New York, (SANA) Des responsables de l’ONU ont mis en garde contre une dangereuse détérioration de la situation au Liban, dans un contexte d’escalade des opérations militaires entre Israël et les milices du Hezbollah, et d’élargissement du champ des affrontements de part et d’autre de la Ligne bleue et dans d’autres régions du Liban, et appelé toutes les parties à cesser les hostilités et à recourir aux voies diplomatiques.
Cité par le Centre de presse des Nations Unies, Khaled Khyari, Secrétaire général adjoint des Nations Unies pour le Moyen-Orient et l’Europe, a déclaré mardi lors d’une session du Conseil de sécurité consacrée au Liban : « La situation au Liban continue de se détériorer fortement dans le contexte de l’escalade régionale », expliquant que les deux camps ont considérablement étendu l’ampleur et l’intensité de leurs opérations militaires, où la Ligne bleue était le théâtre d’intenses échanges de tirs, parallèlement à des frappes militaires israéliennes sur diverses zones du Liban, et à l’incursion de ses forces au fond des territoire libanais.
Khayari a transmis le message du Secrétaire général de l’ONU lors de sa récente visite au Liban, dans lequel il a affirmé que « le peuple libanais n’a pas choisi cette guerre, mais y a été entraîné de force », et souligné qu’il n’y a pas de solution militaire à cette crise, et que la diplomatie, le dialogue et la pleine mise en œuvre de la Charte des Nations Unies et des résolutions du Conseil de sécurité sont les seuls moyens d’instaurer une paix durable pour tous.
Les Casques bleus ne devraient pas être une cible.
Pour sa part, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, a affirmé lors de son briefing au Conseil que les civils paient un lourd prix en raison de la poursuite des hostilités, tandis que la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a subi des pertes, dont les plus récentes sont la mort de trois Casques bleus et la blessure grave d’autres.
Le responsable de l’ONU a réaffirmé que les Casques bleus ne doivent jamais être pris pour cible et que toute action mettant leur vie en danger doit cesser immédiatement.
Tous les acteurs doivent également respecter leurs engagements afin d’assurer la sécurité des Casques bleus en toutes circonstances et de garantir l’inviolabilité des installations de l’ONU.
Lacroix a assuré que la FINUL continue de réévaluer son déploiement sur le terrain et de renforcer les mesures visant à protéger ses forces, tout en réduisant certaines activités opérationnelles afin de limiter les risques, et en soutenant l’acheminement de l’aide humanitaire aux personnes touchées.
Conséquences humanitaires plus graves au Liban
Le secrétaire général adjoint du Hezbollah, chargé des affaires humanitaires, Tom Fletcher, a déclaré au Conseil, par vidéoconférence depuis Beyrouth, qu’à son arrivée au Liban avant-hier, il avait constaté que « le sentiment d’anxiété et de tension avait atteint des niveaux qu’il n’avait jamais vus au cours de ses nombreuses années de travail au Liban », ajoutant : « Même à l’heure actuelle, on entend encore les frappes aériennes dans la banlieue sud de Beyrouth et le bourdonnement des drones dans les quartiers environnants. »
Il a souligné que le message qu’il avait reçu des communautés locales au Liban était douloureusement clair : elles « recherchent la sécurité et la dignité et veulent mettre fin à cette situation. »
Il a fait noter que depuis son dernier point de presse le 11 mars, les conséquences humanitaires de cette dernière escalade régionale se sont aggravées et sont devenues plus aiguës dans tout le Liban.
L.Arfi