La Haye et New York (SANA) – La Cour pénale internationale et les Nations Unies ont exprimé leur rejet des récentes sanctions américaines imposées au président de la Cour et d’autres dirigeants, soulignant que ces mesures coercitives constituent une menace directe pour l’état de droit et entravent les efforts visant à rendre justice aux victimes.
La Cour pénale internationale a condamné dans un communiqué publié sur son site web officiel l’annonce par l’administration américaine de nouvelles sanctions contre la présidente de la Cour, la juge japonaise Tomoko Akane, et le procureur général, Abdullahi Seyi », ajoutant : « Ces sanctions porte atteinte à l’indépendance d’une institution judiciaire impartiale qui opère conformément au mandat qui lui a été confié par les États parties de diverses régions. »
La Cour a fait noter que, dans le cadre de ces sanctions, les États-Unis sanctionnent désormais neuf des dix-huit juges, deux procureurs adjoints, l’ancien procureur et un membre du personnel, avertissant que « lorsque des figures clés du domaine de la justice et de l’application de la loi sont menacées, le système juridique international lui-même est en danger, ce qui affecte la capacité des victimes à obtenir justice, car elles ne recourent aux tribunaux qu’après avoir épuisé toutes les autres voies de recours. »
La Cour a réaffirmé son ferme soutien à son personnel et aux victimes d’atrocités, ainsi que sa détermination à continuer d’exercer pleinement son mandat avec indépendance et impartialité, conformément au Statut de Rome, au service des intérêts des victimes de crimes internationaux et avec le soutien indéfectible des États parties, afin d’assurer la mise en œuvre effective et indépendante de son mandat.
Soutien international unifié à la Cour
Pour sa part, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a exprimé sa vive inquiétude concernant les nouvelles sanctions américaines contre les dirigeants de la CPI et les autres sanctions imposées au personnel de la Cour.
Le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, a déclaré : « Bien que l’Organisation des Nations Unies et la Cour pénale internationale soient des institutions distinctes dotées de mandats différents et séparés, nous avons affirmé à maintes reprises que l’Organisation des Nations Unies considère la Cour comme un pilier essentiel de la justice pénale internationale et que le Secrétaire général respecte grandement son travail. »
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a souligné la nécessité de lever les « nouvelles sanctions inacceptables » imposées par les États-Unis au président de la Cour pénale internationale et au procureur général.
Le Haut-Commissaire, Volker Türk, a réitéré son appel à tous les États pour qu’ils défendent « les institutions établies pour protéger les droits de l’homme et l’état de droit », et qu’ils protègent les fonctionnaires de la Cour visés par de tels « actes répréhensibles ».
L.a.