Damas, (SANA) La meule en pierre, cet outil simple, qui a accompagné l’être humain depuis des millénaires, demeure présente dans certains villages syriens en dépit de la disparition progressive de la plupart des instruments traditionnels face à la modernité.
Malgré l’évolution des moyens de mouture, la meule en pierre reste un symbole du patrimoine rural et une mémoire vivante reflétant le passé et l’atmosphère des maisons antiques.
Un outil quotidien dans la vie de la femme rurale
La meule en pierre constituait autrefois un élément essentiel de chaque foyer. Les femmes l’utilisaient dès les premières heures du matin pour moudre le blé, l’orge, les lentilles ou le maïs. Elle se compose d’une paire de meules en basalte : la meule dormante (fixe en bas) et la meule volante (tournante au-dessus). Le grain est écrasé entre les deux pour libérer la farine.
En raison du poids de la grande meule en pierre, deux femmes collaboraient souvent pour la faire tourner

Ce travail partagé en faisait un espace d’échange, de chants populaires et de conversations qui allégeaient la pénibilité de la tâche.
Une technique simple avec de bonne efficacité
La meule en pierre peut fonctionner par force des mains, des animaux, du vent ou de l’eau, selon le type de moulin. La meule domestique manuelle était la plus répandue et se distinguait par sa capacité à moudre de petites quantités de grains avec précision, ce qui en faisait un outil indispensable pour la préparation du pain et des repas quotidiens.

Le bruit caractéristique de sa rotation, connu sous le nom de « ja‘ja‘a », est resté gravé dans la mémoire populaire comme un son associé au travail, à l’activité et à la simplicité de la vie rurale.
La meule en basalte : élément de l’identité culturelle et sociale de la femme rurale
La meule en basalte n’était pas seulement un outil de travail, mais un élément de l’identité culturelle et sociale de la femme rurale. Elle a été témoin des histoires, des confidences et de la patience des femmes qui passaient de longues heures à la faire tourner.
Avec l’apparition des meuneries modernes, l’usage de la meule en pierre a reculé, mais elle demeure présente dans certains villages syriens et figure aujourd’hui comme pièce patrimoniale dans les musées et les maisons antiques, rappelant les traditions des ancêtres et l’odeur du pain fait à la maison.
En dépit des avancées technologiques dans les outils de mouture, la meule en basalte continue de résister à l’oubli, conservant ainsi sa place dans la mémoire populaire et dans quelques maisons rurales. Elle n’est pas seulement deux pierres qui tournent, mais un héritage culturel racontant l’histoire de la femme rurale, de sa patience et du lien profond entre la société syrienne, la terre et le travail quotidien.
Rana Salloum / A.Ch.