Damas, (SANA) – Une fresque de dizaines de mètres s’étend sur un mur dans une rue de New York. Elle porte les noms de 18 457 enfants palestiniens tombés en martyr dans la bande de Gaza entre le 7 octobre 2023 et le 19 juillet 2025.
Cette œuvre artistique, intitulée “Le Mur des Larmes”, vise à mettre en lumière l’ampleur de cette tragédie.
La fresque, récemment dévoilée, est l’œuvre de l’artiste américain Phil Buhler. Elle s’appuie sur des données fournies par les autorités sanitaires de Gaza et présente les noms des enfants par ordre chronologique de décès.
Chaque nom est accompagné d’un portrait et d’une courte biographie retraçant certains aspects de la vie de l’enfant.
La fresque commence par la photo de Wissam Iyad Mohammed Abou Fseifis, âgé de 14 ans, et se termine par celle de Sabah Omar Saad al-Masri, âgée de 8 ans. Ce nombre n’inclut pas les victimes décédées après juillet 2025, date de la dernière mise à jour officielle de la base de données sanitaire de Gaza.
La fresque, qui mesure 15 mètres de long sur 3 mètres de large, est fabriquée en vinyle imperméable et recouverte d’une couche protectrice anti-UV. Elle a été créée en collaboration avec Radio Free Brooklyn.
L’art comme moyen d’humaniser les chiffres.
Buhler, 69 ans, décrit la fresque comme l’une de ses œuvres les plus émouvantes. Il a fait remarquer que les grands chiffres ont tendance souvent à déshumaniser les tragédies, citant la célèbre phrase attribuée à Staline : « Une mort est une tragédie ; un million de morts sont une statistique.»
Selon Buhler, la dévastation à Gaza illustre de façon dramatique ce phénomène.
L’artiste a déclaré que son intention était de remettre les visages et les noms sur le devant de la scène.
« Voir des milliers de noms sur le long de la rue permet aux passants de saisir concrètement l’ampleur de la perte et de compatir avec les familles qui ont perdu leurs enfants », a-t-il expliqué.
« De loin, la fresque peut être aperçue comme une œuvre abstraite, attirant ainsi le regard des passants. En s’approchant, ils découvrent les noms, les visages et, finalement, les histoires des enfants : des images d’anniversaires, de remises de diplômes et de réunions de famille, des moments brutalement interrompus par la violence. »
Un acte symbolique et un message humanitaire
L’inauguration a coïncidé avec le deuxième anniversaire du meurtre d’Hind Rajab, une fillette de cinq ans, avait succombé à ses blessures après qu’un char israélien aurait attaqué son véhicule, et a été entourée des corps de six membres de sa famille.
Le groupe de recherche Forensic Architecture a recensé 335 impacts de balles sur la voiture, confirmant l’ampleur de l’attaque.
Avec « Le Mur des Larmes », Buhler cherche à transformer des statistiques froides en visages, en histoires et en émotions qui permettent au public international de reconnaître la dimension humaine de la tragédie à Gaza.


Watfeh Salloum / W.H./ L.Arfi
