Damas, (SANA) Une enquête publiée par le journal « Al-Mawqif Al-Riadi» a révélé que le Stade des Abbassides à Damas, initialement conçu pour accueillir des rencontres sportives et des événements nationaux et internationaux, a été transformé en site militaire et sécuritaire durant la révolution syrienne.
« Le Stade du dictateur », cette enquête met en lumière des documents et des archives découverts à l’intérieur de l’installation sportive, notamment des ordres de mission et des bordereaux de livraison d’armes appartenant à différentes entités militaires et sécuritaires affiliées au régime déchu.
L’enquête retrace la militarisation du stade en s’appuyant sur des documents et les témoignages de personnes ayant assisté à cette transformation et à ses conséquences sur les infrastructures et la vocation sportive du site.
Des documents militaires et sécuritaires découverts dans l’installation sportive
Le directeur du stade des Abbassidesde, Iyad Sultan,a décrit en détail la transformation de l’installation en caserne militaire. Selon lui, cette militarisation a commencé dès 2011, lorsque l’administration a été informée du changement d’affectation du site. Des unités militaires ont alors investi les lieux avec leurs équipements et leurs chars, tandis que l’accès du personnel était soumis à des restrictions et à une surveillance étroite.
D’après M. Sultan, la présence militaire ne se limitait pas à l’enceinte du stade, mais s’étendait à ses plusieurs départements. Des positions de mortiers et des barricades y ont été aménagées, tandis que les bâtiments et les salles initialement destinés aux sportifs ont été réquisitionnés à des fins militaires.
Parmi les découvertes les plus importantes figure un ensemble de documents et d’archives retrouvés à l’intérieur du stade, notamment des bons de livraison d’armes et des ordres de mission émanant de plusieurs entités militaires et sécuritaires, dont la Garde républicaine, la 4e division, le renseignement de l’armée de l’air et le Bureau de la sécurité nationale.
Témoignages sur l’utilisation militaire du stade et les bombardements
Le vice-ministre de la Jeunesse et des Sports, Jamal al-Sharif, a affirmé que la régime déchu avait détourné le stade de sa vocation sportive pour en faire un centre militaire et une plateforme de lancement de bombardements contre les quartiers voisins, notamment celui de Jobar.
Il a souligné que les dommages subis par le Stade des Abbassides
ne se limitaient pas aux destructions matérielles mais avaient également touché la fonction d’une infrastructure civile porteuse pour les Syriens d’une forte valeur symbolique, tant sur le plan sportif que social.
Les conséquences de la militarisation sur les salles et les installations sportives
Le témoignage du directeur du stade met également en évidence les conséquences de cette utilisation militaire sur les infrastructures sportives. Les salles consacrées au judo, au karaté et à la boxe, qui accueillaient auparavant les équipes de Damas et de nombreux athlètes, ont été détruites.
M. Sultan a également indiqué que des traces de la présence militaire avaient été découvertes dans plusieurs installations, notamment un nœud coulant, des traces de sang sur les murs ainsi que des documents à caractère militaire.
Militarisation des infrastructures civiles et violations des droits humains
le directeur du Réseau syrien pour les droits de l’homme, Fadel Abdul Ghani, a estimé que la transformation du stade d’une installation sportive civile en caserne militaire a profondément altéré sa vocation première et sa portée symbolique.
Les conséquences de cette militarisation ne se sont pas limitées aux dégâts matériels mais elles ont également affecté les populations civiles des quartiers environnants, dont certains habitants ont été contraints de fuir leurs domiciles à la suite de l’installation d’activités militaires dans le stade.
Et Abdul Ghani de poursuivre : Le Réseau avait documenté plusieurs violations des droits de l’homme commises contre des sportifs opposés au régime déchu, notamment des arrestations, des actes de torture et des exécutions extrajudiciaires.

Rkh/R.B.