Damas, (SANA) Le 25 août, la Syrie a franchi une étape décisive dans le processus de reconstruction de l’État et d’unification de ses institutions.
Lors d’une conférence de presse tenue au Palais du Peuple à Damas, Mazloum Abdi a annoncé la fin de la mission des (FDS) et leur dissolution en tant que force militaire indépendante, à l’issue de l’intégration de leurs combattants au sein des brigades de l’armée syrienne.
Du temps des armes à celui de la paix et de la reconstruction
Lors de sa conférence de presse à Damas, Mazloum Abdi a confirmé la dissolution des FDS et la fin de leur mission en tant que force militaire indépendante.
Il a indiqué que la Syrie entrait dans une nouvelle phase placée sous le signe de la paix, de la stabilité et de la construction d’une nouvelle Syrie, après l’achèvement de l’intégration des forces au sein des brigades de l’armée syrienne.
Abdi a déclaré que la prochaine étape devait marquer le passage « des champs de bataille aux chantiers de reconstruction, et du temps des armes à celui de la paix », soulignant que les sacrifices des martyrs resteraient présents dans les mémoires.
L’unité nationale : fondement de la nouvelle Syrie
Dans ce contexte, le gouverneur de Deir Ezzor, Ziad al-Ayech, a affirmé dans un tweet sur la plateforme X, le 25 août, que l’annonce de la dissolution des FDS et la fin de leur existence en tant que force militaire et sécuritaire indépendante tournaient la page de la division et ouvraient une nouvelle époque placée sous le signe de la sécurité, de la reconstruction et du développement durable.
Al-Ayech a insisté sur le fait que l’approche de l’État repose sur l’inclusion de tous et le rejet de l’exclusion, et que l’unité du sort se construit sous l’égide d’institutions nationales communes et d’une armée unique protégeant l’ensemble de la population.
La langue kurde : préserver la diversité au sein d’un État unifié
L’intégration ne s’est pas faite au détriment de l’identité culturelle et linguistique de la composante kurde. Elle s’est au contraire accompagnée d’assurances concernant la préservation de ses droits dans le cadre de l’État syrien.
Lors de sa conférence de presse, Abdi a expliqué que le président Ahmad al-Charaa avait affirmé à plusieurs reprises le droit à l’enseignement en langue kurde et que des mesures seraient prises pour mettre en œuvre, au cours de cette année, la décision autorisant cet enseignement, constituant ainsi une base susceptible d’être développée dans l’avenir.
Abdi a souligné que l’objectif était de construire une Syrie pour tous ses habitants, Kurdes, Arabes, Turkmènes et Assyriens, afin de parvenir à « une Syrie unifiée et stable, qui protège l’avenir de ses citoyens et leur assure une vie digne ».
Décret présidentiel : Mazloum Abdi nommé conseiller auprès de la présidence de la République
Dans une évolution reflétant la nature de cette nouvelle étape et le passage de l’action militaire au travail au sein des institutions de l’État, le président Ahmad al-Charaa a promulgué le décret n° 164 de 2026, portant nomination de Mustafa Khalil Abdi, connu sous le nom de Mazloum Abdi, en qualité de conseiller auprès de la présidence de la République.
Le décret a été promulgué après l’annonce de la dissolution des FDS et la réception, par le président al-Charaa, de Mazloum Abdi et de la délégation qui l’accompagnait au Palais du Peuple à Damas.
La rencontre a porté sur les dossiers relatifs à l’intégration au sein des institutions de l’État ainsi que sur les prochaines étapes du processus, dans l’objectif de renforcer la présence de l’État et de soutenir la sécurité et la stabilité.
Barrack : un événement historique et une Syrie unifiée pour tous
L’annonce a suscité un accueil particulièrement favorable de la part des États-Unis. Dans un tweet sur la plateforme X datée du 25 août, l’envoyé spécial du président américain pour la Syrie et l’Irak, Thomas Barrack, a qualifié l’intégration des FDS dans les institutions de l’État syrien d’« événement historique à tous égards » renforçant la souveraineté de la Syrie.
Barrack a déclaré qu’« un partenaire constant avance vers un cadre national, tandis qu’une Syrie unifiée pour tous prend forme ». Il a estimé que le leadership du président américain Donald Trump avait ouvert la voie à l’intégration organisée des FDS dans les institutions de l’État.
Accueil favorable en Europe : soutien à une Syrie unifiée
Les réactions internationales favorables à cette étape se sont multipliées. Le président français Emmanuel Macron a mis en exergue l’intégration des FDS dans les institutions de l’État syrien, affirmant que la France continuerait à soutenir la Syrie.
Barrie Peach, chargé d’affaires de l’envoyé spécial du Royaume-Uni pour la Syrie, a également mis l’accent sur la dissolution des FDS en tant que force militaire indépendante et leur intégration dans les institutions de l’État syrien.
Il a considéré cette intégration comme une « étape importante vers une Syrie pacifique, stable et unifiée ».
En Turquie, le porte-parole du Parti de la justice et du développement (AKP), Ömer Çelik, a affirmé que la dissolution des FDS représentait une étape importante pour consolider l’unité de la Syrie, soulignant le soutien de son pays à toute mesure visant à assurer la stabilité de la Syrie et son intégrité territoriale.
À Bruxelles, le porte-parole de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Anouar El Anouni, a affirmé que l’intégration des FDS au sein des institutions et des forces nationales syriennes contribuait à renforcer l’unité nationale.
Barzani : L’intégration des FDS, une évolution importante pour consolider la sécurité et la stabilité
Le président de la Région du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani, a salué, le 26 août, les progrès considérables accomplis dans le processus d’intégration des FDS au sein des institutions de l’État syrien. Il a qualifié cette étape de « transformation et d’évolution importantes » pour renforcer la sécurité et la stabilité en Syrie.
Barzani a appelé l’ensemble des parties kurdes ainsi que les différentes composantes de la société syrienne à soutenir les mesures d’intégration et à contribuer à leur réussite.
Large soutien arabe à l’unité et à la souveraineté de la Syrie
L’intégration complète des FDS dans les institutions de l’État a également bénéficié d’un large soutien arabe. L’Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn, le Qatar et la Jordanie ont considéré cette étape comme un soutien à la sécurité, à la stabilité, à l’unité et à la souveraineté de la Syrie, ainsi qu’un renforcement de l’État des institutions et du droit et du processus de reconstruction et de développement.
Les États arabes ont réaffirmé leur soutien aux mesures prises par le gouvernement syrien afin de répondre aux aspirations du peuple syrien et de consolider son unité nationale ainsi que l’intégrité territoriale du pays.
Avec l’élargissement du soutien arabe et international et la nomination de Mazloum Abdi comme conseiller auprès de la présidence de la République, les contours d’une nouvelle étape se retracent : le passage d’une multiplicité de centres de pouvoir à l’unité des institutions, des tensions à la stabilité et de la division à une action commune en faveur de la construction d’une Syrie unifiée, sûre et stable, capable de rassembler tous ses citoyens.
André Chatta