Damas, (SANA) Dès les premiers instants du déclenchement de la révolution syrienne, la femme n’a pas été une simple témoin des événements, mais a assumé de multiples rôles entre lutte, action humanitaire, engagement politique et social.
Les Syriennes sont descendues dans les rues, ont dirigé des manifestations, ont contribué à documenter les violations et à porter la voix de la révolution au monde, défiant à la fois la peur et les restrictions sociales et sécuritaires.
L’enseignement se poursuit malgré les bombardements du régime déchu
Et malgré le siège et les bombardements qui ont frappé la Ghouta orientale dans le gouvernorat de la banlieue de Damas durant les années de la révolution, ses femmes ont été un modèle de détermination et de défi. Les enseignantes de Douma n’ont pas cessé d’accomplir leur devoir, contribuant à aménager des salles de classe dans les sous-sols d’écoles endommagées ou partiellement détruites, afin de permettre aux élèves de poursuivre leur scolarité et d’éviter toute interruption, quelles que soient les circonstances et les risques, selon ce qu’a indiqué l’enseignante Manar Fawaz au correspondant de SANA.
Manar déclare : « La journée scolaire commençait à cinq heures du matin, après la prière de l’aube, et nous terminions les cours avant neuf heures, par crainte que les forces du régime déchu ne bombardent durant la journée ». Elle poursuit, en se remémorant les jours difficiles vécus par les habitants de la Ghouta : « Malgré cela, nous n’avons jamais cessé d’accomplir notre devoir envers la génération à venir, afin que l’espoir demeure pour l’avenir ».
Elle a indiqué que leur rôle ne se limitait pas à l’enseignement des matières scolaires, mais incluait aussi l’éducation des enfants aux principes de liberté et de dignité, la tentative d’atténuer les traumatismes psychologiques causés par la guerre, ainsi que l’élaboration de programmes alternatifs adaptés à la réalité de la révolution syrienne et à ses objectifs.
Les femmes secouristes au cœur du siège
Dans un autre contexte, Alaa Hamouriya, originaire de la ville d’Arbin dans le banlieue de Damas, a illustré la participation des femmes au travail de secours. Elle a expliqué que son diplôme d’infirmière l’avait aidée, avec ses collègues, à travailler au sein du Centre Rahma comme infirmière et secouriste, alors que le régime déchu ciblait les centres de santé et les hôpitaux de la Ghouta.

Elle et ses collègues accueillaient les blessés victimes des bombardements de l’aviation du régime d’Assad, leur prodiguaient les premiers soins et parvenaient à combler le manque de personnel médical, l’impossibilité de transférer les blessés vers les hôpitaux publics constituant un danger sécuritaire pour leur vie.
Hamouriya a ajouté que leur rôle ne se limitait pas au travail au sein du centre, mais qu’elles se rendaient également dans les maisons pour changer les pansements de certains blessés grièvement atteints. Elle a précisé que les moyens médicaux étaient alors rudimentaires : elles récupéraient des draps, les lavaient, les stérilisaient, puis les transformaient en bandages et en compresses, et utilisaient même des bocaux en verre comme drains après les opérations chirurgicales.
Résilience face à la perte
Les femmes syriennes engagées dans la révolution ont brisé les stéréotypes et affronté les dangers de la guerre pour sauver des vies, en travaillant directement avec les équipes de la Défense civile syrienne, y compris les équipes de sauvetage, d’évacuation et même d’extraction des personnes coincées sous les décombres.
Widad Wiha déclare qu’après son déplacement forcé de la Ghouta vers le nord de la Syrie, elle a poursuivi son travail avec la Défense civile syrienne depuis 2017.
Elle a affronté des défis multiples, notamment le risque de bombardements directs et la difficulté du travail sur le terrain. Elle a également perdu son père, blessé par des éclats d’une explosion menée par les forces du régime déchu.
Widad a indiqué que les expériences douloureuses, la perte de son mari et de son père, ainsi que les victimes du massacre chimique dont elle avait été témoin, avaient toutes constitué une motivation forte pour poursuivre son travail jusqu’à la victoire de la révolution syrienne et la libération de toutes les zones.
Elle a poursuivi : « Je continue aujourd’hui mon travail au sein des équipes de la Défense civile syrienne, notamment dans les campagnes de sensibilisation aux dangers des restes explosifs de guerre, ainsi que dans les activités humanitaires visant à dessiner un sourire sur le visage des enfants ».
L’action civile
Dans un autre exemple de la participation des femmes à la révolution syrienne, apparaît la militante de la société civile Safaa Kamel, originaire du quartier de Jobar à Damas. Elle a expliqué que tout avait commencé avec la mort de son mari dans l’un des centres de détention du régime déchu, la laissant avec un enfant âgé de quelques mois. C’est alors qu’a débuté un parcours de difficultés et de sacrifices pour obtenir la liberté et se libérer du régime criminel.
Safaa a indiqué que le travail avait commencé par le recensement des familles et des orphelins. Avec l’augmentation du nombre de femmes ayant perdu leur mari, l’activité s’est développée pour inclure leur soutien, ainsi que la prise en charge des enfants des martyrs, qui étaient une source de fierté malgré la douleur. Une réseau féminin regroupant 88 femmes a ensuite été créé, afin qu’elles puissent se soutenir mutuellement et affronter ensemble les défis.

Dans le contexte d’une révolution qui a remodelé les contours de la société syrienne et façonné la liberté et la dignité, les transformations n’ont pas été limitées à la scène politique ou militaire, mais ont également touché les rôles sociaux, au premier rang desquels celui de la femme.
Entre une réalité imposée par la guerre et des défis quotidiens éprouvants, les femmes syriennes se sont illustrées dans de nombreux domaines – de l’éducation et du secours au travail médical et à l’organisation communautaire –, devenant une partie intégrante de l’histoire de la résilience syrienne.
R.S/ M.Ch.