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Agence Arabe Syrienne de Presse (SANA) > Dernières nouvelles > Syrie > Sud syrien…violations israéliennes continues et efforts diplomatiques pour les contenir

Sud syrien…violations israéliennes continues et efforts diplomatiques pour les contenir

Publié: 2026/07/26 10:39 AM
Mis à jour: 2026/07/26 1:34 PM
4 73 Agence Arabe Syrienne de Presse (SANA)
Des véhicules israéliens s'infiltrent dans le sud de la Syrie - Photo: SANA

Daraa, Quneitra (SANA) – La chute du régime déchu, le 8 décembre 2024, a marqué un tournant décisif qui a profondément transformé le paysage sécuritaire du sud de la Syrie. Quelques heures seulement après l’annonce de la libération du pays, les autorités d’occupation israéliennes ont annoncé leur retrait de l’Accord de désengagement de 1974, une décision qui a bouleversé le cadre sécuritaire en vigueur depuis plusieurs décennies.

Ce changement s’est rapidement traduit sur le terrain par une offensive israélienne d’ampleur. Les forces d’occupation ont mené de vastes frappes visant des installations militaires, des dépôts d’armes et plusieurs cibles stratégiques, parallèlement à une pénétration terrestre dans la zone tampon établie par l’Accord de désengagement. Elles ont également établi au moins neuf bases militaires, principalement dans le gouvernorat de Quneitra, utilisées comme points de départ pour des pénétrations à l’intérieur du territoire syrien.

Daraa et Quneitra : des pénétrations israéliennes au quotidien dans les zones rurales

Alors que le pays entrait dans une nouvelle phase, les Syriens espéraient que la paix en serait le maître mot de cette phase. Cette aspiration s’est toutefois heurtée à une réalité tout autre sur le terrain, imposée par les autorités d’occupation israéliennes, qui n’ont laissé aucun répit au sud de la Syrie, le maintenant suspendu entre les aspirations d’un peuple en quête de reconstruction et des pénétrations qui continuent de retarder l’aboutissement de ce processus.

Ces mouvements ne relèvent plus de simples opérations militaires ponctuelles ; ils sont devenus une réalité quotidienne qui s’impose dans les zones rurales de Daraa et de Quneitra. Après leurs pénétrations en territoire syrien, les véhicules israéliens procèdent à des opérations de ratissage et de terrassement, installent des points militaires temporaires, puis, après leur retrait, laissent derrière eux des villages plongés dans l’inquiétude, des terres éprouvées par des violations répétées et des habitants vivant au rythme de l’attente de la prochaine pénétration.

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L’ampleur de ces mouvements est confirmée par les données documentées par le Réseau syrien pour les droits de l’homme, qui a indiqué à l’agence SANA avoir recensé plus de 403 pénétrations terrestres menées par les forces d’occupation israéliennes depuis le 8 décembre 2024, touchant des dizaines de villages et de localités dans les gouvernorats de Daraa et de Quneitra.

Selon le Réseau syrien pour les droits de l’homme, ces opérations ne se sont pas limitées au déploiement militaire, mais se sont accompagnées de perquisitions de domiciles, de détentions de civils, de travaux de terrassement sur des terres agricoles et de démolitions de maisons, à ajouter le percement de routes et l’établissement de bases et de positions militaires, ce qui traduit une transformation progressive de la nature de ces pénétrations, passées de mouvements limités dans le temps à un déploiement militaire plus durable à l’intérieur du territoire syrien.

Pour sa part, le directeur du Réseau syrien pour les droits de l’homme, Fadel Abdul Ghani, a expliqué que ces mesures avaient limité la capacité de nombreux habitants à accéder à leurs terres et à leurs moyens de subsistance, tout en créant un climat permanent de peur et d’instabilité. Elles ont également entraîné le déplacement de familles après la démolition ou la saisie de leurs maisons, les empêchant de retourner dans leurs biens.

Dans son analyse juridique de ces pratiques, Abdul Ghani a indiqué que les démolitions de maisons documentées nécessitaient une enquête, dans la mesure où elles pourraient constituer des crimes de guerre. Il a également estimé que certains cas documentés de déplacements forcés pourraient représenter de graves violations du droit international humanitaire.

Conséquences humanitaires et violations commises contre les civils

Les répercussions des pénétrations israéliennes ne se sont pas limitées aux évolutions sur le terrain; elles ont également affecté directement la vie des civils. Le Réseau syrien pour les droits de l’homme a documenté la mort d’au moins 29 personnes, dont trois enfants et une femme, ainsi que l’enlèvement et la détention arbitraire de 147 autres, dont 19 enfants. Parmi ces personnes, 103 ont été libérées, tandis que le sort de 44 autres demeure inconnu, un bilan qui témoigne de l’alourdissement du coût humain de ces opérations.

Dans le cadre de l’action menée en faveur des droits humains, Abdul Ghani a indiqué que les rapports et les déclarations du Réseau syrien pour les droits de l’homme comprenaient des appels adressés au Conseil de sécurité de l’ONU, au Conseil des droits de l’homme, aux Nations Unies et aux États parties aux Conventions de Genève, afin de mettre fin aux attaques israéliennes contre le territoire syrien et de révéler le sort des détenus.

Il a ajouté que le Réseau réclamait un élargissement du mandat de la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD), afin que son rôle ne se limite pas au suivi de la mise en œuvre de l’accord, mais englobe également la surveillance des violations commises contre les civils, notamment les cas de détention et les perquisitions.

