Damas, (SANA) La Syrie a connu, durant la semaine s’étalant du 22 au 28 août 2026, trois évolutions majeures : la dissolution des (FDS) et leur intégration aux institutions de l’État, le retrait de la Syrie de la liste américaine des États soutenant le terrorisme et le lancement effectif du système de paiement électronique.
Ces évolutions sont intervenues parallèlement à l’ouverture de la 63e édition de la Foire internationale de Damas, réunissant ainsi, au cours de la même semaine, une transformation politique interne, une ouverture sur l’extérieur et des mesures concrètes de modernisation du système financier.
Ces développements illustrent le passage de plusieurs dossiers syriens de la phase des décisions à celle de leur mise en œuvre.
La fin de 47 années et le début d’une nouvelle phase
Le 24 août, la Syrie a officiellement tourné la page d’une période de près de 47 ans, après son retrait de la liste américaine des États soutenant le terrorisme, à l’issue du délai légal accordé au Congrès sans qu’aucune objection ne soit formulée.
La Syrie avait été inscrite sur cette liste le 29 décembre 1979 et y était restée pendant les décennies suivantes. Le processus officiel de retrait avait débuté le 8 juillet 2026, lorsque le président américain Donald Trump avait informé le Congrès de son intention de mettre fin à cette désignation, déclenchant ainsi la procédure légale d’examen.
Avec la mise à jour américaine du 24 août, la Syrie n’est plus soumise aux dispositions relatives à son classement parmi les États soutenant le terrorisme, notamment aux restrictions financières et bancaires découlant de cette désignation.
La licence générale syrienne n° 25, délivrée par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), a également été abrogée, son maintien n’étant plus nécessaire après le retrait de la Syrie de la liste.
Le retrait de cette désignation ne signifie toutefois pas la levée de l’ensemble des sanctions américaines imposées à la Syrie. Des sanctions ciblées restent en vigueur contre des personnes et des entités liées au régime déchu.
Cette décision constitue néanmoins une évolution importante sur les plans juridique et économique des relations syro-américaines et ouvre la voie à une expansion des échanges commerciaux, des investissements et de la reconstruction.
Le ministre des Finances, Mohammad Yisr Barnieh, a affirmé que cette décision ouvrait la voie à la réintégration de la Syrie et de ses institutions dans le système économique et financier mondial, ainsi qu’à l’afflux d’investissements étrangers et à l’introduction de technologies modernes. Cette mesure s’inscrit, selon lui, dans le cadre d’un processus plus large visant à reconnecter l’économie syrienne aux marchés mondiaux.
La dissolution des FDS : 17 mois entre l’accord et l’intégration
Sur le plan intérieur, l’annonce faite le 25 août par Mazloum Abdi marquant la fin de la mission des (FDS) et leur dissolution en tant que force militaire indépendante a constitué l’un des principaux développements politiques et sécuritaires de la semaine.
Cette annonce est intervenue 17 mois et 15 jours après la signature de l’accord du 10 mars 2025, qui avait posé les bases de l’intégration des institutions civiles et militaires du nord-est de la Syrie au sein des institutions de l’État, en vue d’achever leur intégration sur les plans militaire, sécuritaire et administratif.
Le même jour, le président Ahmad al-Charaa a reçu Mazloum Abdi et la délégation qui l’accompagnait au Palais du peuple à Damas. Les deux parties ont examiné les dossiers relatifs à l’intégration ainsi que les étapes prévues pour la prochaine phase, dans le but de renforcer la présence des institutions de l’État et de consolider la sécurité et la stabilité.
Ce processus s’est accompagné de mesures juridiques et institutionnelles visant à traiter les droits civils et culturels des Syriens kurdes, notamment le décret n° 13 de 2026, qui reconnaît les Syriens kurdes comme une composante à part entière du peuple syrien et abroge les mesures exceptionnelles liées au recensement de Hassaké de 1962. D’autres mesures portent sur les droits culturels et linguistiques, notamment l’autorisation de l’enseignement de la langue kurde et la reconnaissance de la fête de Norouz comme jour férié officiel.
Le processus d’intégration repose sur l’accord du 10 mars 2025, qui avait établi les bases de l’intégration des institutions civiles et militaires du nord-est de la Syrie au sein de l’administration de l’État, notamment les postes-frontières, l’aéroport ainsi que les champs pétroliers et gaziers.
L’annonce du 25 août constitue ainsi une étape charnière dans le processus de réunification des institutions militaires et sécuritaires sous l’autorité de l’État. La prochaine phase devrait porter sur l’achèvement des mesures liées à l’intégration et sur la consolidation de la présence des institutions de l’État dans les zones concernées.
Paiement électronique : du cadre réglementaire à la mise en pratique
Dans le domaine économique et financier, la semaine a également été marquée par le passage du système de paiement électronique du cadre réglementaire à sa mise en œuvre concrète, avec les premières opérations de paiement effectuées au moyen de cartes internationales.
Le 27 août, le président al-Charaa a effectué la première opération de paiement électronique en utilisant une carte Visa, marquant le début de l’utilisation concrète des moyens de paiement électronique en Syrie.
Le même jour, le gouverneur de la Banque centrale de Syrie, Safwat Reslan, a effectué la première opération de paiement avec une carte Mastercard, après une interruption de plus de 15 ans, à la suite de l’achèvement des procédures techniques nécessaires pour reconnecter le système de paiement syrien au réseau mondial.
a.h. / A.Ch.