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Agence Arabe Syrienne de Presse (SANA) > Dernières nouvelles > Syrie > Les témoignages sur le massacre d’Al-Joura et Al-Qoussour suivent la voie judiciaire

Les témoignages sur le massacre d’Al-Joura et Al-Qoussour suivent la voie judiciaire

Publié: 2026/09/29 7:37 PM
Mis à jour: 2026/09/29 7:37 PM
Les temoignages sur le massacre dAl Joura et Al Qoussour suivent la voie judiciaire Agence Arabe Syrienne de Presse (SANA)
Les témoignages sur le massacre d’Al-Joura et Al-Qoussour suivent la voie judiciaire

Deir Ezzor, (SANA) Un matin de septembre 2012, Zahra Mahmoud Al-Hosni s’est réveillée au grondement des moteurs de chars dans le quartier d’Al-Joura, à Deir Ezzor, dans le nord-est de la Syrie. Elle a rapidement compris que les forces du régime d’Assad avaient pris d’assaut le quartier.

Au milieu du sifflement des balles et du fracas des bombardements, la femme et sa famille ont été contraintes de rester chez elles. Elle était alors loin d’imaginer qu’elle perdrait, ce jour-là, cinq membres de sa famille.

Zahra a raconté à SANA qu’un proche a informé la famille, dans l’après-midi, que plusieurs de ses membres avaient été tués. Elle s’est alors rendue de son domicile à la maison familiale.

À l’entrée, des membres des forces du régime déchu l’ont empêchée d’entrer et leur ont annoncé que trois personnes avaient été tuées dans la maison.

Dans la soirée, selon Zahra, la famille a été autorisée à entrer. Elle y a découvert la femme de son père, Safiya Al-Dahouch, le mari de sa sœur, Bassam Al-Zarqa, ainsi que le fils de sa sœur, Majed Al-Zarqa, âgé de 12 ans, tués par balles à la tête.

Le lendemain, Zahra a appris la mort de Hammoud Al-Mirbed, 16 ans, neveu de son mari, dont le corps avait été retrouvé dans la rue Al-Wadi. Plus tard, elle a reçu la nouvelle de la mort de son mari, Hassan Al-Mirbed.

Cinq membres de sa famille avaient été tués en l’espace de quelques jours.

Zahra a affirmé n’avoir jamais vu la dépouille de son mari et n’avoir, jusqu’à aujourd’hui, pu retrouver sa tombe.

Trois jours de bombardements et d’assaut

La ville de Deir Ezzor se trouve sur les rives de l’Euphrate, à environ 450 kilomètres au nord-est de la capitale Damas. Elle figurait parmi les principales villes ayant connu, dès 2011, des manifestations contre le régime déchu.

À mesure que les manifestations se transformaient progressivement en confrontation armée, de vastes quartiers de la ville ont échappé au contrôle du régime au cours de l’année 2012, tandis que les quartiers d’Al-Joura et d’Al-Qoussour, dans la partie ouest de la ville, sont restés sous son contrôle.

Les deux quartiers étaient entourés de positions militaires et de services de renseignement, ce qui leur conférait une importance considérable.

Des documents émanant d’organisations de défense des droits humains indiquent que les forces du régime déchu se sont attachées à conserver le contrôle de ces deux quartiers en dépit de la perte d’autres zones de la ville et de sa banlieue.

Le 25 septembre 2012, les forces du régime déchu ont lancé une opération militaire dans la région. Selon le site « Syrian Memory », une archive numérique spécialisée basée au Qatar, plusieurs unités militaires ont participé à l’assaut, notamment la 105e brigade d’élite de la Garde républicaine, après des bombardements ayant frappé le quartier.

Les opérations militaires se sont poursuivies pendant trois jours. Des témoignages et des rapports d’organisations de défense des droits humains ont fait état d’exécutions sommaires, de meurtres par armes à feu et armes blanches, de corps et de maisons incendiés, ainsi que d’arrestations et de perquisition de domiciles.

