Damas (SANA) – Nidal Shikhani, directeur du Centre de documentation des violations chimiques en Syrie, a souligné l’importance de poursuivre en justice les responsables des attaques chimiques, dont la Syrie a été témoin, en particulier l’attaque contre la ville de Douma, insistant sur le fait que rendre justice aux victimes exige de mener à bien les procédures d’imputabilité aux niveaux national et international.
Dans une interview accordée mercredi à la chaîne al-Ikhbariya Assouria, Shikhani a expliqué que les efforts visant à établir l’imputabilité doivent s’accompagner d’un soutien aux survivants et aux personnes affectées, ainsi que de leur réhabilitation physique et psychologique.
Il a souligné que la commémoration de l’attaque chimique de Douma contribue à préserver la mémoire collective des Syriens et empêche que ces crimes ne soient ignorés ou que leurs conséquences ne soient effacées, précisant que leurs répercussions sanitaires, psychologiques et sociales continuent d’affecter le sentiment de sécurité et de stabilité des communautés locales.
Shikhani a expliqué que le centre documente les violations chimiques selon une méthodologie fondée sur la collecte de données, la vérification des témoignages et la comparaison avec les normes internationales. Cette méthodologie appuie les efforts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et d’autres mécanismes internationaux compétents pour fixer les responsables et prouver l’utilisation de ces armes.
Il a précisé que les dossiers relatifs aux violations sont transmis aux instances internationales compétentes, parallèlement aux efforts déployés par les ministères de la Justice et de l’Intérieur pour poursuivre les personnes impliquées et identifier les responsables de l’émission et l’exécution des ordres d’utilisation des armes chimiques.
Il a expliqué que les survivants continuent de souffrir de séquelles physiques et psychologiques à long terme, notamment des blessures permanentes, des malformations congénitales et des troubles neurologiques et psychologiques, affirmant la nécessité de créer un organisme spécialisé chargé du suivi de leurs dossiers, de leur fournir des soins médicaux et psychologiques et d’œuvrer à leur réparation.
Il a également souligné les dommages environnementaux et agricoles résultant de l’utilisation d’armes chimiques, en particulier la contamination des sols et la dégradation des terres agricoles, ce qui exige la mise en œuvre de programmes à long terme de réhabilitation et de restauration de leur productivité.
Concernant les obstacles à l’accomplissement de la justice, Shikhani a expliqué que plusieurs auteurs clés ont quitté la Syrie, ce qui nécessite de renforcer la coopération judiciaire internationale, de finaliser les accords d’extradition et de se coordonner avec l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol) afin de garantir que tous les responsables de ces crimes soient poursuivis et traduits en justice.
Le rapport de l’Équipe d’enquête et d’identification de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), publié le 27 janvier 2023, a prouvé la responsabilité directe de l’ancien régime dans l’attaque chimique perpétrée contre Douma le 7 avril 2018, à l’aide de chlore gazeux toxique, qui a entraîné la mort de 43 civils, dont dix enfants et quinze femmes.
L.a.