Damas, (SANA) Perché à près de 2 000 mètres d’altitude, au centre des montagnes du Qalamoun est, le monastère des Chérubins (Mar Sharoubine) se dresse comme l’un des plus anciens et des plus hauts monastères de Syrie et du Proche-Orient.
Situé à proximité de la ville de Saydnaya, dans la banlieue de Damas, ce monastère syriaque orthodoxe constitue bien plus qu’un lieu de culte : il est un témoin majeur de l’histoire religieuse, culturelle et humaine de la région.
Un site entre ciel et roche
À environ sept à huit kilomètres de Saydnaya, le monastère domine un paysage montagneux escarpé, offrant une vue panoramique saisissante sur les plaines et les reliefs environnants. Ce cadre naturel, à la fois austère et majestueux, a de tout temps attiré moines et ermites en quête de solitude, de recueillement et de proximité spirituelle avec le divin.
Une appellation chargée de symboles
Le nom « Chérubins » puise ses racines dans l’araméen, langue liturgique ancienne de la région. Il désigne les plus hautes hiérarchies angéliques — chérubins et séraphins — considérées, dans la tradition chrétienne, comme les êtres célestes les plus proches du trône de Dieu. Cette dénomination confère au monastère une dimension théologique forte, soulignant sa vocation spirituelle et sa symbolique de l’élévation.

Des origines antiques
Selon les sources ecclésiastiques, les origines du monastère remonteraient au IIIᵉ siècle de notre ère, ce qui en ferait l’un des plus anciens établissements monastiques de Syrie. D’autres traditions situent sa fondation ou son développement majeur à l’époque de l’empereur byzantin Justinien, au VIᵉ siècle, période marquée par un essor important de l’architecture religieuse en Orient.
Au fil des siècles, le monastère a subi les effets du temps et des bouleversements historiques, avant de connaître une vaste campagne de restauration et de reconstruction en 1982, lui redonnant son rôle spirituel et patrimonial.
La plus grande statue du Christ au Moyen-Orient
L’un des éléments les plus emblématiques du site est sans conteste l’imposante statue en bronze du Christ, érigée au sommet de la montagne. Baptisée « Je suis venu pour sauver le monde », elle est considérée comme la plus grande représentation du Christ au Moyen-Orient.

Au-delà de sa dimension artistique et monumentale, la statue est devenue un symbole spirituel et humaniste, incarnant un message universel de salut, de paix et d’espérance, attirant pèlerins et visiteurs de toutes confessions.
Un patrimoine architectural et archéologique
Le monastère comprend une église, des bâtiments destinés aux moines et aux pèlerins, ainsi que des galeries et structures en pierre intégrées au relief naturel.
Un lieu de foi et de contemplation
Aujourd’hui, le monastère des Chérubins demeure un important lieu de pèlerinage pour la communauté syriaque orthodoxe, tout en constituant une destination culturelle et touristique de premier plan. Son silence profond, sa situation isolée et la beauté de son environnement offrent aux visiteurs une expérience singulière, à la croisée de la méditation, de l’histoire et de la nature.
Plus qu’un simple monument religieux, le monastère des Chérubins incarne une mémoire vivante de la Syrie, reflet de sa diversité spirituelle et de la profondeur de son héritage historique. Entre ciel et montagne, il continue de veiller, immobile et majestueux, comme un symbole de foi, de résilience et de continuité au cœur du paysage syrien.
André Chatta