Alep, (SANA) – Alep, l’une des dix plus anciennes villes habitées au monde, dont les racines remontent au VIe millénaire avant J.-C., a connu d’innombrables transformations politiques, crises économiques et conflits armés. Au fil des siècles, ces épreuves n’ont fait que forger l’identité de la ville et la force de ses habitants.
Échos des défis antiques
Dès ses origines, Alep s’est trouvée au carrefour des civilisations et au cœur des conflits entre grandes puissances. En 962, les Byzantins s’emparèrent de la ville après un siège de sept jours, marquant un revers majeur pour les dirigeants locaux. Cependant, Alep retrouva rapidement sa position stratégique au début de la période islamique.
Entre 994 et 995, les Fatimides assiégèrent de nouveau la ville lors de leur conflit avec les Omeyyades, provoquant famines et épidémies qui décimèrent la population. Le retrait des forces d’assaut, suite à l’intervention byzantine, permit à la ville de retrouver une certaine normalité.
Au XIIIe siècle, Alep subit un siège mongol. La citadelle résista d’abord avant de finalement succomber, démontrant ainsi la résilience d’Alep face aux envahisseurs apparemment invincibles.
Siècles modernes et crises contemporaines
Sous la domination ottomane et durant les périodes suivantes, Alep conserva son importance en tant que centre commercial et économique. Au XXe siècle, la ville connut d’importantes tensions sociales, telles que les émeutes contre la communauté juive en décembre 1947, qui firent environ 75 morts et entraînèrent l’exil de milliers de membres de cette communauté.
La révolution syrienne (2011-présent)
Avec le déclenchement de la révolution syrienne en 2011, Alep est redevenue l’épicentre du conflit. Avant la crise, la ville comptait environ 4,5 millions d’habitants et bénéficiait d’un développement économique et industriel important.
Les bombardements par le régime déchu ont détruit une grande partie des infrastructures historiques et économiques d’Alep, notamment la vieille ville, qui abritait des milliers de boutiques et de souks. Entre 2012 et 2016, d’intenses combats et un siège prolongé ont ravagé de vastes zones de la ville.
Dans les années qui ont suivi, la reprise des combats a déplacé des dizaines de milliers de personnes à l’intérieur et à l’extérieur du gouvernorat. Plus de 140 000 personnes déplacées internes ont été recensées pour la seule année 2016.
La résilience d’Alep
Malgré ces événements dévastateurs, Alep a fait preuve d’une remarquable capacité de résilience. Les habitants retournés chez eux commencent à reconstruire leurs maisons avec les ressources disponibles, tandis que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a alloué 1,3 milliard de dollars à ce projet.
La vieille ville et la citadelle montrent des signes de renaissance grâce aux projets de restauration soutenus par des institutions culturelles internationales. Les souks, en particulier, retrouvent peu à peu leur dynamisme et leur animation, symbolisant la renaissance de la ville.
Alep, forte d’une histoire millénaire, témoigne non seulement des ravages de la guerre, mais aussi de la résilience et de la capacité de se relever. Ses marchés animés, ses ruelles étroites et son architecture séculaire racontent l’histoire d’une civilisation qui refuse de disparaître. Aujourd’hui, ses habitants reconstruisent leur avenir sur les ruines, puisant leur inspiration dans des siècles de résistance et de savoir, et se souvenant que la véritable force d’une ville réside dans son peuple et sa capacité à surmonter l’adversité.
WS/RB