Bucarest, (SANA) Une délégation de l’ambassade de Syrie en Roumanie a rencontré à Constanța plusieurs membres de la communauté syrienne, notamment des marins et des hommes d’affaires, afin d’examiner leur situation ainsi que les moyens de renforcer la coopération avec eux et de dynamiser les échanges commerciaux et les investissements entre la Syrie et la Roumanie.
Le chargé d’affaires de la République arabe syrienne à Bucarest, Anas Badawi, a indiqué que la rencontre avait réuni des hommes d’affaires actifs dans les secteurs du transport et du fret maritime, du commerce du bois et de l’élevage.
Les discussions ont porté sur le passage d’initiatives individuelles à la création d’un réseau socio-économique destiné à soutenir les commerçants, les hommes d’affaires et les marins syriens à Constanța, qui abrite l’un des plus grands ports commerciaux de Roumanie.
Il a expliqué que Constanța compte parmi les principales villes économiques de la région, ce qui offre la possibilité de développer des liaisons maritimes communes et d’examiner des projets de jumelage avec les villes syriennes de Tartous et de Lattaquié.
Lever les obstacles
Badawi a indiqué que la délégation avait pris connaissance des difficultés rencontrées et des propositions formulées par les marins et hommes d’affaires syriens, notamment concernant le pavillon syrien sur les navires appartenant à des Syriens et les obstacles liés aux transferts bancaires.
Il a affirmé que l’ambassade travaille actuellement avec le gouvernement roumain afin de résoudre ces difficultés et d’ouvrir une nouvelle étape dans les investissements conjoints entre les deux pays.
Développer la coopération entre les ports syriens et roumains
L’homme d’affaires Moustafa Ahmad al-Chaar a indiqué résider en Roumanie depuis près de 36 ans et travailler dans le transport maritime et le commerce du bois. Il possède des entrepôts dans le port ainsi que des navires en Syrie.
Al-Chaar a qualifié la réunion de très positive, précisant que le chargé d’affaires avait fait état de travaux visant à jeter les bases d’une chambre de commerce commune entre la Syrie et la Roumanie, au service des intérêts des deux pays, notamment face aux défis qui nécessitent un échange d’expertises et une coordination entre les ports syriens et roumains.
Il a ajouté que d’autres réunions sont prévues afin de poursuivre les travaux en vue de créer une chambre de navigation syro-roumaine, permettant de renforcer la coopération entre les hommes d’affaires et les armateurs des deux pays.
La Syrie, plateforme de transit
Al-Chaar a expliqué que les activités de fret de marchandises et de commerce du bois à destination de la Syrie ont déjà commencé et que des accords ont été conclus avec plusieurs commerçants pour acheminer ces marchandises vers la Syrie, puis en transit vers l’Irak et la Jordanie.
Des navires sont actuellement en cours de chargement, tandis qu’un nombre croissant de commerçants se montre favorable au transit des marchandises par le territoire syrien.
Selon Al-Chaar, cette activité pourrait contribuer à attirer des capitaux en Syrie et à dynamiser les échanges commerciaux. Le volume des expéditions atteignait auparavant entre 20 000 et 30 000 mètres cubes par mois, dont environ 25 % étaient destinés à la Syrie, le reste transitant par son territoire vers l’Irak, la Jordanie et l’Arabie saoudite.
Dynamiser le commerce du bétail et lever les obstacles
De son côté, l’homme d’affaires Mahmoud Karza a expliqué que ses activités portent sur l’élevage, l’exportation et le transport international de bétail vivant, rappelant que sa famille travaille dans l’agriculture, l’élevage et le commerce depuis plus de 70 ans.
La rencontre a notamment permis d’examiner les moyens de lever les obstacles auxquels sont confrontés l’élevage et l’exportation de bétail en Syrie, ainsi que de dynamiser le commerce et le transit via la Syrie et la Jordanie.
Karza possède des exploitations agricoles en Roumanie ainsi qu’un important projet à Djeddah, en Arabie saoudite, et souhaite réaliser un projet similaire en Syrie.
Selon lui, la mise en œuvre de tels projets contribuerait à soutenir l’économie syrienne et à faire de la Syrie un centre de transit international vers les pays du Golfe, l’Irak, la Jordanie et le Liban. Il a appelé, à cet égard, les parties concernées à fournir les facilités nécessaires à leur réalisation.
Karza a enfin fait état d’un intérêt croissant pour ce secteur de la part d’investisseurs et de commerçants de différents pays, et pas uniquement de Syriens, espérant que les facilités accordées permettront d’attirer davantage d’investissements.
Des facilités pour les armateurs et les marins
Pour sa part, l’homme d’affaires syrien Amin Abdelrahman Harichiya, actif dans le transport maritime et propriétaire de plusieurs navires, a présenté lors de la rencontre plusieurs propositions visant à lever les obstacles auxquels sont confrontés le transport maritime et les armateurs syriens et à leur accorder des facilités.
Selon ses estimations, les Syriens possèdent environ 2 500 navires, dont aucun ne navigue actuellement sous pavillon syrien en raison des sanctions. Harichiya a exprimé l’espoir que les facilités nécessaires soient accordées afin de permettre leur immatriculation sous pavillon syrien, estimant qu’une telle mesure apporterait des retombées économiques à l’État, générerait des recettes pour le Trésor et dynamiserait l’activité maritime. Cette flotte représente, selon lui, un potentiel économique important dont la Syrie pourrait bénéficier.
Les hommes d’affaires disposent également de propositions pour résoudre les difficultés existantes et leur permettre d’adhérer à la Chambre de navigation en Syrie. Harichiya a insisté, à cet égard, sur l’importance d’une coopération mutuellement bénéfique entre les chambres de navigation syrienne et roumaine.
Enfin, la connaissance approfondie qu’ont les Syriens résidant en Roumanie des mécanismes de travail et de la réglementation en vigueur pourrait, selon Harichiya, contribuer à établir des passerelles de coopération et à faciliter les échanges entre les chambres de navigation des deux pays.
a.h/mch