Damas, (SANA) – Depuis le déclenchement de la révolution syrienne en 2011, la femme syrienne s’est imposée comme l’un des piliers essentiels du mouvement populaire et comme une actrice centrale de la lutte contre le régime de répression et de tyrannie.
Elle n’a pas été un simple témoin des événements, mais une participante active sur le terrain : présente dans les manifestations, engagée dans l’action humanitaire, médicale et médiatique, et payant un lourd tribut en liberté, en sécurité et en stabilité familiale.
Un rôle crucial dans la révolution et le tissu social
Dès les premiers jours de la révolution, les femmes syriennes ont participé à l’organisation des manifestations pacifiques, brandissant des slogans appelant à la liberté et à la dignité, défiant une machine répressive qui ne faisait aucune distinction entre hommes et femmes.
Elles ont également joué un rôle clé dans l’authentification des violations, la transmission de la vérité au monde à travers les médias alternatifs, ainsi que dans les secours aux blessés, l’accueil des déplacés et le soutien aux familles des détenus et des disparus.
Les prisons… le visage le plus cruel de la souffrance
Des milliers de femmes ont payé le prix de leurs positions par l’arrestation et la détention dans les prisons du régime déchu, où elles ont subi les formes les plus atroces de torture physique et psychologique, en violation flagrante de toutes les lois et normes humanitaires.
À la prison de Saydnaya et dans d’autres centres de détention, les prisonnières ont enduré une torture systématique, le refus de soins médicaux, la malnutrition, l’isolement forcé, ainsi que des humiliations permanentes visant à briser leur dignité humaine.
De nombreuses d’entre elles sont sorties de prison avec des corps épuisés et des âmes lourdement marquées par la douleur, tandis que le sort de milliers d’autres femmes demeure inconnu à ce jour, dans le cadre de la politique d’enlèvement et de disparition forcée pratiquée par du régime déchu.
La perte… une blessure qui ne guérit pas
La souffrance de la femme syrienne ne s’est pas limitée à la prison ; elle s’est prolongée à travers la perte de fils, de frères et d’époux.
Des mères ont perdu leurs enfants sous la torture, tandis que d’autres attendent encore des nouvelles du sort de leurs fils victimes de disparition forcée.
Cette perte a transformé la vie de nombreuses femmes en une attente permanente et une douleur silencieuse, accompagnées d’un sentiment d’impuissance et d’oppression.
Après la libération… le choc de la vérité
Avec la révélation progressive de certaines vérités après la libération de plusieurs régions, des femmes syriennes ont été confrontées à un choc douloureux en apprenant le martyre de leurs fils, leur mort sous la torture ou la confirmation de leur disparition définitive.
La femme syrienne, symbole de lutte et d’espoir
La femme syrienne demeure un symbole de résilience et de combat, une mémoire vivante de la révolution et de ses sacrifices.
En dépit de la répression, la prison et la perte, sa volonté n’a pas été brisée, et elle n’a jamais renoncé à son rôle dans la construction de la société et dans la quête de justice.
Reconnaître les sacrifices de la femme syrienne, défendre ses droits et l’impliquer dans l’avenir de la Syrie n’est pas seulement un devoir moral, mais une condition essentielle pour bâtir une patrie libre et juste, à la hauteur des sacrifices de ses filles et de ses fils.
La femme syrienne n’a jamais été marginale dans l’histoire de la révolution ; elle en a été et demeure le cœur battant, le visage de la dignité, le témoin de la souffrance et la porteuse de l’espoir.
André Chatta