Damas, (SANA) Les témoignages archéologiques et linguistiques affirment que la Syrie avait longtemps été un centre majeur du savoir humain, depuis l’invention du premier alphabet jusqu’aux premiers systèmes de calcul et d’organisation.
Dans ce cadre, le Musée national de Damas a accueilli hier un colloques scientifiques archéologique et linguistique consacrée à l’ouvrage du Dr Mahmoud Al Sayyed sur la langue ougaritique et l’arabe, ainsi qu’à un séminaire sur le rôle de la Syrie dans l’émergence des systèmes de calcul et d’écriture depuis l’IXe millénaire av. J.-C.
Ce colloque a été organisée par le ministère de la Culture et la Direction des Antiquités et des Musées afin de valoriser le patrimoine syrien et son rôle dans l’émergence de l’écriture et des sciences, en présence de chercheurs et de passionnés par la culture.

Un ouvrage qui documente la relation entre l’ougaritique et l’arabe
Dans la salle damascène du Musée national de Damas, Al‑Sayyed a présenté sa recherche pionnière comparant la langue ougaritique à la langue arabe, dans le cadre d’un projet encyclopédique composé de quatre volumes totalisant environ 10 000 pages.
Il a indiqué que cet ouvrage est le fruit de deux années d’étude des textes découverts à Ras Shamra et Ras Ibn Hani pour mettre en valeur le rôle de la Syrie en tant que berceau de l’alphabet, montrant que l’ougaritique partage avec l’arabe des similitudes au niveau des racines, du vocabulaire et de la structure morpho‑syntaxique.
L’alphabet ougaritique… une révolution du savoir
Al‑Sayyed a affirmé que l’alphabet ougaritique, découvert à Ras Shamra, représente le premier système alphabétique de l’histoire soulignant qu’il a constitué une transformation majeure dans le développement de l’écriture et la diffusion du savoir.
Il a également expliqué l’importance de l’alphabet ougaritique dépasse les frontières de la Syrie, vu qu’il avait contribué à établir les bases de la documentation et de la pensée humaine.
Les racines du calcul et des sciences dans l’ancienne Syrie
Lors du séminaire, Al‑Sayyed a abordé le rôle majeur de la Syrie un centre majeur de civilisation dès l’IXe millénaire av. J.-C., où apparurent l’agriculture et les premiers besoins d’organisation, menant à l’émergence des premiers systèmes de calcul et d’enregistrement.
Il a passé en revue la contribution de Ougarit, Ebla et Mari au développement de l’alphabet et des systèmes administratifs, rappelant que la loi d’Ebla (2350 av. J.-C.) est l’un des plus anciens codes juridiques, comprenant près de soixante-dix articles sur les affaires civiles, pénales, les droits des femmes et l’organisation du travail diplomatique.

La langue arabe et la lecture des textes anciens
Al‑Sayyed a souligné que l’arabe est essentiel pour comprendre les langues anciennes, grâce à sa proximité structurelle avec plusieurs langues du Proche‑Orient. Où elle met en avant l’unité des racines linguistiques, tout en respectant la spécificité de chaque langue, comme l’ougaritique.
De la recherche scientifique à la documentation visuelle
De même, le séminaire a présenté des découvertes archéologiques récentes, dont la restauration de la mosquée des Omeyyades à Damas, ainsi que des travaux scientifiques et artistiques proposés pour le Guinness World Records, mettant en valeur le symbole de l’aigle syrien à travers les millénaires.

Ib.i. / L.S.