Damas,(SANA) Dans la plaine d’al‑Ghab, où la géographie est façonnée par le rythme de l’eau et de la fertilité, la ville de Qastoun se distingue comme bien plus qu’un simple centre de population, sa topographie recelant un récit qui s’étend des temps préchrétiens à nos jours.
Le village se situe sur la rive orientale du fleuve Oronte, à environ 80 kilomètres au nord-ouest de Hama et 35 kilomètres au sud-ouest d’Idleb, ce qui lui donne une position stratégique au cœur de l’un des environnements agricoles les plus riches de Syrie.
Des racines profondément ancrées dans les civilisations
Les études archéologiques indiquent que Qastoun est l’un des plus anciens sites habités de la plaine d’al-Ghab, comme en témoigne sa grande colline renfermant des couches culturelles allant de l’âge de pierre aux périodes plus récentes. Les textes historiques révèlent également que le village était connu à l’âge du fer sous les noms de « Qatoun » ou « Qatan », et qu’il est mentionné dans des textes assyriens découverts à Kültepe en Anatolie, ce qui montre son intégration précoce dans de vastes réseaux civilisationnels du Proche-Orient ancien.
Qastoun dans le patrimoine
Les sources patrimoniales montrent que Qastoun avait une importance notable. Yaqut al-Hamawi la décrit comme une forteresse dans la région d’al-Rouj, relevant d’Alep, ce qui souligne son rôle défensif et administratif à l’époque ayyoubide.
Au dictionnaire la Langue des Arabes (Lisan al-Arab), Ibn Manzur associe son nom au mot « qist », qui désigne une mesure pour les liquides. Cette interprétation linguistique pourrait suggérer une activité économique ancienne, même si elle reste sujette à interprétation.

L’eau et la pierre… traits de vie
Les vestiges de Qastoun révèlent l’entrelacement du passé et de la nature : la tour des pigeons et la maison ottomane témoignent de la continuité de l’habitat à travers les âges, tandis que la source de Charrouf et le fleuve qui traverse le village indiquent l’ancienneté de l’usage et de la gestion de l’eau.
La route pavée, les canaux traditionnels et le tunnel hydraulique, que l’on suppose relier le mont Zawiya au village, illustrent l’évolution des techniques de gestion de l’eau et la constance du lien entre l’homme et sa terre.
Qastoun représente un modèle des villages d’al-Ghab, où l’histoire rejoint la vie quotidienne, et où la terre, avec ses vestiges et ses ressources, témoigne de la continuité du lieu et de ses potentialités encore inexploitées.







Ib.I./ R.F.