Damas, (SANA) À l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, le gouvernement syrien a intensifié ses efforts pour lutter contre le trafic de stupéfiants en lançant la campagne nationale « Syrie sans stupéfiants », parallèlement à l’annonce d’une série de résultats sécuritaires et douaniers visant les réseaux de trafic et les usines de production de Captagon.
Les autorités soulignent que la lutte contre les stupéfiants ne se limite plus au volet sécuritaire, mais qu’elle est devenue un projet national associant les secteurs de la santé et de la société civile aux institutions de l’État, afin de réduire la propagation des stupéfiants, d’en tarir les sources et de protéger la société.
Lancement de la campagne « Syrie sans stupéfiants »
La campagne nationale de lutte contre les stupéfiants et de prise en charge des addictions a été lancée à Damas, en présence du président Ahmad Al-Charaa, à l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, sous le slogan «Syrie sans stupéfiants », dans le cadre d’une organisation conjointe des ministères de l’Intérieur et de la Santé, avec la participation de représentants d’organisations internationales ainsi que de personnalités officielles et de la société civile.
Dans un tweet publié sur la plateforme « X », le président Al-Charaa a affirmé que la lutte contre les stupéfiants constitue un programme national reposant sur la complémentarité des efforts de l’État et de la société.
Il a indiqué que le gouvernement considère l’éradication de ce fléau comme l’une de ses priorités, tout en renforçant la coopération avec les pays de la région et du monde pour faire face à la menace transfrontalière des stupéfiants.
Pour sa part, le ministre de l’Intérieur, Anas Khattab, a souligné, lors du lancement de la campagne, que la lutte contre les stupéfiants n’est pas seulement une mission sécuritaire, mais aussi une responsabilité nationale et morale qui exige un partenariat entre les institutions gouvernementales et la société. Il a ajouté que la Syrie œuvre pour retrouver son rôle de partenaire responsable dans la lutte contre la criminalité organisée et renforcer la coopération sécuritaire avec les pays voisins et les États du Golfe.
Le ministre de la Santé, Musaab Al-Ali, a précisé que la campagne repose sur deux axes parallèles : la prévention et le traitement, en complément de l’application de la loi, avec le développement des services de prise en charge des addictions et de réhabilitation psychologique, ainsi que l’élargissement des programmes de soutien social et de réinsertion des personnes rétablies.
Plus de 700 millions de comprimés de Captagon saisis
Dans ce contexte, le ministère de l’Intérieur a abordé le bilan de ses opérations depuis le début de la campagne sécuritaire.
Le porte-parole du ministère, Noureddine Al-Baba, a annoncé que les services compétents avaient détruit plus de 17 ateliers de fabrication de Captagon, perquisitionné plus de 20 entrepôts et démantelé 90 réseaux internationaux de trafic de stupéfiants.
Il a précisé que les autorités avaient saisi plus de 700 millions de comprimés de Captagon, rappelant que les estimations faisaient état de 1 à 1,2 milliard de comprimés fabriqués au cours des années précédentes par le régime déchu en vue de leur exportation clandestine. Selon lui, la Direction de la lutte contre les stupéfiants est parvenue, en près d’un an et demi, à saisir entre 60 et 70 % de ces quantités.
Al-Baba a affirmé que la phase actuelle marque le passage d’une approche exclusivement sécuritaire à une campagne nationale globale associant les institutions de l’État et la société civile, estimant que la Syrie mène aujourd’hui « la bataille contre les stupéfiants » en tant que cause nationale touchant à la sécurité de la société et à son avenir.
Saisie de plus d’un million de comprimés de Captagon en 6 mois
Parallèlement aux efforts des services de sécurité, la Direction générale des douanes, relevant de l’Autorité générale des postes-frontières et des douanes, a évoqué le bilan de ses actions au cours du premier semestre 2026.
Elle a annoncé avoir déjoué des tentatives de contrebande portant sur 1 343 722 comprimés de Captagon, ainsi que saisi 153,3 kilogrammes de cocaïne et 40,4 kilogrammes de cannabis.
Ces chiffres témoignent de la poursuite du renforcement des contrôles aux postes-frontières et du durcissement des mesures de lutte contre le trafic de stupéfiants, dans le cadre des efforts gouvernementaux visant à limiter leur propagation et à assécher les sources de financement des réseaux criminels.
Une approche nationale au-delà du volet sécuritaire
Les déclarations officielles confirment que la stratégie syrienne de lutte contre les stupéfiants ne repose plus uniquement sur les opérations sécuritaires, mais sur une approche intégrée associant l’application de la loi aux programmes de prévention, de sensibilisation, de traitement et de réhabilitation, tout en renforçant la coopération régionale et internationale pour lutter contre les réseaux de trafic et la criminalité organisée.
La campagne nationale « Syrie sans stupéfiants » incarne ainsi l’orientation du gouvernement vers la mise en place d’un dispositif global de lutte contre les stupéfiants, combinant actions sécuritaires, interventions de santé et programmes de sensibilisation.
Alors que les chiffres officiels font état de la saisie de centaines de millions de comprimés de Captagon et du démantèlement de dizaines de réseaux criminels, les autorités estiment que la poursuite de ces efforts, associée au partenariat avec la société et les pays voisins, constitue un pilier essentiel pour freiner la propagation des stupéfiants et renforcer la sécurité et la stabilité de la société.
André Chatta