Idleb, (SANA) Les habitants de la localité de Hass, dans la banlieue sud d’Idleb, ont commémoré ce lundi le dixième anniversaire du massacre « des crayons », perpétré en 2016 par l’aviation du régime déchu contre les élèves du lycée de la localité, faisant des dizaines de morts parmi les enfants.
La cérémonie commémorative, organisée par le conseil de municipalité dans le bâtiment même de l’école où s’était produit le massacre, s’est déroulée en présence de représentants de la société civile, de responsables officiels et de personnalités du secteur éducatif.
L’événement a ravivé le souvenir de cette tragédie, au cours de laquelle les bancs de classe et les cahiers des élèves s’étaient retrouvés au milieu du sang et de la désolation.
Les participants ont réitéré leur appel à traduire les responsables en justice et à rendre justice aux victimes. Les familles des victimes et les survivants ont souligné que ce massacre avait profondément marqué les habitants de la localité et demeurait gravé dans leur mémoire collective.
Préserver la mémoire des victimes et réclamer justice
Dans une déclaration à SANA, l’écrivain et chercheur, Dr Abdel Moneim Zein Eddine, a indiqué que le massacre avait fait des dizaines de martyrs et plus de 130 blessés, dont un grand nombre avaient subi des amputations.
Il a précisé que cette commémoration visait à préserver la mémoire nationale, à authentifier les événements du massacre et à en transmettre le souvenir aux générations futures, tout en réaffirmant la nécessité de traduire en justice ses auteurs ainsi que les responsables des autres crimes commis contre les Syriens.
Insistant sur le droit des victimes à obtenir justice, Zein Eddine a déclaré : « Nous ne pouvons pas oublier et nous ne pouvons pas pardonner tant que nous n’aurons pas vu les responsables recevoir un châtiment juste ».
La commémoration rappelle la détermination des habitants à poursuivre l’enseignement malgré la tragédie
De son côté, le chef du service de supervision et d’orientation du complexe de Kafranbel, Jamal Al-Darwich, a souligné dans une déclaration similaire que cette commémoration rappelait la détermination des habitants de Hass à reprendre l’enseignement malgré les destructions.
Il a précisé que les enseignants avaient repris leurs activités quelques jours seulement après le massacre, dans les écoles, les mosquées et les sous-sols, permettant ainsi aux établissements éducatifs de poursuivre leur mission et de former des médecins, des ingénieurs et des enseignants, malgré les blessures laissées par la tragédie.
Pour sa part, Khaled Zaydan, témoin du massacre, a raconté que les habitants de la localité avaient rapidement constitué, après l’attaque, une cellule de crise composée de comités chargés de l’information, de la santé, des statistiques et de l’éducation, afin d’authentifier les faits et d’assurer le suivi de la situation des victimes et des blessés.
Il a évoqué les efforts déployés jour et nuit pour faire face aux conséquences du massacre
Zaydan a également salué le courage d’une enseignante qui avait repris ses cours quatre jours seulement après le drame, malgré la perte de sa fille. Il a aussi rendu hommage au médecin Khaled Al-Daïf, qui avait continué à apporter un soutien psychologique aux personnes touchées, bien qu’il ait lui-même perdu un être cher.
Il convient de rappeler que, le 26 octobre 2016, l’aviation du régime déchu avait bombardé le complexe scolaire du martyr Kamal Qalaaji, dans la localité de Hass, au sud d’Idleb, tuant 38 civils, dont 22 enfants et six enseignantes, et blessant plus de 130 autres personnes.
Ce massacre figure parmi les attaques les plus meurtrières commises contre les civils et a été authentifié par des organisations internationales de défense des droits de l’homme comme constituant un crime de guerre.
A.Ch.