Banlieue de Damas, (SANA) La directrice générale de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), Sabrina Dallafior, a visité ce mercredi le cimetière des martyrs de Zamalka, dans la banlieue de Damas, où elle a rencontré des familles de victimes et des survivants de l’attaque chimique perpétrée par le régime déchu en 2013.
Elle a écouté leurs témoignages sur les événements qu’ils ont vécus lors de cette attaque. Elle était accompagnée du représentant permanent de la Syrie auprès de l’OIAC, Mohammad Katoub.
Une nouvelle approche au sein de l’OIAC
Dans une déclaration à SANA, Mohammad Katoub a souligné l’importance de cette visite, estimant qu’elle témoignait d’une nouvelle approche de l’OIAC, qui place désormais les victimes au cœur du traitement de l’héritage chimique laissé par le régime déchu, au-delà des seules questions de sécurité et de gestion des restes d’armes chimiques.
Il a insisté sur le fait que les victimes devaient toujours constituer le point de référence et guider toute action entreprise dans ce dossier.
Katoub a précisé que les victimes avaient exprimé, lors de leur rencontre avec la directrice générale, l’espoir qu’elle transmette leurs voix à la communauté internationale afin que celle-ci assume ses responsabilités et œuvre à faire rendre des comptes aux responsables des crimes commis sous le régime déchu.
Il a également souligné l’importance de cette rencontre, alors que Dallafior dirigera pendant les quatre prochaines années l’organisation, qui compte 193 États membres.
Une première rencontre avec les victimes en Syrie
Évoquant cette visite, intervenue seulement deux mois après sa prise de fonctions, Katoub a expliqué qu’il ne s’agissait pas de la première visite d’un directeur général de l’OIAC en Syrie, mais de la première rencontre d’un responsable à ce niveau avec les victimes, ce qui lui confère une portée symbolique particulièrement importante.
Il a ajouté que cette rencontre pourrait faire évoluer la manière dont l’organisation aborde ce dossier et se traduire par de nouvelles mesures de soutien aux victimes. Ces dernières ont clairement exprimé la nécessité pour l’OIAC de revoir ses mécanismes et d’élargir ses activités dans ce domaine.
« En tant que gouvernement syrien, nous accordons une grande importance à cette visite symbolique, qui témoigne d’une nouvelle approche de l’organisation à l’égard du dossier syrien, désormais axée sur la justice, la responsabilisation et la réparation pour les victimes », a déclaré Katoub.
Les prochaines étapes de l’action de l’OIAC
Concernant les prochaines étapes de l’action de l’OIAC après cette visite en Syrie, Katoub a indiqué que le processus serait long et que plusieurs questions avaient été abordées lors des rencontres entre les représentants de l’organisation et les ministres syriens.
Les discussions ont notamment porté sur les moyens de soutenir les mécanismes nationaux de responsabilisation et les poursuites contre les personnes impliquées, ainsi que sur l’établissement d’un calendrier précis pour l’élimination des restes d’armes chimiques et le partage d’informations.
Le 9 juillet dernier, le Conseil exécutif de l’OIAC avait adopté par consensus un projet de décision visant à rétablir les droits et privilèges de la République arabe syrienne au titre de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, une démarche témoignant d’un large soutien à la Syrie et à ses efforts pour traiter l’héritage du programme chimique du régime déchu.



a.h/ mch