Damas, (SANA) Le ministère de la Santé a annoncé hier les résultats de l’enquête nationale sur le tabagisme lors d’un atelier tenu à Damas, avec la participation de représentants de plusieurs ministères.
L’atelier, qui dure deux jours, vise à élaborer des mesures pratiques pour mettre en œuvre la stratégie nationale antitabac, en mobilisant des experts du ministère de la Santé, de l’Organisation mondiale de la santé, de la Société médicale syro-américaine (SAMS) et de divers ministères et autorités concernées, pour déterminer les procédures pratiques nécessaires, y compris la législation et les lois, et les rôles des agences gouvernementales et communautaires et des organisations non gouvernementales dans ce domaine.
Réponse nationale intégrée
Le ministre adjoint de la Santé pour les affaires sanitaires, Hussein Al-Khatib, a expliqué que fumer est un problème économique, social et de développement, dont les effets s’étendent au fumeur, à sa famille et à son entourage, et se reflètent dans :
-Le système de santé à travers les maladies associées au tabagisme.
-L’économie grâce aux coûts de traitement et à la perte de productivité.
-La famille à travers les dépenses en produits du tabac.
-Les enfants et les non-fumeurs par exposition à la fumée secondaire.
Al-Khatib a souligné que le traitement nécessite une réponse nationale intégrée combinant législation, contrôle, prévention, sensibilisation, services de santé, données, recherche scientifique et intervention communautaire, indiquant que l’Autorité nationale de lutte antitabac représente un cadre essentiel réunissant les différentes parties concernées.

Il a émis l’espoir de voir cette autorité devenir plus qu’un cadre de coordination, en se transformant en une plateforme nationale qui guide l’action commune, définit les priorités, propose les interventions, suit l’exécution et en mesure l’impact.
11 300 enquêtes
De son côté, Mohammad Salem, directeur des soins de santé primaires, a indiqué que l’enquête nationale avait visé 11 300 personnes pour mesurer la charge sanitaire et économique du tabagisme, en ciblant les comportements des adultes de plus de quinze ans et les indicateurs de dépendance à la nicotine.
Salem a souligné que ces données constituent une base essentielle pour réactiver l’Autorité nationale de lutte antitabac et élaborer des interventions pratiques.

« Cette enquête constitue une véritable valeur ajoutée aux efforts nationaux, puisqu’elle se traduira par des étapes mesurables pour renforcer la sensibilisation, notamment auprès des jeunes, ainsi que par des mécanismes de soutien destinés à ceux qui souhaitent arrêter de fumer », a-t-il fait noter.
Lutte antitabac, une priorité absolue
Pour sa part, Mazen Kawara, directeur régional de SAMS, a indiqué que l’enquête de terrain avait été réalisée en coopération avec le ministère de la Santé afin de déterminer l’ampleur du problème du tabagisme.
Il a indiqué qu’une analyse approfondie des facteurs conduisant à l’aggravation ou à la persistance du phénomène sera réalisée, avant de formuler des étapes pratiques et exécutables en coopération avec les différents ministères, les organisations, la société et les médias, afin de réduire ce phénomène et ses répercussions sanitaires.

Expériences internationales réussies
« Le tabagisme constitue l’un des dossiers les plus importants suivis par l’OMS, présentant les expériences de pays ayant réussi à réduire ses taux, tels que la Turquie, l’Uruguay et le Brésil », a indiqué Mohammad Al‑Safadi, représentant adjoint de l’Organisation mondiale de la Santé en Syrie.
Les données de l’Organisation mondiale de la Santé indiquent que plus de 8 millions de personnes meurent chaque année dans le monde à cause du tabagisme, dont un million de non‑fumeurs exposés au tabagisme passif.







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