de la muraille nord de Damas. Il abritait de somptueuses demeures damascènes, ainsi que des khans, des hammams, des mosquées, des écoles et des confréries soufies, ce qui en faisait un modèle unique de l’architecture traditionnelle damascène et une composante authentique de l’identité historique de la capitale”, a-t-il précisé.
Sites emblématiques
Qurunfla a expliqué que Sarouja abritait des monuments importants, tels que la mosquée al-Ward, l’école Madrassa Al-Chamiyah al-Kubra, la maison al-Abed et le hammam al-Ward, ainsi que des demeures de grande valeur historique comme la maison de Khalid al-Azm et celle de Mohammad Ali al-Abed (premier président de la République syrienne). Le quartier a également vu naître plusieurs personnalités culturelles et sociales, dont l’écrivaine damascène Siham Turjeman
Un riche héritage social et culturel
Les habitants de Sarouja estiment que le quartier incarne la mémoire authentique de Damas, avec ses traditions et ses marchés patrimoniaux, tandis qu’ils espèrent la restauration des anciennes maisons et la revitalisation de ses sites historiques reflétant l’identité et la beauté architecturale de la capitale.
Sarouja… l’âme de la vieille Damas
Qurunflah a affirmé que le quartier de Sarouja conserve encore l’esprit de la vieille Damas, avec ses ruelles étroites, ses pierres caractéristiques et ses cafés traditionnels, soulignant qu’il demeure un symbole de la résilience de l’identité damascène.
Il appelle également à restaurer les bâtiments historiques restants et à soutenir la revitalisation du souk Sarouja et des autres quartiers anciens afin de préserver le patrimoine urbain et architectural de la ville.
Les anciens quartiers de Damas constituent un pilier essentiel de son identité culturelle, mais ils font face à de grands défis pour préserver le patrimoine face à l’expansion urbaine rapide.




Ib.i/ L.A