Al-Chaibani : Nous mettons fin à toute présence d’armes en dehors du cadre légal

Ankara, (SANA) Le ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés, Assaad Hassan Al-Chaibani, a annoncé une nouvelle étape dans les relations entre Damas et Ankara, fondée sur un partenariat institutionnel durable.

Lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue turc Hakan Fidan, Al-Chaibani a remercié son homologue turc pour son accueil chaleureux et a indiqué que les deux parties avaient convenu d’engager une transition vers un partenariat reposant sur « une structure institutionnelle solide » grâce à la création d’un haut mécanisme de coordination stratégique.

Selon lui, ce mécanisme permettra de transformer les convergences politiques entre les deux pays en programmes de travail clairs et en projets concrets, tout en préservant les acquis des relations bilatérales face aux évolutions de la région.

Il a précisé que cette démarche s’incarnera par la création d’un Haut Conseil de coordination chargé de traiter l’ensemble des dossiers communs dans différents domaines.

Le chef de la diplomatie syrienne a précisé que les dossiers économiques et commerciaux figuraient désormais au premier rang des priorités communes.

« Les discussions ont notamment porté sur la réactivation des accords économiques et commerciaux ainsi que sur l’étape récemment franchie entre les banques centrales des deux pays, qui constituent une base solide pour le développement des échanges économiques et financiers bilatéraux », a-t-il noté.

Al-Chaibani a souligné que Damas et Ankara partageaient la conviction que la stabilité sur le terrain et la lutte durable contre le terrorisme constituaient le fondement de leur partenariat.

Il a rappelé que Damas avait décidé d’étendre l’autorité de l’État en mettant fin à toute présence d’armes en dehors du cadre légal. Selon lui, cet objectif a été atteint grâce au dialogue et à un accord pacifique ayant permis l’unification des institutions.

« Une Syrie unie, exempte de terrorisme et de milices, constitue le meilleur rempart pour protéger nos frontières communes », a-t-il déclaré.

Le ministre a estimé que cette expérience syrienne constituait un modèle régional fondé sur le maintien des armes par les institutions de l’État. Il a ajouté que les deux pays étaient convenus de soutenir les efforts menés en Irak et au Liban afin de renforcer la souveraineté de leurs États et de placer les armes sous l’autorité des institutions nationales.

Abordant la situation sécuritaire, le ministre a indiqué que les efforts déployés pour consolider le calme dans le nord de la Syrie s’accompagnaient d’une action diplomatique visant à mettre fin aux agressions israéliennes répétées dans le sud du pays.

Il a réaffirmé la condamnation de toute atteinte au territoire et à la souveraineté syrienne, estimant que ces agressions auraient des répercussions négatives sur la stabilité de l’ensemble de la région.

À cette occasion, il a réitéré l’appel de la Syrie au retour à l’Accord de 1974 ainsi qu’au retrait jusqu’aux lignes antérieures au 8 décembre 2024.

Il a également appelé les pays frères, les pays amis et la communauté internationale à assumer leurs responsabilités afin de faire respecter le droit international et de préserver la stabilité en Syrie et dans la région.

Le ministre Al-Chaibani a indiqué que l’amélioration de la situation sécuritaire ouvrait désormais la voie au développement des transports et de l’intégration régionale.

Il a souligné la discussion entre les deux parties de l’accélération de l’activation du Comité des Quatre Mers ainsi que le projet stratégique de liaison ferroviaire réunissant la Syrie, la Turquie, le Royaume d’Arabie saoudite et la Jordanie.

Selon lui, ce projet renforcera le rôle de la Syrie en tant que pont géographique, économique et diplomatique au cœur de la région. Il a également annoncé la détermination commune de réactiver les comités techniques mixtes afin de gérer les ressources en eau au bénéfice des deux peuples.

Évoquant les développements régionaux, Al-Chaibani a fait savoir que la Syrie suivait avec attention les conséquences de la guerre et des affrontements entre les États-Unis et l’Iran.

Il a expliqué que la diplomatie syrienne visait avant tout à protéger les intérêts nationaux et à empêcher toute escalade vers un conflit ouvert.

« Nous condamnons fermement toute frappe ou agression visant les États frères du Golfe arabe », a-t-il affirmé, ajoutant que la sécurité des pays du Golfe constituait un pilier essentiel de la sécurité régionale.

Al-Chaibani a également appelé les États de la région à renforcer leur coordination sécuritaire, militaire et politique afin de protéger leurs intérêts communs et de mieux contrôler les frontières.

Le chef de la diplomatie syrienne a indiqué que la Syrie faisait face à des menaces provenant de milices armées opérant depuis les frontières des pays voisins et utilisant des armes en dehors du cadre de l’État.

Il a assuré que les institutions sécuritaires et militaires syriennes faisaient face à ces menaces avec fermeté et a annoncé un renforcement des capacités humaines et techniques sur l’ensemble des frontières, en coordination avec les pays voisins.

Il a abordé l’examen entre les deux parties du retour des Syriens dans leur patrie, considéré par Damas comme une priorité nationale majeure.

Le ministre Al-Chaibani a souligné que les personnes de retour représentaient « la principale force de reconstruction de la Syrie renouvelée ».

Il a ajouté que la réussite de ce retour nécessitait le développement des infrastructures essentielles, notamment les services publics, l’électricité, les écoles et le secteur de la santé. « Dans cette perspective, la Syrie et la Turquie entendent relier les projets de retour aux programmes de reprise rapide », a-t-il dit.

En conclusion, Al-Chaibani a affirmé que la longue frontière commune entre la Syrie et la Turquie continuerait d’être « un espace de commerce, de prospérité et de sécurité mutuelle » et demeurerait un pont entre les deux peuples et les deux pays.

A.Ch.

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