Zahra a affirmé avoir observé depuis le balcon de sa maison une partie de ces événements. Elle se souvient notamment d’un homme qui transportait un sac de légumes lorsqu’il a été touché, avant que des voisins ne le traînent à l’intérieur d’une maison.

Elle a ajouté que lorsque la famille est arrivée dans la maison où ses proches avaient été tués, elle a entendu des éléments des forces du régime déchu imputer la responsabilité du massacre aux « terroristes », terme que le régime déchu employait pour désigner des habitants et des civils, tandis que les médias du régime présentaient les événements comme une opération militaire contre des hommes armés.

Le nombre de victimes

Il n’existe toujours pas, à ce jour, de bilan définitif du nombre de victimes du massacre. Les estimations varient entre 192 et 400 morts, parmi lesquels des enfants et des femmes, tandis que le sort de plusieurs personnes demeure encore inconnu.

Zahra assure qu’elle n’a toujours trouvé aucun indice permettant de déterminer le lieu où son mari a été enterré.

Les documents relatifs à cette période associent plusieurs formations sécuritaires et militaires du régime déchu aux événements, en premier lieu la 105e brigade de la Garde républicaine.

Les noms de plusieurs officiers militaires et des services de sécurité ayant opéré à Deir Ezzor durant cette période sont également mentionnés, parmi lesquels le colonel Ali Khazzam, le général Issam Zahreddine et le général Jameh Jameh.

De la mémoire à l’enquête

Pendant quatorze années de révolution et de guerre, le dossier d’Al-Joura et d’Al-Qoussour est resté présent dans les témoignages des survivants et des familles des victimes, ainsi que dans les archives des organisations de défense des droits humains.

Mais la situation a changé après la chute du régime déchu : les témoignages des familles des victimes sont revenus sur le devant de la scène avec l’annonce, par la Commission nationale pour la justice transitionnelle, de l’achèvement des enquêtes le 25 septembre 2026.

Cette commission indépendante, créée par décret présidentiel en mai 2025, a été chargée d’établir la vérité sur les violations graves, d’œuvrer pour la mise en cause des responsables, à la réparation des préjudices subis par les victimes et au renforcement des garanties visant à empêcher que de telles violations ne se reproduisent.

2 3 Agence Arabe Syrienne de Presse (SANA)

Parmi les principaux accusés dont les noms ont été annoncés par la Commission figurent Daas Ali Hassan, ancien chef de la branche de la sécurité de l’État à Deir Ezzor, et Adel Mohammad Issa, commandant de la 17e division de l’armée du régime déchu. Selon les enquêtes de la Commission, tous deux auraient exercé des responsabilités de commandement dans des opérations liées au massacre.

Les autorités avaient annoncé l’arrestation de Daas Hassan Ali en juin 2025.

Le quatorzième anniversaire

L’annonce de l’approche du procès a coïncidé avec les commémorations organisées dans le gouvernorat de Deir Ezzor à l’occasion du quatorzième anniversaire du massacre.

La Commission nationale pour la justice transitionnelle a appelé les familles des victimes à déposer leurs plaintes et à présenter leurs témoignages ainsi que leurs éléments de preuve.

Le ministre syrien de la Justice, Mazhar Al-Wais, a indiqué que les crimes graves perpétrés contre les civils sont imprescriptibles et que le processus visant à établir les responsabilités et à réparer les préjudices se poursuit.

Quatorze ans plus tard, le dossier est désormais proche de présenter devant un tribunal. C’est là que les preuves et les témoignages seront examinés et que les responsabilités seront déterminées.

Alors que les familles des victimes attendent un procès qui permettra d’établir ce qui s’est passé et d’identifier les responsables, Zahra, elle, continuera d’attendre que soient identifiés les auteurs du meurtre de cinq membres de sa famille lors du massacre.

A.Ch.

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TAG:Deir EzzorEuphrateQatarquartier d’Al-Jourarégime déchu
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