Capitales, (SANA) Les développements de la guerre américano-israélo-iranienne se dirigent vers une phase décisive, avec une nouvelle proposition iranienne visant à mettre fin à l’affrontement via le détroit d’Ormuz, tandis que les États-Unis poursuivent leur politique de pression et évaluent leurs options avant de décider de la suite à adopter.
Des responsables américains et des sources informées ont indiqué que l’Iran avait présenté, par l’intermédiaire de médiateurs pakistanais, une proposition prévoyant la réouverture du détroit d’Ormuz et la fin de la guerre, en échange du report des négociations sur le programme nucléaire à une étape ultérieure, selon le site Axios.
Selon les sources, la proposition iranienne vise à dépasser les divisions au sein de la direction iranienne concernant des concessions nucléaires, en se concentrant d’abord sur la résolution de la crise du détroit et la levée du blocus maritime, avec la possibilité de prolonger le cessez-le-feu ou de parvenir à un accord durable, sous réserve que les négociations nucléaires se poursuivent ultérieurement.
En revanche, la réponse de Washington à cette proposition n’a pas encore été clarifiée. La porte-parole de la Maison-Blanche a affirmé que les États-Unis « ne négocieront pas par médias interposés », soulignant que tout accord doit garantir que l’Iran s’abstient d’acquérir l’arme nucléaire.
Le président américain Donald Trump a également déclaré que Téhéran peut prendre contact s’il souhaite négocier, réaffirmant son attachement à des conditions claires pour tout accord, selon Reuters.
Donald Trump doit tenir aujourd’hui une réunion dans la salle de crise de la Maison-Blanche avec les principaux responsables de la sécurité nationale, afin d’examiner l’impasse des négociations et les options disponibles à la lumière de la proposition iranienne et des développements sur le terrain.
Pression militaire continue
Sur le terrain, les États-Unis poursuivent leur pression sur l’Iran. Le Commandement central américain (CENTCOM) a confirmé la poursuite du blocus des ports iraniens, indiquant que 38 navires ont été renvoyés vers les ports dans le cadre d’opérations de surveillance maritime et du renforcement de la sécurité dans les voies de navigation stratégiques.
Ce blocus constitue l’un des principaux outils de pression américains, tandis que Téhéran lie toute avancée dans les négociations à la levée des pressions.
Avertissements et escalade dans les dossiers pétrolier et nucléaire
Donald Trump a durci son ton en avertissant que le blocus maritime pourrait entraîner de graves dommages aux infrastructures pétrolières iraniennes, y compris la possibilité d’explosions sur les oléoducs dans les prochains jours en raison de l’interruption des exportations, selon CNN. Toutefois, des experts ont minimisé la précision de ces estimations, soulignant que la probabilité de telles explosions reste limitée.
Parallèlement, Washington s’attache à des conditions strictes à propos du dossier nucléaire, affirmant qu’il n’acceptera aucun accord ne garantissant l’empêchement de l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire, au milieu de désaccords persistants sur les niveaux d’enrichissement et les mécanismes de gestion du stock iranien.
Démarches diplomatiques iraniennes
Sur le plan politique, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, s’est rendu en Russie pour rencontrer le président Vladimir Poutine, selon le Kremlin, afin de coordonner les positions sur l’évolution de la guerre et le déroulement des négociations. Araghtchi a reconnu l’existence de désaccords internes concernant la satisfaction des exigences américaines, estimant que ces exigences « excessives » étaient à l’origine de l’échec des négociations.
Les marchés dans l’expectative
Sur le plan économique, l’attente se reflète sur les marchés mondiaux, avec une hausse des prix du pétrole et du Brent qui a atteint environ 106 dollars le baril, au milieu de craintes liées à une possible perturbation prolongée des approvisionnements via le détroit d’Ormuz.
L’or a également progressé, soutenu par le recul du dollar, tandis que les marchés attendent les résultats de la réunion à la Maison-Blanche pour définir les orientations de la prochaine phase.
W.H./R.B.