Damas, (SANA) À l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants, célébrée chaque année le 12 juin, les appels se réitèrent pour protéger les enfants contre l’exploitation économique et garantir leur droit à l’éducation et à une vie sûre.
En Syrie, cette question apparaît comme l’une des priorités sociales et humanitaires nécessitant la conjugaison des efforts gouvernementaux et sociaux, notamment à la lumière des effets laissés par la guerre sur les différents secteurs, ainsi que des défis économiques, sociaux et éducatifs qui ont poussé de nombreux enfants à quitter les bancs de l’école pour entrer prématurément sur le marché du travail.
Législation et contrôle gouvernemental pour limiter le travail des enfants
Dans le cadre des efforts nationaux visant à lutter contre le travail des enfants, le ministère des Affaires sociales et du Travail a affirmé que la protection des enfants contre l’exploitation économique et la garantie de leur droit à l’éducation constituent une priorité nationale dans le cadre du renforcement du système de protection sociale et de la prise en charge de l’enfance.
Le directeur de l’Inspection du travail au ministère, Hamad Barkal, a précisé que le code du travail n°17 de 2010 interdit l’emploi des mineurs avant l’achèvement du brevet ou avant l’âge de quinze ans. Le décret n°12 de 2010 encadre également les conditions d’emploi des mineurs et les types de travaux qui leur sont interdits, conformément aux conventions internationales pertinentes.
Barkal a indiqué que le ministère a intensifié ses campagnes d’inspection dans les établissements privés pour s’assurer du respect des lois en vigueur. Ainsi, en 2024, vingt-trois amendes ont été infligées à des établissements ayant employé illégalement 48 enfants. En 2026, vingt-deux amendes ont été prononcées contre des établissements ayant employé 27 mineurs en violation de la législation.
Il a souligné que le retour des enfants travailleurs sur les bancs de l’école constitue un axe essentiel des efforts de lutte contre le travail des enfants, rappelant que la loi sur l’enseignement obligatoire impose aux parents d’inscrire leurs enfants âgés de six à quinze ans dans l’enseignement de base.
Obstacles et défis
En dépit des efforts déployés pour réduire le travail des enfants, le décrochage scolaire demeure l’un des défis les plus importants qui y sont liés. En effet, la sortie des enfants du système éducatif augmente les risques de leur entrée précoce sur le marché du travail.
Les données publiées par l’UNICEF en 2025 et 2026 indiquent que la guerre en Syrie a engendré l’une des plus grandes crises éducatives au monde.
L’organisation souligne que des milliers d’écoles ont été détruites, endommagées ou mises hors service durant les années de la guerre, ce qui a élargi la fracture éducative, augmenté les taux de décrochage scolaire et accru les risques d’exploitation économique, de travail des enfants et d’autres violations menaçant leur avenir.
L’UNICEF insiste également sur le fait que le retour des enfants à l’école constitue l’une des solutions les plus durables pour faire face à ce phénomène, l’école étant l’environnement le plus apte à protéger les enfants, développer leurs compétences et garantir leur avenir.
Initiatives sociales pour renforcer la protection de l’enfance
Parallèlement aux efforts gouvernementaux, les initiatives sociales visant à renforcer la sensibilisation aux droits de l’enfant et aux dangers du travail précoce se poursuivent.
Le 11 juin 2026, l’association Dopamine pour le développement, en coopération avec la Direction de la culture à Homs, a organisé une rencontre de sensibilisation intitulée « Protection de l’enfance et lutte contre le travail des enfants », avec la participation de représentants d’institutions gouvernementales et civiles, ainsi que d’experts psychologiques et éducatifs.
Lors de la rencontre, des programmes et initiatives locales visant à lutter contre le décrochage scolaire et à permettre aux enfants exposés au risque de travail précoce de poursuivre leur scolarité ont été abordés, contribuant ainsi à renforcer leurs opportunités d’intégration positive dans la société.
André Chatta