Damas, (SANA) La comparution de l’accusé Atef Najib devant la justice, dans le cadre du premier procès public visant l’une des figures les plus en vue du régime déchu, constitue une étape déterminante du processus de justice transitionnelle en Syrie. Son nom reste associé, depuis de longues années, à une période marquée par la répression et de graves violations.
Le nom de Najib s’est imposé dès les débuts de la révolution syrienne, alors qu’il dirigeait la branche de la Sécurité politique à Daraa, gouvernorat d’où est partie l’étincelle de la révolution.
La torture des enfants de Daraa
Son nom est associé à l’arrestation et à la torture d’un groupe d’enfants qui avaient écrit des slogans hostiles au régime déchu sur les murs. Ces enfants ont même été soumis à des actes de torture, comme l’arrachage de leurs ongles. Cet incident a provoqué une grande colère chez la population et a contribué à intensifier les manifestations contre le régime déchu.
Najiib, supervisait directement les opérations d’arrestation et de torture. Il a donné des ordres pour que les manifestants soient traités avec violence. Cela a entraîné des victimes et des blessés. Ces violations font partie d’un ensemble plus large de violations graves commises contre des civils durant cette période.
La répression des protestations dès leurs premiers instants
Najib appartient à une famille étroitement liée au cercle restreint du pouvoir du régime déchu, ce qui lui a permis d’accéder à des postes sécuritaires sensibles. Cette proximité familiale avec le chef du régime lui conférait une influence considérable au sein des services de sécurité, où la loyauté personnelle déterminait l’attribution des fonctions et la gestion des dossiers.
Cette influence a fait de lui l’un des responsables sécuritaires les plus puissants du sud syrien, où il a joué un rôle central dans la répression des premières manifestations, associant durablement son nom à une période charnière de l’histoire du pays.
Son arrestation et le déroulement de l’enquête
Après la libération et la chute du régime déchu, le gouvernement syrien a entamé la poursuite des responsables d’exactions. En janvier 2025, les forces de sécurité intérieure ont arrêté Najib lors d’une vaste opération visant les derniers éléments du régime déchu. Il a ensuite été soumis à une enquête approfondie incluant les témoignages de victimes et de leurs familles, ainsi que des documents sécuritaires saisis après la chute du régime.
À l’issue de l’enquête, Najib a été déféré devant la juridiction compétente pour répondre à une série d’accusations, notamment d’homicide, de mauvais traitements et de supervision d’abus généralisés contre des civils.
Un jalon du processus de justice transitionnelle
Ce procès, premier du genre visant un haut responsable sécuritaire du régime déchu, revêt une importance particulière tant sur le plan juridique que symbolique. Il marque le début concret d’un processus de justice transitionnelle visant à établir la vérité, tenir les personnes impliquées responsables et rendre justice aux victimes.
Cette procédure offre également aux familles des victimes l’occasion de présenter leurs témoignages devant la justice, une étape qui s’inscrit dans une démarche plus large visant à consacrer le principe de non impunité.
Ce procès s’inscrit dans une vision plus globale par laquelle l’État entend instaurer un système judiciaire garantissant la non répétition des violations subies par les Syriens. Cette démarche comprend la poursuite des responsables, l’indemnisation des victimes et la documentation des événements qui ont marqué des étapes essentielles de l’histoire du pays.
R.Kh/ M.Ch.