Concernant la position internationale, Abdul Ghani a qualifié la réponse de « limitée », expliquant qu’elle s’était cantonnée à condamner la présence militaire israélienne dans la zone tampon et à affirmer que les activités militaires qui y sont menées contreviennent à l’Accord de désengagement de 1974, sans toutefois prendre de mesures concrètes ni mettre en place un mécanisme indépendant d’enquête et de reddition de comptes.

Les pénétrations font partie d’une politique coloniale visant à imposer un fait accompli

L’analyste militaire, le général de brigade Assaad Al-Zoubi, a estimé que les pénétrations et les violations commises par les autorités d’occupation israéliennes dans le sud de la Syrie s’inscrivent dans ce qu’il qualifie de « politique coloniale » menée par Israël dans la région, visant à imposer de nouvelles réalités sur le terrain. Il a expliqué que ces pénétrations, dans leur phase initiale, visaient à tester les réactions des populations locales, tout en revêtant un caractère provocateur.

Al-Zoubi a ajouté que la poursuite de la présence militaire israélienne à l’intérieur du territoire syrien vise, selon son analyse, à imposer un fait accompli, dans l’attente de parvenir à un accord sécuritaire avec le gouvernement syrien permettant de réorganiser la situation sur la base de l’Accord de désengagement de 1974.

Il a indiqué que les points militaires établis par les forces israéliennes pouvaient paraître temporaires, mais qu’ils étaient susceptibles de se maintenir pendant des périodes relativement longues. Il a expliqué qu’ils constituaient des lignes de défense avancées, offrant aux forces israéliennes une protection accrue et leur permettant de renforcer leurs capacités de surveillance et de déplacement.

Concernant le déploiement israélien au sommet du mont Hermon (Jabal al-Cheikh), Al-Zoubi a souligné que ce site revêt une importance stratégique majeure, en raison de sa position dominante sur de vastes zones de la profondeur territoriale syrienne, ainsi que sur certaines parties du territoire libanais. Il a indiqué que l’extension de la zone tampon dans cette région atteignait environ 12 kilomètres, estimant que le contrôle de ce sommet confère aux forces israéliennes une position avancée à l’intérieur du territoire syrien.

Sur le plan politique, Al-Zoubi a estimé qu’Israël ne connaît, selon ses termes, que la politique du fait accompli. Il a souligné que le gouvernement syrien s’est attaché, dès le premier jour, à rétablir la sécurité et la stabilité dans le pays, tandis qu’Israël aurait, selon lui, cherché à soutenir des groupes à l’intérieur de la Syrie dans le but de déstabiliser la situation sécuritaire. Il a affirmé que la voie diplomatique suivie par l’État demeure la meilleure option pour traiter ce dossier.

Damas s’attache à la voie diplomatique face aux violations israéliennes

Alors que l’État syrien ouvre une nouvelle page de son histoire, il maintient son choix de la voie diplomatique, fondée sur les principes du droit international et de la Charte des Nations Unies. Damas oppose ainsi le langage du droit à la logique de la force, considérant la diplomatie comme une voie essentielle pour traiter les questions liées à la souveraineté, à la sécurité et à la stabilité.

Cette approche ne s’est pas limitée aux positions annoncées ; elle s’est également traduite par des démarches diplomatiques continues, dont la plus récente a été l’arrivée à Damas, ce samedi, du secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, à l’invitation du gouvernement syrien. L’ONU a indiqué que cette visite constitue une étape destinée à renouveler l’engagement de l’organisation à soutenir la Syrie et son peuple durant cette phase, tout en soulignant l’importance du respect de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale de la Syrie.

Guterres prévoit également, au cours de cette visite, de se rendre auprès de la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD), une étape qui remet en lumière le dossier du sud de la Syrie ainsi que le rôle de l’ONU dans le suivi des arrangements sécuritaires liés à l’Accord de désengagement de 1974.

Dans le même contexte, le président syrien Ahmad Al-Charaa a réaffirmé, à plusieurs reprises lors de différents forums et rencontres internationales, que les violations israéliennes dans le sud de la Syrie figurent parmi les priorités de l’action diplomatique syrienne. Il a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités dans la protection de la souveraineté de la Syrie et de son intégrité territorial et à mettre fin aux attaques israéliennes persistantes.

La plus récente de ces prises de position est intervenue sa rencontre avec le président français Emmanuel Macron à Damas au cours de laquelle le président syrien a insisté sur la nécessité pour la France de jouer un rôle plus actif dans le soutien aux efforts visant à mettre fin aux violations israéliennes et à renforcer la stabilité dans le sud de la Syrie.

Une stabilité reportée sur fond de poursuite de l’escalade

Entre un choix syrien fondé sur la diplomatie et le recours au droit international, et une approche israélienne reposant sur l’imposition de faits accomplis par la force, le sud de la Syrie demeure pris entre deux volets opposés : l’un vise à consolider la sécurité et à ouvrir la voie à la reconstruction, l’autre consolide les tensions et retarde les perspectives de stabilité.

En l’absence de tout signe annonçant la fin de ces violations, les villages de Daraa et de Quneitra restent confrontés à une épreuve quotidienne. Le bruit des véhicules militaires est désormais devenu une composante du quotidien des habitants, tandis que l’attente de la prochaine pénétration s’impose comme une inquiétude récurrente avant chaque lever du jour, dans une scène qui illustre l’ampleur des défis qui continuent d’entraver le chemin du sud syrien vers la sécurité et la stabilité.

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Abdullah AL HARIRI/rb

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TAG:DaraaQuneitraRéseau syrien pour les droits de l’homm
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