Damas, (SANA) À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, le Réseau syrien pour les droits de l’homme (SNHR) a souligné la montée significative de l’attention internationale portée au dossier du retour des réfugiés syriens.
Dans son rapport, publié à cette occasion, le Réseau a souligné que la stabilité de ce retour reste étroitement liée à la capacité de surmonter les défis structurels existants et à la mise en place d’un cadre juridique et de services adéquat, garantissant un retour volontaire, sûr et durable.
Le rapport a indiqué qu’entre le 8 décembre 2024 et la fin du premier trimestre de l’année en cours, plus de trois millions de Syriens — réfugiés et déplacés internes — sont retournés dans leurs régions d’origine, tandis que des millions d’autres attendent encore des conditions propices pour mettre fin à leur souffrance.
L’évolution du discours international
Le rapport souligne que la chute du régime Assad le 8 décembre 2024 a levé l’un des principaux obstacles politiques et sécuritaires qui empêchaient le retour de larges segments de Syriens vers leurs régions d’origine. Toutefois, cette évolution n’a pas entraîné la disparition des autres obstacles persistants.
Depuis cette date et jusqu’en juin 2026, au moins 341 civils, dont 88 enfants et 21 femmes, ont été tués par l’explosion de mines et de restes de munitions à sous‑munitions laissés par le régime déchu.
Selon le rapport, la période allant de juin 2025 jusqu’à la mi‑2026 a été marquée par un changement notable dans le discours international, passant d’un focus quasi exclusif sur les conditions de refuge et de déplacement à un intérêt croissant pour les questions de retour, de réintégration et de relèvement, tout en maintenant les mises en garde concernant les défis auxquels sont confrontés les Syriens de retour.
Statistiques des mouvements de retour et de refuge
Selon le rapport, plus de 6,8 millions de Syriens ont quitté le pays entre mars 2011 et la fin de l’année 2024, tandis que le nombre de déplacés internes a dépassé 6,9 millions.
Depuis le 8 décembre 2024 et jusqu’à la fin du premier trimestre 2026, plus de 1,5 million de réfugiés syriens sont retournés en Syrie, et plus de 1,8 million de déplacés internes ont regagné leurs régions d’origine.
Entre juin 2025 et juin 2026, plusieurs camps de déplacés ont également été fermés.
Situation des camps
Le rapport indique que le nord de la Syrie compte 1 126 camps abritant environ 700 000 déplacés, et que les inondations de février ont révélé la grande vulnérabilité de ces camps, notamment dans la banlieue ouest d’Idleb et touché des milliers de familles déplacées.
Malgré quelques améliorations limitées dans les services, les coûts de l’énergie et des produits essentiels ont fortement augmenté depuis 2026.
Le rapport indique par ailleurs que la situation sécuritaire a connu une baisse significative des niveaux de violence directe liée au conflit, marquant une amélioration notable par rapport aux années précédentes.
Le rapport a indiqué que de nombreux rapatriés et les Syriens en général continuent de faire face à des difficultés pour prouver la propriété de leurs biens ou récupérer les maisons et propriétés confisquées ou endommagées, et ce malgré les premières mesures prises par le gouvernement syrien, notamment l’annulation des décisions de saisie préventive en vertu d’un décret présidentiel publié en mai 2025.
Ib.i/ rf.