Damas, (SANA) À l’heure où les applications de l’intelligence artificielle se développent sur la scène culturelle mondiale, l’atelier « Littérature numérique et reflets de l’intelligence artificielle », organisé par la branche de Quneitra de l’Union des écrivains arabes, ouvre un débat sur l’avenir de la littérature syrienne et sur les possibilités d’utiliser la technologie pour produire une littérature contemporaine qui préserve l’identité culturelle et suit le rythme des transformations numériques.
L’atelier, qui a débuté aujourd’hui, dimanche, et durera deux jours à l’Union des écrivains à Mazzeh, et est supervisé par le journaliste et écrivain Hussein Al-Ibrahim, réunira une vingtaine d’écrivains et de jeunes adultes âgés de 25 à 40 ans.
Les thèmes abordés sont la littérature numérique, les implications philosophiques de l’intelligence artificielle, la construction de récits interactifs, ainsi que les possibilités d’intégration du patrimoine syrien aux applications numériques et aux outils d’intelligence artificielle.
L’atelier a adopté l’approche de « l’apprentissage actif » basée sur le dialogue, la discussion et l’application pratique, tandis que ses thèmes étaient divisés en deux étapes : la première intitulée « Compréhension et critique », et la seconde intitulée « Application et production », dans le but d’amener le participant à passer de la compréhension du phénomène numérique à son expérimentation créative au sein du texte littéraire.
Du conte traditionnel au conte interactif
La première journée de travaux a été consacrée à trois documents de travail portant sur les transformations de la littérature à l’ère numérique.
Le premier, intitulé « Littérature numérique : de la consommation à la créativité », examinait l’impact des applications d’intelligence artificielle sur le concept d’écriture et sur la relation entre l’auteur, le texte et le lecteur.
Al-Ibrahim a expliqué que l’utilisation courante de l’intelligence artificielle chez de nombreux jeunes écrivains se limite encore à des aspects fonctionnels, tels que la suggestion de titres, la paraphrase, la traduction et le résumé de textes, considérant que ce modèle peut progressivement transformer l’écrivain en un consommateur de produits informatiques plutôt qu’en un producteur de sens et de vision.
Il a souligné la nécessité de considérer l’intelligence artificielle comme un « partenaire créatif » qui aide l’écrivain à ouvrir de nouvelles possibilités de narration et de réflexion, sans pour autant nier la sensibilité esthétique et intellectuelle des êtres humains.
Al-Ibrahim a abordé le concept de « récit à embranchements », qui donne au lecteur un rôle dans le choix du cours des événements et de leur dénouement, notant que cette forme narrative n’est pas éloignée de l’héritage arabe, citant la structure des « contes dans les contes » des « Mille et Une Nuits », que la technologie reproduit de manière interactive contemporaine.
Il a également abordé le concept de « mort narrative » ou d’« impasses », c’est-à-dire des moments où l’histoire peut se terminer à la suite d’une décision prise par le lecteur, expliquant que ces fins représentent une partie de la philosophie du texte interactif et ne constituent pas un défaut dans la structure narrative.
Il a également passé en revue un certain nombre d’outils numériques utilisés pour créer des récits interactifs, tels que « Twine » et « Google Slides », expliquant qu’ils permettent à l’auteur de produire des œuvres numériques publiables sans avoir besoin de compétences complexes en programmation.
Intelligence artificielle et héritage syrien
Le second article abordait les implications philosophiques de l’intelligence artificielle et de l’humanisme narratif, en se concentrant sur des questions liées à la créativité, à la conscience, à l’identité, à l’amour et à la mort à l’ère de la machine.
Le troisième article portait sur la possibilité d’intégrer le patrimoine syrien aux applications numériques, en présentant des modèles littéraires qui puisent leur inspiration dans l’environnement local au sein de cadres modernes, notamment l’histoire « Il y a un robot dans notre maison », qui se déroule dans une maison syrienne, dans le but de prouver la capacité de la littérature syrienne à absorber l’intelligence artificielle sans perdre sa saveur locale.
Dans une déclaration à SANA, l’écrivain Dima Dawoudi a souligné l’importance des sujets abordés dans l’atelier, notant que la valeur de l’intelligence artificielle réside dans le gain de temps et d’efforts, sans qu’elle ne devienne une obsession qui affaiblit les capacités mentales et créatives humaines.
Cet atelier reflète une tendance croissante à la construction d’une littérature numérique syrienne qui tire parti des outils technologiques modernes tout en préservant la spécificité du récit local et de l’identité culturelle, ouvrant ainsi de nouveaux horizons aux écrivains et aux lecteurs dans l’espace numérique.
L.A

