Damas, (SANA) Les activités de la Semaine du patrimoine matériel, organisées à Damas par le ministère de la Culture , se sont poursuivies à travers une série de conférences, d’expositions artistiques et de spectacles patrimoniaux visant à mettre en valeur la mémoire de la ville et à faire la lumière sur ses particularités historiques et artistiques.
Les ruelles de la vieille ville de Damas… la mémoire d’une cité qui ne s’effacera jamais
Le chercheur en patrimoine Mazen Sattout a donné une conférence au Centre culturel arabe de Mezzeh, au cours de laquelle il a passé en revue les quartiers et ruelles les plus importants de la vieille ville de Damas, en se concentrant sur leur histoire et leurs noms populaires.
Sattott a commencé son exposé dans le quartier de Qaymariya, dont le nom est associé au prince ayyoubide Nasir al-Din al-Husayn al-Qaymari, puis il s’est déplacé dans le quartier de Bab Touma, connu pour la présence de l’église de Hanania, et dans le quartier de Bab Charqi, qui abrite les maisons damascènes traditionnelles avec leurs larges cours et leurs fenêtres en bois.
Il a également évoqué les quartiers de Chaghour et d’Al-Amara, avec leurs marchés diversifiés, ainsi que le quartier de Midan, l’un des plus anciens de Damas, avant de conclure en mentionnant AlSalihiya et Al-Muhajirine, fondés à la fin du XIXe siècle.
Sattott a cité un certain nombre de noms populaires amusants donnés aux ruelles, tels que : le ruel de songe, le quartier de la chatte, le quartier de Zott, le quartier des cris, soulignant qu’ils font partie intégrante de l’histoire orale de la ville.
Les couleurs du patrimoine syrien brillent au centre culturel de Midan
Le Centre culturel de Midan a également accueilli une exposition d’art de huit jeunes artistes femmes qui ont présenté 30 œuvres variant entre la peinture sur toile et sur bois et l’utilisation de peintures à l’huile, acryliques et pâtes, pour mettre en valeur des éléments du patrimoine syrien dans un style surélevé.
L’association la maison damascène, sous la supervision de Haitham Tabbakha, a également présenté un spectacle patrimonial de Arada Chamia en parallèle d’un défilé de costumes traditionnels Haurani, ce qui a donné à la soirée un caractère festif vibrant d’identité syrienne.
L’événement s’est conclu par la récitation d’un poème par le poète Bachar Qarsali, véhiculant des messages de fraternité et d’harmonie entre les Syriens.
« Damas, perle de l’Orient »…Une exposition d’art qui ravive la mémoire visuelle de la ville
Quant au Centre culturel arabe d’Abu Rummaneh, il a accueilli une exposition d’art intitulée « Damas, la perle de l’Orient » avec la participation des artistes visuels qui ont incarné dans leurs œuvres la beauté et l’antiquité de Damas.
Le président de l’Union des Beaux-Arts, Mohammad Subhi Al-Sayed Yahya, a expliqué que l’artiste syrien possède une profondeur visuelle et historique qu’il puise dans l’héritage du quartier populaire, et qu’il la présente à nouveau dans un nouveau langage artistique qui reflète la civilisation des ancêtres avec un esprit contemporain.
Pour sa part, l’artiste Nazir Baroudi a exprimé sa passion pour l’art et le patrimoine syriens, décrivant Damas comme « la ville de beauté et de l’histoire incomparables ».
Il a souligné avoir peint près de 800 toiles de la ville en 55 ans, représentant ses ruelles et son artisanat ancestral parfois méconnu, et a insisté sur l’importance de préserver ce patrimoine et de le transmettre aux générations futures.
La Semaine du patrimoine matériel, organisée par le ministère de la Culture, vise à mettre en valeur le patrimoine urbain, artistique et social des villes syriennes, en particulier Damas, l’une des plus anciennes villes habitées au monde, tout en sensibilisant à l’importance de la protection du patrimoine et en le rôle joué par les arts visuels et les conférences spécialisées dans la documentation de la mémoire urbaine de la ville.



L.Arfi



