Damas, (SANA) Le gouvernement syrien poursuit ses démarches visant à reconstruire le système des droits de l’Homme dans le pays, après de longues années de graves violations commises par le régime déchu, notamment en lien avec la torture, les disparitions forcées et les arrestations arbitraires dans les prisons et centres de détention.
Ces efforts s’inscrivent dans le cadre d’une démarche officielle visant à consolider la justice, la reddition des comptes et la réparation des préjudices subis par les victimes, ainsi qu’à harmoniser la législation nationale avec les normes internationales relatives aux droits humains, alors que de nombreuses organisations de défense des droits réclament la poursuite des auteurs des violations perpétrées en Syrie sous le régime déchu.
Un atelier national pour élaborer une stratégie de lutte contre la torture
Dans ce contexte, la Direction des organisations et conférences internationales au ministère syrien des Affaires étrangères et des Expatriés a organisé, le 12 mai 2026, le premier atelier consacré à l’élaboration de la « Stratégie nationale globale de la République arabe syrienne pour la lutte contre la torture ».
Le ministère syrien des Affaires étrangères a affirmé, dans un communiqué officiel, que cette initiative intervient dans le cadre de la détermination du gouvernement à surmonter l’héritage du régime déchu, de renforcer la justice et les droits humains, et d’élaborer une stratégie nationale globale visant à prévenir la torture, garantir la reddition des comptes, réparer les préjudices causés aux victimes et consolider la confiance dans les institutions.
Le ministère a ajouté que cet atelier s’inscrit dans le cadre des efforts de « reconstruction du système des droits de l’Homme après des années de violations commises par le régime déchu », ainsi que dans le développement de mécanismes de responsabilisation et de prévention de la torture, avec la participation de la société civile et des partenaires internationaux.
Un accueil favorable de la part des Nations unies
Les nouvelles initiatives syriennes ont été mises en exergue par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, qui a estimé que le lancement des travaux sur une stratégie nationale de lutte contre la torture constitue une étape importante dans le processus de justice transitionnelle.
Dans un tweet diffusé sur la plateforme « X » le 15 mai 2026, le Haut-Commissariat a déclaré que ces efforts représentent une étape importante pour renforcer la justice et les droits humains, garantir la reddition des comptes, réparer les préjudices subis par les victimes et rétablir la confiance.
Cette réaction intervient alors que les appels internationaux à traduire en justice les auteurs des graves violations perpétrées en Syrie durant les années de pouvoir du régime déchu se poursuivent, notamment concernant les crimes de torture et les disparitions forcées dans les prisons.
Le Réseau syrien des droits humains authentifie les crimes de torture dans les prisons du régime déchu
Des données publiées par le Réseau syrien des droits humains ont révélé l’ampleur des violations liées à la torture dans les centres de détention relevant du régime déchu.
Selon les statistiques publiées par l’organisation en août 2025, le régime déchu serait responsable de la mort de 45 032 personnes sous la torture, parmi lesquelles 216 enfants et 95 femmes.
Le Réseau a également indiqué que les victimes de torture appartenaient à toutes les catégories d’âge, tandis que les violations commises dans les centres de détention et les branches des services de sécurité du régime déchu ont continué d’être authentifiées tout au long des années de la révolution syrienne.
Human Rights Watch : la torture était une politique de répression systématique
De son côté, Human Rights Watch a affirmé, dans son rapport annuel publié en janvier 2024 sous le titre « Rapport mondial 2024 : Syrie », que le régime déchu avait perpétré de graves violations incluant la torture systématique, les exécutions extrajudiciaires, les détentions arbitraires et les disparitions forcées.
L’organisation a indiqué que des milliers de détenus avaient été soumis à des conditions de détention « inhumaines et dégradantes » dans les prisons syriennes, soulignant que la torture avait été utilisée comme un outil pour réprimer les opposants et terroriser la société durant les années de la révolution.
Le rapport a également évoqué la poursuite des efforts de justice internationale contre d’anciens responsables impliqués dans des crimes de torture, à travers des tribunaux européens appliquant le principe de compétence universelle afin de poursuivre les auteurs de violations commises contre les Syriens.
Les mesures engagées par le gouvernement syrien incarnent une détermination claire à traiter l’un des dossiers les plus douloureux de l’histoire contemporaine de la Syrie, dans un contexte marqué par le lourd héritage de torture et de violations laissé par le régime déchu.
Alors que les revendications internationales et des organisations de défense des droits humains en faveur de la poursuite des auteurs des crimes commis contre les civils se poursuivent, la justice, la recherche de la vérité et la réparation des victimes demeurent des piliers essentiels de tout processus visant à reconstruire l’État syrien sur des bases respectueuses des droits humains et de la primauté du droit.
André Chatta