Alep, (SANA) La fosse commune découverte jeudi dans l’un des puits de la ferme al-Rahib, dans la zone d’al-Sefeira dans la banlieue sud d’Alep, incluent les dépouilles des dizaines d’habitants de la zone, tués en 2013 par les forces du régime déchu.
L’ingénieur Ahmad al-Abdou, de la direction de la zone d’al-Sefeira, a indiqué à SANA que le site comprend un puits contenant les dépouilles de nombreux civils exécutés lors de la prise d’assaut du village en 2013, précisant que ce puits n’est pas le seul et que plusieurs autres dans la zone pourraient receler de nombreuses victimes.
Walid Cheikho al-Jomaa, originaire de la zone, a fait savoir que le massacre avait coûté la vie à de nombreux membres de sa famille, dont son père, ses frères et plusieurs proches.
Il a précisé que les forces du régime déchu, après être entrées dans le village, avaient rassemblé les civils sous prétexte de sécuriser la zone, avant de les emmener et de les jeter l’un après l’autre dans le puits.
Il a ajouté qu’un survivant avait dit avoir entendu des voix de personnes encore en vie après avoir été jetées dans le puits, ce qui illustre l’horreur du crime commis contre des civils sans armes.
Obaida al-Moussa, témoin du massacre, a précisé que les forces du régime déchu, lors de leur entrée dans le village en juin 2013, avaient regroupé les civils en petits groupes, les transportant en véhicules vers le site du puits, les yeux bandés, avant de les y jeter.
Il a signalé l’existence d’un autre puits utilisé pour tuer des personnes âgées, ainsi que des cas de brûlures.
Al-Moussa a affirmé que ce massacre n’était pas le seul dans la zone, des incidents similaires ayant été enregistrés dans plusieurs villages voisins durant la même période.
Pour sa part, Dr Mohammad Kahil, expert médico-légal auprès de l’Autorité nationale des personnes disparues, a indiqué que les équipes compétentes se sont rendues sur place dès la réception du signalement. Les premières inspections ont révélé la présence de puits artésiens profonds contenant des dépouilles humaines, précisant que le traitement avec ce type de sites nécessite des équipements spécifiques encore insuffisants.
Il a ajouté que l’Autorité œuvre pour fournir les matériels requis et renforcer les capacités techniques de ses équipes, en coordination avec des parties locales et internationales, afin d’authentifier ces sites et d’exhumer les dépouilles selon des normes scientifiques et juridiques, contribuant ainsi à dévoiler le sort des disparus et à donner les preuves nécessaires pour instaurer la justice.
Les événements du massacre remontent au mois de juin 2013, lorsque les forces du régime déchu ont pris d’assaut le village de la ferme al-Rahib, dans la zone d’al-Sefeira, au cours d’opérations militaires menées à l’époque. Selon les témoignages des habitants, ces forces avaient d’abord rassuré la population avant de rassembler les civils sans armes en groupes et de les conduire vers des sites proches, où ils furent exécutés sommairement et jetés dans des puits artésiens.
Le correspondant de SANA à Alep avait rapporté jeudi la découverte d’une fosse commune contenant environ 55 dépouilles, dont des femmes et des enfants, dans le village de la ferme al-Rahib.
L’Autorité nationale des personnes disparues avait également indiqué dans un communiqué qu’elle suivait les informations concernant l’existence d’une fosse commune dans la zone d’al-Sefeira et qu’elle avait immédiatement entrepris les démarches nécessaires pour vérifier ces données, en coordination avec les parties locales concernées, afin d’accéder au site, l’évaluer sur le terrain et prendre les mesures requises pour le sécuriser conformément aux procédures en vigueur.
R.S./A.Ch.