Damas, (SANA) Le chercheur et écrivain syrien Motea Al-Batine a souligné qu’un discours unificateur est une nécessité urgente compte tenu des défis que traverse le pays, insistant sur l’importance de sensibiliser l’opinion publique et de protéger la société des divisions.
Lors de la rencontre intellectuelle qu’il a organisée lundi à la Bibliothèque nationale à Damas, intitulée « Les fondements d’un discours global pour lutter contre le sectarisme », Al-Batin a évoqué les fondements sur lesquels repose un discours social national capable de promouvoir les valeurs de coexistence entre les différentes composantes de la société syrienne et de consolider les principes de coexistence.
Une vision pour promouvoir un discours national inclusif
Al-Batin a abordé la différence entre une secte et le sectarisme, expliquant qu’une secte constitue un cadre social ou doctrinal naturel, tandis que le sectarisme se mue en fanatisme et en rejet de l’autre, à l’instar du sectarisme et du racisme, avec les préjudices sociaux et politiques qui en découlent.
Il a estimé que le plus grand danger pour les sociétés réside dans la création du sectarisme par des partis cherchant à servir des intérêts étroits.
Le rôle de la sensibilisation communautaire dans la protection du tissu social syrien
Al-Batin a critiqué le rôle négatif de certaines plateformes de médias sociaux qui encouragent les discours haineux et créent des environnements extrémistes qui menacent la paix civile, précisant que la lutte contre ces discours exige de renforcer la confiance au sein de la société et de mettre en avant l’identité nationale unificatrice.

Il a souligné que la construction de cette identité repose sur la capacité à gérer la diversité, à prendre des positions justes en faveur des opprimés sans considération d’appartenance, ainsi qu’à instaurer un environnement démocratique et transparent fondé sur le dialogue et le droit, et à promouvoir des modèles de coexistence réelle, en s’éloignant d’une coexistence fragile.
Il a insisté sur la nécessité de lutter contre l’incitation à la haine, l’arrogance et le clientélisme.
Modèles nationaux ayant contribué à consolider les valeurs de coexistence
Al-Batin a passé en revue des exemples de personnalités syriennes ayant joué un rôle déterminant dans la consolidation des valeurs d’unité et la promotion de la paix et de la sécurité.
Il a notamment évoqué l’émergence, durant les années de la révolution, de plusieurs figures reconnues pour leurs positions en faveur de la coexistence, parmi lesquelles Khaldoun Zein El-Din, Michel Kilo, Bassel Chehadeh, Maï Skaff et Fadwa Suleiman.
Il s’est également attardé sur la biographie du martyr Mohammad Masat, qui a sacrifié sa vie pour déjouer un attentat terroriste visant une église, incarnant ainsi un véritable modèle d’appartenance nationale.
Dans une déclaration à l’agence SANA, Al-Batin a souligné l’importance de ces conférences pour la promotion des valeurs d’égalité et de dignité humaine, insistant sur le rôle crucial des personnalités influentes et des figures religieuses dans la lutte contre les discours sectaires.
Il a également mis l’accent sur le rôle des médias et des plateformes culturelles et religieuses dans la sensibilisation du public, et appelé à renforcer le rôle des institutions gouvernementales dans le soutien à la justice transitionnelle et la surveillance de la cybercriminalité et des rumeurs.
La réunion a été marquée par des interventions des participants qui ont abordé les moyens de lutter contre le discours sectaire après des décennies de plans diaboliques tissés par l’ancien régime contre le peuple syrien, appelant à élargir la portée des activités culturelles et de sensibilisation afin d’inclure toutes les composantes de la société syrienne.
Il convient de mentionner que Motea Al-Batin est un militant politique originaire de Daraa, diplômé de la faculté d’ingénierie architecturale de l’université de Damas. Il a rejoint le mouvement révolutionnaire dès ses débuts. Il a présidé le Conseil suprême de la direction de la révolution syrienne et a également été membre du Conseil national syrien et du Conseil d’administration du Conseil islamique syrien.
L.Arfi