Bruxelles, (SANA) L’Union européenne a affirmé que l’usage d’armes chimiques par le régime déchu contre le peuple syrien constitue une violation du droit international et peut être qualifié de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
Dans un communiqué, le porte‑parole de l’UE, Anouar El Anouni, a indiqué que l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) avait publié le 22 janvier 2026 un rapport concluant à la responsabilité de l’ancien régime dans une attaque chimique survenue à Kafr Zeita, dans le gouvernorat de Hama, le 1er octobre 2016.
Le rapport estime qu’il existe des raisons plausibles de considérer qu’un hélicoptère militaire a largué un cylindre contenant du gaz chlore sur la vallée Al‑Anz à Kafr Zeita, provoquant les blessures de 35 personnes identifiées, en plus de dizaines d’autres civils affectés.
Accueil favorable du rôle positif du gouvernement syrien
Le communiqué salue par ailleurs le rôle positif du gouvernement syrien ayant facilité les enquêtes menées par l’OIAC, soulignant que le rapport professionnel de l’équipe d’enquête de l’OIAC contribue aux efforts visant à mettre fin à l’impunité pour l’usage d’armes chimiques.
Le communiqué souligne que l’UE avait imposé des mesures restrictives à l’encontre de responsables et de scientifiques de l’ancien régime impliqués dans le développement et l’usage de ces armes, et se dit prête à envisager des mesures supplémentaires si nécessaire.
Enfin, l’Union européenne réaffirme son engagement à soutenir l’OIAC, politiquement et financièrement, afin de garantir que les auteurs de ces crimes atroces soient pleinement tenus responsables, en Syrie comme ailleurs.
Le régime déchu a poursuivi ses crimes malgré la convention
La Convention sur l’interdiction des armes chimiques est entrée en vigueur en Syrie le 14 octobre 2013, environ un mois après l’annonce de son accord pour détruire son arsenal chimique. Cela faisait suite à la condamnation internationale de l’attaque chimique menée par le régime déchu contre la Ghouta orientale en août de la même année, au moyen de gaz sarin, causant la mort de plus de 1 500 personnes, principalement des femmes et des enfants.
Bien que l’Organisation ait annoncé en janvier 2016 la destruction de la majorité des armes chimiques déclarées par le régime criminel, ses doutes n’ont jamais cessé concernant la poursuite de leur production. Le régime les a utilisées à plusieurs reprises, notamment lors de l’attaque de Douma en avril 2018 qui a causé la mort de dizaines de personnes. L’organisation affirmait également dans ses rapports qu’il importait les matériaux nécessaires à leur fabrication et entravait les visites de ses missions sur de nombreux sites.
Le 21 avril 2021, les États parties à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques ont décidé de suspendre les droits de la Syrie au sein de l’Organisation, y compris son droit de vote, après que l’Organisation a confirmé l’usage d’armes chimiques par le régime déchu lors d’attaques à Latamné (Hama) en 2017 et à Saraqeb (Idleb) en février 2018.
Le 20 novembre 2025, le ministère des Affaires étrangères a réactivé la mission permanente auprès de l’Organisation. Le 8 février dernier, le président Ahmad Al‑Charaa et le ministre des Affaires étrangères Assaad Hassan Al‑Chaibani ont accueilli à Damas une délégation de l’organisation dirigée par son directeur général, Fernando González, qui a affirmé que sa visite marquait un nouveau départ après onze années d’obstacles imposés par le régime déchu.
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