Washington, (SANA) Un jury fédéral du tribunal d’Alexandria, en Virginie (États-Unis), a rendu un verdict condamnant un individu lié au régime déchu pour gestion d’un réseau transfrontalier de trafic de drogue, complot en vue de fournir un soutien matériel à une organisation terroriste, et blanchiment d’argent à l’échelle internationale.
Selon un communiqué publié sur le site du ministère américain de la Justice : « D’après les dossiers du tribunal et les preuves présentées au procès, Antoine Kassis, âgé de 59 ans, détenteur des nationalités syrienne et libanaise, trafiquant de drogue résidant au Liban, a exploité son influence étendue au sein du gouvernement syrien sous le régime Assad pour faire passer de la cocaïne et des armes, et blanchir les revenus du trafic de drogue via un réseau criminel partenaire en Colombie ».
Au cours du procès, Kassis, qui s’est présenté comme un proche parent de Bachar al‑Assad, a reconnu qu’à partir d’avril 2024, il avait convenu avec ses partenaires basés en Colombie et au Mexique de fournir au « Armée de libération nationale colombienne » (ELN), classée par le département du Trésor américain comme « organisation terroriste internationale », des armes militaires détournées du régime Assad en Syrie, en échange de centaines de kilogrammes de cocaïne.
Kassis a reconnu qu’il travaillait directement avec Maher al‑Assad, « frère du président déchu Bachar al‑Assad », ainsi qu’avec d’autres hauts responsables militaires du régime déchu pour conclure l’accord.
Les rapports indiquent que Kassis avait versé au régime 10 000 dollars américains pour chaque kilogramme de cocaïne importé via le port de Lattaquié. D’autres preuves présentées au procès ont également montré que le régime Assad percevait des revenus en imposant une taxe sur les substances illicites transitant par son territoire aux points de contrôle, en plus de fabriquer et distribuer le captagon, une substance classée de catégorie I.
Selon les dossiers du procès, Kassis s’est rendu du Liban au Kenya pour rencontrer un spécialiste en armement de l’ELN et signer un contrat d’importation d’un conteneur expédié de Colombie, rempli de fruits dissimulant 500 kilogrammes de cocaïne à destination du port de Lattaquié. Kassis était chargé de superviser la distribution de la cocaïne au Moyen‑Orient, tandis que ses partenaires criminels se chargeaient du blanchiment d’argent pour son compte.
Kassis encourt une peine minimale obligatoire de 20 ans de prison pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité lors de son prononcé de peine prévu le 2 juillet prochain. Le juge fédéral du tribunal de district fixera la peine après examen des lignes directrices américaines en matière de sanctions et d’autres facteurs juridiques.
Le démantèlement de ce réseau criminel, ainsi que l’arrestation et la condamnation de Kassis, ont été rendus possibles grâce à un effort conjoint de l’unité d’enquêtes binationales du département des opérations spéciales de la DEA, qui a mené l’enquête avec l’appui de ses bureaux à Bogota, Carthagène, Accra, Rabat, Nairobi, Amman, Istanbul, Panama City, Mexico et Madrid.
Organisation syrienne d’urgence : Aucun refuge sûr pour ceux impliqués dans le financement des violations
L’Organisation syrienne d’urgence a déclaré sur la plateforme X, dans un commentaire intitulé « La chute de l’homme de l’ombre du régime Assad » : que la condamnation d’Antoine Kassis aux États‑Unis révèle un réseau transcontinental de drogue et d’armes lié au régime Assad, après des efforts intensifs menés par l’Organisation syrienne d’urgence et l’organisation Surat pour faire avancer le processus de justice. La justice se poursuit, et il n’y a aucun refuge sûr pour ceux qui se sont impliqués dans le financement des violations contre le peuple syrien.
Pour sa part, Cristina Albertin, représentante régionale de l’ONUDC, a déclaré que la Syrie avait déployé, depuis sa libération, de grands efforts pour réduire la production de drogues, en particulier les drogues synthétiques comme le captagon, ainsi que pour lutter contre leur trafic.
M.Ch.