Damas, (SANA) Dans le cadre de la deuxième édition de la manifestation « Films de la révolution syrienne », organisée par l’Organisation générale du cinéma sous le patronage du ministère de la Culture, l’Opéra de Damas a accueilli ce mercredi la projection du long documentaire Correspondant de guerre du réalisateur Hicham al‑Zaouqi, une œuvre qui retrace les expériences des journalistes syriens ayant transmis l’image de la réalité depuis le cœur des événements.
Le film propose une approche humaine et de terrain du rôle des correspondants de guerre dans la transmission de la vérité, ainsi que des défis et dangers qui ont accompagné leur travail.
Documenter le courage des correspondants de guerre
Le documentaire met en lumière le courage des correspondants de guerre syriens qui ont risqué leur vie pour relayer la souffrance des civils, à travers des scènes de terrain éprouvantes montrant les détails des bombardements et des destructions causés par les forces du régime déchu, et reflétant l’ampleur des dangers auxquels les professionnels des médias ont été confrontés.
L’œuvre inclut les témoignages de plusieurs photographes et journalistes qui évoquent leurs débuts dans le travail médiatique durant les années de la révolution, les difficultés rencontrées, ainsi que les attaques dont ils ont été la cible alors qu’ils couvraient les crimes de la machine meurtrière du régime déchu.

Le film observe les transformations qu’a connues la couverture médiatique de la révolution, soulignant le ciblage des journalistes étrangers, dont des reporters français tués alors qu’ils couvraient les événements dans le quartier de Bab Amr à Homs. Cette situation a entraîné un recul de la présence médiatique internationale, tandis que le rôle des équipes locales s’est renforcé pour transmettre l’image des événements au monde.
Témoignages et souvenirs des martyrs
Le documentaire retrace les histoires de plusieurs journalistes ayant perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions, et met en avant la détermination de leurs collègues à poursuivre leur mission malgré les risques.
Parmi les moments marquants évoqués, figure la mort du correspondant Mohammad al‑Masalma, surnommé « Mohammad al‑Hourani », tué par un tir de sniper dans la campagne de Daraa en 2013.
Le film présente également des chiffres documentés indiquant la mort de 481 journalistes, dont 34 décédés sous la torture, ainsi que 876 cas d’enlèvement et d’arrestation commis par les services de sécurité du régime déchu contre des activistes médiatiques, un ensemble qui illustre l’ampleur des sacrifices consentis par ce secteur.
Le film adopte un style visuel direct mêlant images de terrain et témoignages vivants, ce qui lui confère une forte dimension documentaire et renforce sa capacité à transmettre l’expérience telle que vécue par ses auteurs, sans artifices, en privilégiant un récit ancré dans le réalisme.
Le cinéma est un pont pour transmettre la voix des Syriens
Le directeur général de l’Organisation générale du cinéma, l’artiste Jihad Abdo, a affirmé dans une déclaration au correspondant de SANA que ces œuvres représentent de grands efforts fournis par leurs auteurs dans des conditions difficiles, au cours desquelles ils ont risqué leur vie pour transmettre l’image des événements au monde. Abdo a souligné l’importance de cette manifestation, qui permet la projection de films n’ayant jamais eu l’occasion d’être présentés auparavant.
Il a indiqué que chaque œuvre a le droit d’atteindre le public en tant que tentative authentique de transmettre la réalité, ajoutant que cette manifestation contribue à établir des passerelles avec les différentes composantes de la société et confirme que le cinéma exprime la voix des Syriens et raconte leurs histoires.

Il a ajouté que l’image cinématographique est l’un des moyens les plus influents pour transmettre des messages, en raison de sa capacité à présenter la réalité de manière directe. Il a exprimé l’espoir de voir cette manifestation se poursuivre et se renouveler, afin de contribuer à préserver la mémoire visuelle syrienne et à renforcer la présence du cinéma comme outil culturel actif.
Le film est réalisé par Hicham al‑Zaouqi, produit par Maher Jammous, avec une préparation et une recherche assurées par Hicham al‑Zaouqi et Ibrahim al‑Chamali, une narration de Hassan Hijazi, et une direction de la photographie signée Ibrahim al‑Chamali.


M.Ch.