Manama, (SANA) La réunion ministérielle conjointe entre le Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCG) et les États-Unis, tenue ce jeudi, a réaffirmé son engagement en faveur de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale de la Syrie, tout en soulignant la poursuite de la coopération avec le gouvernement syrien pour faire face aux principaux défis auxquels le pays est confronté.
Soutien à une Syrie stable, souveraine et intégrée dans son environnement régional
Les ministres, réunis à Manama sous la coprésidence du secrétaire d’État américain Marco Rubio et du ministre bahreïnien des Affaires étrangères Abdullatif bin Rashid Al Zayani, avec la participation des ministres des Affaires étrangères des États membres du CCG et du secrétaire général du Conseil, Jassim Al-Budaiwi, ont exprimé leur soutien au peuple syrien dans ses efforts pour bâtir un État stable, sûr, inclusif et souverain, pleinement intégré à son environnement régional.
Ils ont également réaffirmé leur attachement à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la Syrie.
Poursuivre l’appui au gouvernement syrien
Dans un communiqué conjoint publié par l’Agence de presse bahreïnienne, les ministres ont affirmé leur détermination à poursuivre leur coopération avec le gouvernement syrien et à lui apporter une assistance afin de relever les principaux défis, notamment la lutte contre le terrorisme, le rétablissement des services essentiels, l’amélioration du climat d’investissement et la facilitation du retour volontaire des réfugiés et des personnes déplacées.
Partenariat stratégique entre Washington et les États du Golfe
Le secrétaire d’État américain a réaffirmé l’engagement durable des États-Unis en faveur de la sécurité des pays du Golfe, tandis que les ministres du CCG ont réitéré leur attachement au partenariat stratégique entre le Conseil et Washington.
Les négociations entre les États-Unis et l’Iran
S’agissant des discussions entre Washington et Téhéran, les ministres ont mis en exergue la signature, le 17 juin, du mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran. Ils ont également mis en avant le rôle de médiation joué par le Pakistan et le Qatar, appelant à préserver la dynamique des négociations afin de parvenir à une cessation durable des hostilités et d’empêcher l’Iran de développer ou d’acquérir une arme nucléaire.
Ils ont estimé qu’une paix durable dans la région exigeait également de répondre à l’ensemble des menaces iraniennes, notamment ses missiles balistiques, ses drones et son soutien à des groupes alliés dans la région.
Les ministres ont souligné l’importance de la réouverture du détroit d’Ormuz et du maintien d’une liberté de navigation totale, conformément au droit international. Ils ont rejeté toute tentative d’imposer des taxes ou de prendre le contrôle du détroit et ont salué l’annonce d’Oman et de l’Organisation maritime internationale concernant le lancement d’une opération d’évacuation de plus de 11 000 marins bloqués dans la région.
Ils ont également précisé que toute relation commerciale ou tout investissement avec l’Iran demeurerait conditionné au respect par Téhéran du mémorandum d’entente et de l’accord final, ainsi qu’à la cessation de ses actions déstabilisatrices.
Le Liban : soutien à la souveraineté et à la conservation de la force par l’État
Concernant le Liban, les ministres ont réitéré leur soutien à la souveraineté, à la sécurité, à la stabilité et à l’intégrité territoriale du pays.
Ils ont mis l’accent sur les négociations bilatérales en cours entre Israël et le Liban sous médiation américaine, destinées à créer les conditions d’un accord durable de paix et de sécurité.
Les ministres ont estimé que le rétablissement complet de la souveraineté libanaise passait par le désarmement de tous les groupes armés non étatiques et la conservation de la force par l’État, tout en soulignant l’importance du soutien aux forces armées libanaises.
Gaza : soutien au plan américain et à la reconstruction
Au sujet de la bande de Gaza, les ministres ont exprimé leur soutien au plan global soumis par le président Donald Trump pour mettre fin à la guerre, plan approuvé par la résolution 2803 du Conseil de sécurité.
Le secrétaire d’État américain a favorablement accueilli la participation des pays du Golfe au Conseil de la paix et les engagements pris en faveur de la stabilisation, de la reprise et de la reconstruction de Gaza.
Le communiqué souligné la nécessité de désarmer tous les groupes armés non étatiques afin de permettre la reconstruction du territoire et de transférer les responsabilités à une administration civile palestinienne indépendante composée de technocrates.
Les ministres ont également pris acte de la déclaration du président Trump réaffirmant l’opposition des États-Unis à l’annexion de la Cisjordanie, estimant que les progrès dans la reconstruction de Gaza et la réforme de l’Autorité palestinienne favoriseraient la création des conditions nécessaires à l’exercice du droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à la création d’un État indépendant.
L’Irak et la sécurité régionale
Les ministres ont condamné les attaques menées par des groupes soutenus par l’Iran en Irak contre les pays du Golfe, notamment les attaques aux drones ayant visé des infrastructures civiles et énergétiques.
Ils ont exprimé leur soutien aux efforts du nouveau gouvernement irakien pour placer toutes les armes sous le contrôle exclusif de l’État et empêcher les groupes armés non étatiques d’utiliser le territoire irakien pour menacer les pays voisins.
Ils ont également appelé Bagdad à respecter ses engagements bilatéraux et internationaux et à garantir la protection de toutes les missions diplomatiques présentes sur son territoire.
Réaffirmation du soutien à la souveraineté du Koweït
Enfin, les ministres ont réaffirmé leur respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Koweït, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment la résolution 833, tout en soulignant la souveraineté du Koweït sur ses eaux territoriales.
Plus tôt dans la journée, le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait déclaré que tout accord avec l’Iran tiendrait compte des intérêts des États du Golfe. Cette visite constitue le premier déplacement diplomatique de haut niveau d’un responsable américain au Moyen-Orient depuis la conclusion d’un accord de principe entre Washington et Téhéran.
A.Ch.